Lettre de Gabriel Fauré à la Princesse de Polignac n°25

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Conservatoire national de musique et de déclamation

Cabinet du directeur                                                                             Paris (9è) le 4 mars 1911

 

Chère Princesse...lointaine !

Je me réjouis profondément de vous voir mercredi. C’est un bonheur que j’ai trop rarement ; parfois je me figure que vous m’avez totalement oublié ! J’ai peur de ne pouvoir aller causer avec vous lundi soir. Casella s’étant proposé de se payer ma tête dans ses pièces « A la manière de.. », j’aime mieux rester caché dans un coin ! Mais j’entendrai certainement la Sonate de votre nièce.

Cependant, avant de vous voir mercredi, je voudrais vous dire tout de suite que le projet dont m’a parlé la gentille et très intéressante Melle Sanderson me sourirait énormément. La difficulté sera de trouver quelques jours, cinq ou six, au milieu des Examens qui vont m’occuper dès le 5 mai. Peut-être cela serait-il possible du 1er au 6 ou 7 juin.

D’autre part, vous savez les sentiments qu’inspire Londres chez moi ! Le seul moyen de pallier le mal serait que l’aie, pour excuse, quelques affaires. Pensez-vous que votre influence pourrait s’exercer en ma faveur, et en faveur de Melle Sanderson, dans deux ou trois maisons où nous pourrions nous faire entendre, après avoir été entendus chez vous ? Je confie ce voeu à votre sollicitude comme un moyen de tout me faciliter.

A mercredi, chère Princesse, et mille bien affectueux et dévoués sentiments

Gabriel Fauré

Je vais devenir un peu votre voisin bientôt; j’habiterai rue des Vignes, à Passy, au mois d’avril.

Les Fêtes du Couronnement ne seront-elles pas un obstacle à des soirées musicales chez vos amis ?

Je viens d’examiner le tableau de mes Examens. Si les dates du 1er au 7 ne convenaient pas, je pourrais, je crois, prendre quelques jours du 5 au 11. Seulement il faudrait que je puisse fixer ce changement le plus tôt possible.

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