Winnaretta et la peinture

Son amour pour l’impressionnisme

La peinture a toujours attiré la jeune Winnaretta Singer, presque autant que la musique. Adolescente, elle suit les cours du peintre Félix Barrias (1822-1907) dans son atelier parisien, rue de Bruxelles. Elle se rend très régulièrement au Musée du Louvre et visite les salons du Palais de l’Industrie lors desquels sont exposées des peintures un peu trop conventionnelles à son goût. C’est en se rendant dans les expositions adjacentes au palais qu’elle découvre une nouvelle école, décriée et moquée : l’impressionnisme.

“Je m’exaltais devant la beauté de cet art, qui semblait m’apporter une nouvelle vision des choses et jeter une lumière et une signification nouvelles sur tout ce qui m’entourait dans le monde visuel. Ma famille n’approuvait pas cette nouvelle école, et mon enthousiasme fut immédiatement réprimé car taxé d’excentrique, de désir d’attirer l’attention et ne méritant aucun encouragement. Mais rien n’aurait pu être plus spontané ni sincère, et j’étais toujours curieuse d’apprendre tout ce que je pouvais à propos d’Edouard Manet et de ses premiers pas en peinture.”

Winnaretta Singer, Souvenirs

Aucun des peintres de son entourage ne comprend son attirance pour un tel mouvement. Son parrain, le peintre Edward May (1807-1881) parle de Manet comme d’un “original”. Ses camarades de classe de peinture le baptisent le “Michel-Ange du mauvais”. Lorsque son idole meurt en 1883, Winnaretta qui n’a pas encore 18 ans, est profondément peinée. Elle décide de se rendre au 77 rue d’Amsterdam où se trouve l’atelier de Manet et demande au concierge si elle peut récupérer la carte de visite du peintre qui était clouée à la porte.

A son grand bonheur, son maître Félix Barrias déménage son atelier rue de Bruxelles dans l’ancien atelier de Manet quelques mois plus tard. La jeune fille est donc amenée à s’y rendre pendant plusieurs années et finit par nouer une amitié avec le concierge, Aristide, qui accepte de partager des anecdotes au sujet du peintre disparu. Il lui présente un dessin au crayon de Fantin-Latour représentant Manet, première esquisse de son célèbre portrait, et accepte de le vendre à la jeune Winnaretta, déterminée à acquérir dès que possible une œuvre de l’impressionniste. 

Quelques années plus tard, elle achète La Lecture de Manet, qu’elle dénomme La Femme en blanc dans ses mémoires, sur les conseils de son ami le peintre Ernest Duez. Winnaretta Singer acquiert également en 1886, alors qu’elle n’a que 21 ans, Champs de tulipes en Hollande, Les Dindons et La Barque à Giverny de Claude Monet. 

Dans son testament, la princesse lègue ces oeuvres au Musée du Louvre.

La princesse Edmond de Polignac contemplant La Lecture de Manet © Ministère de la Culture – Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Dist. GrandPalaisRmn / François Kollar

Ses propres oeuvres

Plus de 80 toiles que la princesse a peintes entre 1880 et son décès ont été recensées. Il est très probable qu’il en existe davantage éparpillés dans des collections particulières. Tous ses tableaux sont signés de son nom de jeune fille : Winnaretta Singer.

Dès 1882, alors âgée de 17 ans, elle expose sa première œuvre au Salon des artistes français. Elle participe ensuite à divers événements artistiques comme l’Exposition des Femmes peintres et sculpteurs (en 1886, 1887, 1889, 1890, 1893, 1895), le Salon de la Société nationale des Beaux-Arts en 1893,  l’exposition de la Société artistique des amateurs en 1897, l’exposition des Femmes artistes en 1894 et 1895, ainsi qu’à la 6th Exhibition of the International Society of Sculptors, Painters and Gravers de 1906 à Londres et l’Exposition universelle de Chicago en 1893.

Une exposition rétrospective de son œuvre est organisée dans la galerie Charpentier, à Paris, en 1935.

Exposition de Winnaretta Singer, princesse Edmond de Polignac à la Galerie Charpentier, article paru dans Vogue, juillet 1935, p45

Ses amis peintres et ses portraits

On retrouve dans son cercle d’amis les peintres John Singer Sargent, Jean-Louis Forain, Paul Helleu, Paul Mathey, Ernest Duez et Jacques-Emile Blanche.

Winnaretta a commandé son portrait à John Singer Sargent en 1889 alors qu’elle était Princesse de Scey Montbéliard, à Antonio de la Gandara en 1894 et à Jacques-Emile Blanche en 1914.

Elle demande à Paul Helleu de réaliser le portrait de chacune de ses amies mais ce projet n’aboutit pas. L’artiste a cependant réalisé au moins deux dessins représentant la princesse de Polignac. Elle lui achète également une toile issue de sa série consacrée aux régates et voiliers à Cowes.
En 1926, elle fait partie des mécènes qui organisent l’exposition rétrospective de l’œuvre de la Gandara à Paris. 

Sa collection et ses dons au Louvre

Au fil des années, la princesse Edmond de Polignac s’est constituée une collection d’œuvres d’art rassemblant ses Monet, mais aussi des œuvres de Panini, Tiepolo, Ingres, Maurice-Quentin de La Tour, Whistler et d’autres objets d’art qu’elle a revendus, ou légués soit au Musée du Louvre, soit à ses proches.

Winnaretta Singer s’arrange également pour qu’une donation anonyme soit versée au Musée du Louvre après sa mort afin de permettre l’achat de tableaux et de sculptures. Dans le milieu, on y fait référence comme la “Donation Anonyme Canadienne” en raison de la localisation du trustee de la princesse au Canada. Le Conseil d’administration de la réunion des musées nationaux prend connaissance de ce don lors de la séance du 8 mars 1949. Cette donation a permis au Musée du Louvre, et au Musée d’Orsay depuis 1986, d’acquérir plus d’une centaine d’œuvres.


Sources

  • Kahan Sylvia, Winnaretta Singer-Polignac, princesse, mécène et musicienne, Les Presses du Réel, 2018
  • Kaufman Fanny, Mécène renommée, peintre oubliée : à la découverte de l’œuvre de Winnaretta Singer, princesse Edmond de Polignac (1865-1943), thèse de master Histoire du Louvre de l’École du Louvre, sous la direction de Françoise Mardrus, 2024
  • Singer Winnaretta, Souvenirs, Fondation Singer-Polignac, 2000 (traduction de l’article « Memoirs of the late Princesse Edmond de Polignac » paru dans Horizon, vol.XII n°68, 1945, p.110-141)
  • « Une exposition de La Gandara », Comoedia, 14 juin 1926, p2 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76540259/f2.item

Atelier de quatuor – Hermès et Zahir

Mercredi 8 et jeudi 9 octobre 2025

 Les quatuors Hermès et Zahir vous convient à deux journées de masterclasses inédites à la Fondation Singer-Polignac. Quatuors à cordes et quatuors de saxophones y exploreront ensemble les enjeux du jeu à quatre voix, les spécificités instrumentales et esthétiques propres à chaque famille, ainsi que les perspectives professionnelles liées à la carrière d’ensemble. Alternant cours spécialisés, séances croisées, réflexions partagées et travail collectif, cet atelier favorisera la rencontre de deux univers musicaux animés par une même exigence d’écoute et de recherche artistique. Un concert de clôture viendra témoigner de cette fusion vivante entre cordes et souffles, au service d’un art du quatuor constamment renouvelé.

👥 Effectifs 

🎯 Objectifs pédagogiques 

● Approfondissement du répertoire de quatuor 

Croisement des savoirs et pratiques instrumentales propres aux cordes et aux vents 

● Réflexion partagée sur les enjeux musicaux du jeu en quatuor 

● Échange d’expériences autour de la gestion de carrière musicale 

● Préparation aux concours internationaux 

 🛠️Moyens pédagogiques 

● 4 salles de cours/répétition 

Cours spécialisés → Séances de travail avec le quatuor tuteur de même famille instrumentale 

Cours croisés → Sessions d’échange et de travail avec un quatuor de l’autre famille instrumentale 

Ateliers communs (en partiels) → Exploration des fonctions spécifiques des instruments dans un quatuor : ○ Violoncelle / Saxophone baryton : Le rôle de basse chantante 

○ Alto / Saxophone ténor : La cheville-ouvrière du quatuor 

○ Violons / Saxophones alto & soprano : La relation entre les deux dessus 

Tutti → Travail collectif autour d’une oeuvre commune, présentée lors du concert de clôture 


Quatuor Hermès

Le quatuor Hermès, en référence au fameux messager de la mythologie grecque, puise sa force musicale par son rôle de passeur entre le texte du compositeur et la sensibilité du public. Les musiciens établissent également cette identité par leurs voyages aux quatre coins du monde. Le Carnegie Hall à New York, la Cité Interdite à Pékin ou encore le Wigmore Hall à Londres font ainsi partie des salles qui les ont le plus marqués. Le quatuor est également présent dans les grands festivals tels que les Folles Journées de Nantes et Tokyo, le festival Radio-France de Montpellier, les festivals de Pâques et de l’Août Musical de Deauville, la Roque d’Anthéron, Mecklenburg-Vorpommern, Mantova Chamber Music festival, le printemps des Alizés au Maroc, Wonderfeel festival…

La formation originale du groupe voit le jour en 2008 entre les murs du CNSMD de Lyon où ils étudient avec les membres du quatuor Ravel. Ils s’enrichissent ensuite auprès de personnalités marquantes comme le quatuor Ysaÿe, le quatuor Artemis, Eberhard Feltz, et plus tard Alfred Brendel, immense inspiration avec lequel ses membres travaillent encore régulièrement aujourd’hui. Ouverts à tous les répertoires, ils sont amenés régulièrement à partager la scène avec des musiciens émérites comme Yo-Yo Ma, Nicholas Angelich, Gregor Sigl, Pavel Kolesnikov, Kim Kashkashian, Anne Gastinel ou encore les quatuors Ébène et Auryn.

Lauréat de nombreux premiers prix, notamment au concours de Genève ainsi qu’aux Young Concert Artists Auditions de New York, il est également soutenu par la fondation Banque Populaire. Il a été quatuor en résidence à la Chapelle Reine Elisabeth à Bruxelles de 2012 à 2016 et est depuis 2019 quatuor associé à la Fondation Singer-Polignac à Paris.

Leur collaboration proche et privilégiée avec le label La Dolce Volta a donné naissance à leur intégrale des quatuors de Schumann ainsi qu’à un album consacré à Ravel, Debussy et Dutilleux, qui leur ont tous deux valu de multiples récompenses dans la presse. Leur dernier enregistrement du quintette de Brahms avec le pianiste Geoffroy Couteau a par ailleurs remporté le Choc de l’année 2019 du magazine Classica.

Depuis 2018, le quatuor élargit son horizon musical par sa rencontre avec l’accordéoniste Félicien Brut et le contrebassiste Édouard Macarez, avec qui ils décident de créer le Pari des Bretelles, un projet enregistré pour Mirare en 2019, avant une deuxième collaboration en 2020, rendant hommage à Beethoven au travers de neuf créations.

Elise Liu joue un violon de Carlo Tononi de 1730 prêté par M. Piganiol, à l’initiative de l’association Talents & Violon’celles.

Le Quatuor Hermès est artiste associé de la Fondation Singer-Polignac.


Quatuor Zahir

Une idée qui surgit, une personne que l’on rencontre, et subitement cela nous apparaît comme évident. C’est l’essence même du Zahir, ce mot arabe qui désigne « ce qui est apparent, explicite », ou encore une chose qui, une fois connue, occupe toutes nos pensées.
Née en 2015, cette jeune formation se produit déjà dans de nombreux festivals, en France et dans le monde mais c’est en 2017 que le Quatuor Zahir se distingue en remportant le 9ème Concours International de Musique de chambre d’Osaka (Japon), acquérant ainsi une reconnaissance sur la scène internationale. Les musiciens ont depuis été invités au Wigmore Hall de Londres, à la Philharmonie de Paris et au Konzerthaus de Vienne, ainsi qu’aux Folles Journées de Nantes, au Festival de Radio France à Montpellier, aux festivals des forêts et de Sully, à l’Acropolis de Nice ou encore au Toppan Hall à Tokyo.
Issu du Conservatoire de Paris où il a suivi les conseils du Quatuor Ébène et du Quintette Moraguès, le Quatuor Zahir est actuellement en résidence à la Fondation Singer-Polignac. Parrainé par le pianiste Jean-François Zygel depuis son passage sur France 2 dans l’émission « La Boîte à Musique », il est également lauréat du concours international de musique de chambre de la FNAPEC 2016 et a remporté les médailles d’or aux Manhattan, Vienna et Berliner International Music Competitions de 2019. En 2018, le Quatuor produit son premier disque « Zahir » sous le label Klarthe. On retrouve dans cet enregistrement les valeurs qui unissent cet ensemble : le partage d’une même sensibilité, d’une exigence aiguë et le désir de renouveler le paysage musical.
À l’image du héros romanesque du Zahir de P. Coelho qui part en quête d’un idéal romantique, ces quatre saxophonistes ont à cœur de faire évoluer le genre du quatuor. Que ce soit en interprétant le répertoire original, grâce à leurs rencontres avec de nombreux compositeurs comme Bruno Mantovani, Fabien Waksman, Ichiro Nodaïra et Graciane Finzi ou en collaborant avec de nombreux artistes : Félicien Brut, Jean-Charles Richard, Adèle Charvet, Les Chanteurs d’Oiseaux, ces musiciens montrent là leur curiosité et leur créativité.

Le Quatuor Zahir est artiste résident de la Fondation Singer-Polignac depuis 2019.

Montag aus Licht (extraits) – Le Balcon

Répétition publique (sur invitation)

Note d’intention

Journée de l’envoûtement par la magie, fête de l’enfantement, ode à l’initiation se déroulant entièrement sur une plage, le synopsis de Lundi laisse entrevoir des rêves enchanteurs.

Sa musique, curieuse et fascinante, est produite non par un orchestre mais par le chant de chœurs d’enfants et d’adultes, de scènes sonores diffusées par les haut-parleurs, par le jeu des solistes et d’un « orchestre moderne » formé de trois claviers électroniques, quatre réalisateurs en informatique musicale et une percussionniste.

Parmi les solistes, mentionnons en priorité Cœur de basset, la joueuse de cor de basset, et le Ravisseur d’enfants, la joueuse de flûte. Leurs rôles, interprétés à l’époque de la création par Suzanne Stephens et Kathinka Pasveer, deux musiciennes qui ont partagé la vie du compositeur, sont le sommet de la virtuosité instrumentale de Licht. Rien de ce que Stockhausen a écrit avant Lundi, et de ce qu’il écrira par la suite, n’approche de la finesse des détails et de la complexité de ces deux partitions instrumentales, à la fois sensuelles, joueuses, plaintives, énigmatiques, cruelles. Iris Zerdoud (cor de basset) et Claire Luquiens (flûte) ont depuis 2019 appris ces parties en transmission directe de la part des interprètes historiques. L’étude de Licht est une école du quotidien, un apprentissage nécessairement au long cours, qui entre dans la vie de ses interprètes.

La place des trois claviers est centrale. Certes, les instruments électroniques existaient avant l’écriture de Lundi, mais Stockhausen a inventé un langage pour eux. La fabrique de cet orchestre moderne, cousu de mille et un fils sonores, est l’un des défis immenses de cet opéra.

Lundi est un sommet polyphonique de Licht. À l’instar d’« Enfance », la première scène de Jeudi, mais cette fois-ci à l’échelle de plusieurs heures, Lundi nous fait entendre une polyphonie compacte, d’une abstraction magnifique. Il faut des heures de travail sur chaque mesure pour en révéler la matière organique, comme le dévoilement d’un cosmos grâce à la transparence du son.

Hymne à la femme, à la déesse aux mille noms comme à l’universalité féminine, Lundi n’en est pas moins une cérémonie pour le temps présent.

Maxime Pascal

Programme

Karlheinz Stockhausen (1928-2007)

Montag aus Licht

  • Acte 1 : Evas Erstgeburt (le premier enfantement d’Ève)  pour trois sopranos, trois ténors, basse, comédien, orchestre moderne et chœur d’enfants

Ève en trois femmes : Michiko Takahashi, Marie Picaut, Clara Barbier Serrano soprano

Trois marins : Josué Miranda, Safir Behloul, Ryan Veillet ténor

Lucipolype : Florent Baffi basse, Elio Massignat comédien

Lucifer : Florent Baffi basse

Maîtrise de Radio France

  • Acte 2 : Evas Zweitgeburt (Le deuxième enfantement d’Ève) 
    • Klavierstück XIV (extrait de la scène 2 Befruchtung mit Klavierstück

Alphonse Cemin piano

  • Acte 3 : Evas Zauber (Magie d’Ève)
    • Scène 1 : Botschaft (Message) pour flûte, cor de basset et orchestre moderne 

Ave : Claire Luquiens flûte

Cœur de basset : Iris Zerdoud cor de basset

Chœur : Laurence Pouderoux, Zoé Fouray, Ryan Veillet, Alan Picol

Le Balcon

Maxime Pascal direction musicale

Orchestre moderne : 

Sarah Kim, Alain Muller, Haga Ratovo claviers

Augustin Muller électronique musicale

Biographies

Maxime Pascal direction

Maxime Pascal s’est imposé comme l’un des interprètes les plus brillants de la musique du XXᵉ siècle et de la création contemporaine de sa génération. Son parcours musical est animé par une exploration passionnée du phénomène sonore, développant une approche où le son lui-même devient le centre de l’expérience musicale.

En 2008, il co-fonde Le Balcon, collectif novateur dont les concerts amplifiés permettent au public de plonger « à l’intérieur du son ». Le nom de l’ensemble est emprunté à la pièce de Jean Genet, en résonance avec les thèmes de la représentation et de l’incarnation. Devenu un acteur majeur de la scène contemporaine, Le Balcon s’est engagé dans des projets d’envergure tels que l’opéra monumental Licht de Karlheinz Stockhausen. Maxime Pascal considère Licht comme l’œuvre de sa vie, qu’il prévoit de présenter dans son intégralité pour le centenaire de Stockhausen en 2028. Avec Le Balcon, il a également dirigé Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen et un grand nombre d’œuvres de Gérard Grisey, Pierre Boulez, Michaël Levinas, Morton Feldman et Fausto Romitelli, ainsi que de nombreuses créations.

Présence marquante sur la scène lyrique, il a dirigé Gianni Schicchi et L’Heure espagnole de Maurice Ravel à l’Opéra national de Paris, Ti vedo, ti sento, mi perdo de Salvatore Sciarrino et Quartett de Luca Francesconi au Teatro alla Scala de Milan, Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, Turandot de Giacomo Puccini et Sleepless de Péter Eötvös à la Staatsoper de Berlin et au Grand Théâtre de Genève, Lulu d’Alban Berg et Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns au Tokyo Nikikai Opera. En 2024, il a dirigé une nouvelle production d’Innocence de Kaija Saariaho à l’Opéra de Dresde. En 2025/26, il dirigera à la Scala une nouvelle production de Pelléas et MélisandeAriadne auf Naxos de Richard Strauss à l’Opéra de Rome et La Damnation de Faust d’Hector Berlioz au Tokyo Nikikai Opera.

Il est régulièrement invité dans de grands festivals internationaux : au Festival de Salzbourg, avec La Passion grecque de Bohuslav Martinů, élu « Meilleur spectacle de l’année 2023 » par les Oper! Awards, et Les Trois sœurs de Péter Eötvös en 2025 ; au Festival d’Aix-en-Provence, où il a fait ses débuts à l’été 2023 avec L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill avec Le Balcon et la Comédie-Française, production reprise ensuite à la Salle Richelieu ; aux Wiener Festwochen, avec Lulu d’Alban Berg ; et aux BBC Proms, avec le Hallé Orchestra dans L’Enfance du Christ d’Hector Berlioz.

Maxime Pascal a dirigé des formations prestigieuses telles que le London Symphony Orchestra, le Hallé Orchestra, le SWR Symphonieorchester, l’ORF Radio-Symphonieorchester Wien, le Wiener Philharmoniker, l’Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI et le Yomiuri Nippon Symphony Orchestra. Directeur musical de l’Orchestre symphonique de Helsingborg, il a entrepris avec cette formation une intégrale des symphonies de Ludwig van Beethoven, programmée sur plusieurs saisons. En 2025/26, il y dirigera également deux programmes consacrés à Hector Berlioz, ainsi que la Missa solemnis de Beethoven et des œuvres de Felix Mendelssohn et Richard Strauss.


Le Balcon

Nommé d’après une pièce de Jean Genet, Le Balcon est fondé en 2008 par un chef d’orchestre (Maxime Pascal), un ingénieur du son (Florent Derex), un pianiste et chef de chant (Alphonse Cemin) et trois compositeurs (Juan Pablo Carreño, Mathieu Costecalde, Pedro García Velásquez). Le Balcon se métamorphose au gré des projets, des concerts, aussi bien dans l’effectif et dans l’identité visuelle ou scénographique, que dans le rapport à la sonorisation ou à la musique électronique.

Le Balcon présente depuis sa création des œuvres issues d’un répertoire balayant toutes les périodes de l’histoire de la musique, avec une prédilection pour les œuvres des XXe et XXIe siècles. Ariane à Naxos de Strauss, L’Opéra de quat’sous de Weill et Brecht, Le Balcon d’Eötvös, Saint François d’Assise de Messiaen et La Métamorphose de Levinas sont des œuvres emblématiques de son parcours.

En 2018, Le Balcon démarre la production de Licht, les Sept jours de la semaine de Stockhausen. Chaque automne, l’un des sept opéras de ce grand cycle est révélé au public. En novembre prochain, Le Balcon présentera Montag aus Licht à la Philharmonie de Paris, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

Cette saison, Le Balcon interprétera également le ciné-concert de la Planète sauvage, tiré de l’œuvre de René Laloux, sur la musique d’Alain Goraguer.

Le Balcon est en résidence à l’Opéra de Lille ainsi qu’à Points communs, Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise. Le Balcon est soutenu par le ministère de la Culture, la Fondation d’entreprise Société Générale, la Ville de Paris et la Fondation Singer-Polignac.

Duo Ermitage

  • Ionah Maiatsky piano
  • Paul-Marie Kuzma violoncelle

en résidence depuis 2025

Formé en 2018 par le violoncelliste Paul-Marie Kuzma et le pianiste Ionah Maiatsky, le duo Ermitage est né du goût partagé des deux musiciens pour le travail de recherche, d’innovation et d’exploration du répertoire de musique de chambre, en particulier celui de la sonate piano – violoncelle. Cet amour commun les a mené à produire une réflexion et un travail musical approfondi sur leur répertoire, l’abordant sur un pied d’égalité, à l’instar d’un ensemble de musique de chambre.

‍Ils remportent en 2022 le deuxième prix du Concours international de musique de chambre de Lyon ainsi que le prix de La Belle Saison qui leur vaut d’être soutenus et programmés dans de nombreux lieux comme Les Bouffes du Nord à Paris. En septembre 2024, ils sont sélectionnés par l’École normale supérieure de musique pour rejoindre son programme Elite et sont dans ce cadre suivis par le violoncelliste Victor Julien Laferrière et le pianiste Jonas Vitaud.

‍Tous deux diplômés du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (CNSMDP), Paul-Marie Kuzma et Ionah Maiatsky ont étudié la musique de chambre sous la direction de Claire Désert, François Salque, Itamar Golan, et Jonas Vitaud. Leur parcours les a également menés à participer à des masterclasses avec des artistes de renom tels que Gary Hoffman et le Quatuor Ébène.

‍Le duo s’est produit dans des festivals de musique prestigieux comme Les Chaises Musicales, Les Pianissimes, et Les Concerts de Poche. En 2024, ils enregistrent leur premier album « Ermitage » avec des œuvres de Poulenc, Roslavets et Rachmaninov, chez Scala Music.

‍Paul-Marie et Ionah continuent d’explorer de nouveaux répertoires, notamment des créations contemporaines, et se produisent régulièrement dans divers festivals et concerts en France et à l’international.

photo : Julien Hanck

Discographie


Journées européennes du patrimoine 2025

La Fondation Singer-Polignac ouvre exceptionnellement les portes de son hôtel particulier au public le samedi 20 septembre 2025 dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Cet hôtel était l’ancienne demeure de Winnaretta Singer, princesse de Polignac (1865-1943), grande mécène des arts et des sciences. La fondation qu’elle a elle-même créée y siège depuis sa mort.

Vous pourrez y découvrir son salon de musique et ses salons d’apparat au 1er étage ainsi que l’ancien atelier de la princesse où elle peignait et jouait de l’orgue le jour et y organisait ses salons musicaux le soir. Gabriel Fauré, Vincent d’Indy, Nadia Boulanger, Igor Stravinsky, mais aussi Marcel Proust, Jean Cocteau et Colette ont régulièrement arpenté les couloirs de cet hôtel. Le circuit de la visite commentée vous permettra également de découvrir quelques rares archives de la princesse encore conservées.

Aujourd’hui, l’hôtel de la fondation accueille quotidiennement des artistes issus des plus grands conservatoires et leur permet de répéter dans différentes salles aménagées en conséquence depuis la création d’une résidence musicale en 2006. Vous croiserez peut-être au détour d’un couloir certains de ces musiciens.
Une fois par mois, la fondation produit des concerts réservés aux professionnels et mécènes du monde musical et culturel afin de permettre aux artistes de sa résidence de se faire connaître. Tout au long de l’année, des journées culturelles et scientifiques y sont également organisées en collaboration avec de grandes universités ou centres de recherche. Elles sont toutes retransmises en ligne et accessibles sur invitation.

Conditions d’accueil

  • Entrée libre sur inscription (à partir du 01/09)
  • La visite sera commentée et durera environ 45min
  • 10 créneaux seront ouverts. 25 personnes maximum par créneau. Une liste d’attente sera créée lorsqu’un créneau sera rempli.
  • Nous n’autorisons pas la diffusion sur les réseaux sociaux de photos ni de vidéos prises lors de la visite.
  • Attention, certaines salles ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite

Informations pratiques

  • 43 avenue Georges Mandel 75116 Paris
  • Métro 6 Trocadéro, Métro 9 Trocadéro ou Rue de la Pompe
  • Bus 63 Sablons – Cortambert

Quatuor Lakmé

en résidence depuis 2025

  • Elina Buksha, Charlotte Chahuneau violon
  • Grégoire Vecchioni alto
  • Caroline Sypniewski violoncelle

Le Quatuor Lakmé est né en 2025 du désir de musiciens déjà reconnus dans leurs
carrières de solistes et chambristes respectives de se retrouver dans le répertoire du
quatuor à cordes. Riches d’expériences diverses au sein de nombreux ensembles
primés (Quatuor Mona, Quatuor Van Kuijk, Trio Sypniewski, Capucelli), Elina,
Charlotte, Grégoire et Caroline se sont tous formés en quatuor auprès de Günter
Pichler à la Escuela Reina Sofia Madrid et nourrissent des liens musicaux importants
entre eux qui infusent leur recherche commune.

Le quatuor se produit dès cette saison au Parlement Européen, au Festival Vibre Bordeaux, et au Festival Hier et Aujourd’hui.

Photo : Thomas Baltes

Quintette Éko

en résidence depuis 2025

  • Audrey Crouzet hautbois
  • Alberto Chaves saxophone
  • Matthieu Gaillard clarinette
  • Clara Lighezzolo clarinette basse
  • Thomas Quinquenel basson


Avec son enthousiasme communicatif et son énergie débordante, Eko se donne pour mission de faire découvrir au plus grand nombre son vaste répertoire. Celui-ci est en constante évolution car de nombreux compositeurs, prenant conscience du potentiel de cette formation, imaginent de nouvelles oeuvres. De plus, un nombre considérable d’arrangements de pièces d’époques et d’esthétiques variées sont écrits. Eko s’inscrit dans cette dynamique en s’attelant également à ses propres arrangements et en passant commande à de jeunes compositeurs.

C’est en 2020, année pleine de surprises, que prend naissance le projet d’un nouveau quintette à vent sur le territoire bordelais. Cette période inédite laisse tout le temps à nos musiciens de redécouvrir ce que propose le monde musical et de bénéficier de l’incroyable émulation créative qu’elle a pu offrir. Lors de cette exploration artistique, ils se voient attirer par la richesse du quintette à anches, formation méconnue du public français, et créent le Quintette Eko.

Pour les cinq musiciens qui le composent, cette rencontre musicale est avant tout une aventure collective, dont le public est partie intégrante. Avec son mariage de timbres inédit, Eko propose et révèle un son nouveau, qui lui confère une identité unique et affirmée. 

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