Concert de partenariat, sur invitation, organisé au Collège de France
Avant-propos
Depuis sa création en 1928, la Fondation Singer-Polignac a pour mission de soutenir les arts, les lettres et les sciences, notamment à travers l’organisation d’événements culturels. Depuis le début du XXIe siècle, son mécénat s’adresse plus particulièrement à la musique de chambre et aux jeunes artistes émergents par l’animation d’une résidence artistique qui leur permet de répéter, d’enregistrer et de se produire dans le salon de musique de l’hôtel de la fondation, mais aussi lors de manifestations hors les murs. C’est dans ce cadre que la fondation s’associe au Collège de France pour la quatrième année consécutive afin de proposer son traditionnel concert de fin d’année.
Le Collège de France, établi à Paris depuis 1530, répond à une double vocation : être à la fois le lieu de la recherche la plus audacieuse et celui de son enseignement. On y enseigne ainsi à tous les publics intéressés, sans aucune condition d’inscription ni de diplôme, « le savoir en train de se constituer dans tous les domaines des lettres, des sciences ou des arts ».
Les deux institutions ont toujours partagé des liens proches que ce soit par leurs membres ou leur volonté commune de soutenir le savoir et la recherche, comme en témoigne la toute première conférence organisée par la fondation qui s’est tenue au sein du Collège de France en 1934.
Cette soirée clôture la série de concerts 2026, en accueillant sur la scène de l’amphithéâtre Marguerite de Navarre du Collège de France, Les Apaches ! dirigés par Julien Masmondet, qui ont achevé leur résidence au sein de la Fondation Singer-Polignac.
Programme
1ère partie – Dystonia
Piano et ensemble (extraits d’oeuvres pour piano citées dans Dystonia )
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Sonate pour piano n°29, op 106 « Hammerklavier »
Franz Schubert (1797-1828)
Impromptu n°1 op. 90 D.899
Fabien Touchard (né en 1985)
Dystonia, concertino pour piano et ensemble
2ème partie – Plus fort
Quatuor à cordes et bande electro-acoustique
Ludwig van Beethoven
Quatuor à cordes n°14 & 15 op. 131 & 132 (extraits)
Fabien Touchard
Quatuor à cordes et electronique “Ce que nul n’entend” (extrait)
Textes extraits du Testament d’Heiligenstadt et des Carnets de conversations de Ludwig Beethoven ainsi que des esquisses poétiques du livret Le Joueur de flute sur la rive de Jean-Pierre Siméon.
3ème partie – Le joueur de flûte sur la rive
Baryton, récitant, ensemble et bande electro-acoustique
Ludwig van Beethoven
In questa tomba oscura
Lied pour baryton et piano, WoO 133
Fabien Touchard
Le joueur de flûte sur la rive, opéra de chambre
Deux scènes extraites de l’opéra pour baryton, récitant, ensemble et bande-électronique
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Les Apaches !
Julien Masmondet direction et présentation
Sélim Mazari piano
Thomas Dolié baryton
Récitant – confirmation à venir
Julien Masmondet direction

“Julien Masmondet is a diligent artist with solid musicianship and a keen intellect.”
Paavo Järvi
“Julien Masmondet demonstrates his ability to inspire the musicians in a wide repertoire, from classical style to contemporary music, from chamber ensemble to large symphonic repertoire.”
Louis Langrée
Artiste singulier et explorateur musical, Julien Masmondet se distingue par son approche novatrice de la direction d’orchestre. Invité régulier de prestigieux orchestres en France et à l’international, il a dirigé dans des lieux emblématiques tels que Paris, Québec, Varsovie, Vienne, Moscou, Prague, Naples ou encore Riga. Son parcours s’est enrichi par une collaboration marquante avec Paavo Järvi en tant que chef assistant de l’Orchestre de Paris, lui permettant d’élargir son répertoire et de travailler avec des maîtres tels que Herbert Blomstedt, Louis Langrée, David Zinman ou Christoph von Dohnanyi.
Reconnu pour son instinct musical, son énergie contagieuse et sa capacité à fédérer les musiciens, Julien Masmondet excelle aussi bien dans le répertoire symphonique que lyrique. Passionné par la musique contemporaine, il commande et crée régulièrement des œuvres, réinvente les formats de concerts et investit des lieux atypiques, témoignant d’une volonté constante d’ouvrir la musique classique à de nouveaux publics. En 2020, il fonde l’ensemble Les Apaches, avec lequel il instaure un dialogue fécond entre création contemporaine et œuvres du passé, collaborant avec des artistes de disciplines variées. Parmi ses projets récents, Street Art, capté en direct par Arte au Musée d’Orsay, Rave-L Party, créé au Théâtre du Châtelet puis présenté en tournée internationale, Rideau !, créé au Théâtre du Châtelet en mai 2026 ainsi qu’Indefinito, conçu sur-mesure pour le musée du Louvre, en écho à l’exposition Michel-Ange et Rodin.
Sur le plan discographique, Julien Masmondet a enregistré pour des labels prestigieux tels que Sony Music, Warner Classics et Aparté, collaborant avec des orchestres renommés comme l’Orchestre National de France ou le Czech National Symphony Orchestra. Sa récente interprétation de La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt avec Les Apaches, saluée par la critique, a reçu des distinctions telles qu’un Diapason d’Or et un Choc Classica. Avec le label B Records, ils viennent de débuter une « Collection Apaches » marquée par la sortie du single Niviana’s Devil Drop de Fabien Cali et par l’enregistrement en 2026 de l’Histoire du Soldat de Stravinsky avec Didier Sandre, de la Comédie Française.
Julien Masmondet enseigne à l’École Normale de Musique-Alfred Cortot à Paris, où il s’est formé auprès de Dominique Rouits et où il perpétue l’école française de direction d’orchestre héritée de Charles Munch, Jean Fournet et Pierre Dervaux. Il intervient également au CNSMD de Lyon pour des sessions de direction d’orchestre ainsi qu’à l’étranger pour des master-classes autour de la musique française.
Les Apaches !
La généalogie des Apaches remonte à Ravel et au cercle d’artistes, d’amis ou de mélomanes réunis autour de lui à la veille de la Première Guerre mondiale. Un cénacle chahuteur dont les membres, un jour à la sortie d’un café, se firent traiter d’«apaches !», de mauvais garçons. Cette bande composée de musiciens, poètes ou chefs d’orchestre se réunissait chaque semaine chez les uns ou les autres pour partager leurs œuvres. Une célébration artistique aux visions entremêlées, où le feuilleté des genres tenait lieu de structure. Delage, Viñes, Fargue, Klingsor et Inghelbrecht. Tous différents, tous Apaches pourtant, unis puis dissous dans la nuit de la guerre. Un siècle plus tard, l’homme a marché sur la Lune, le phénomène d’amplification musicale existe et l’esprit des Apaches ressuscite. A Paris, dans leur quartier de Belleville ? Non, à travers la France.
Sous l’impulsion du chef Julien Masmondet, le nouveau mouvement, en hommage autant qu’en prolongement, se donne pour ambition de présenter des spectacles pluridisciplinaires avec une bande ad hoc. Selon les formats, dans la fosse ou sur scène, jusqu’à une trentaine de musiciens, rompus au contemporain, chambristes, tous solistes, associent la souplesse de la jeunesse à l’expérience de la maturité. Et, derrière les partitions, les Apaches du XXIe siècle se sont adjointes les collaborations de compositeurs installés mais aussi de jeunes talents représentatifs d’une esthétique variée. Leurs spectacles s’intéressent entre deux portées à ce qui fait vibrer notre société. C’est le dispositif Ça vous dérange ?, où la formation, rebondissant sur le vote en 2021 de la loi pour la protection du patrimoine sensoriel des campagnes, donne carte blanche à des compositeurs pour une déambulation immersive agrémentée d’un débat sonore. C’est l’ambitieux Street Art, où dialoguent la musique d’aujourd’hui et les performances d’un free-runner et d’un danseur-acrobate sur des partitions de Steve Reich et de trois compositeurs associés. C’est la Rave-L Party, imaginée pour l’anniversaire de Maurice Ravel, qui transforme la salle de concert en un vaste complexe industriel, puis en un club électro. C’est aussi Rideau !, créé en 2026 au Théâtre du Châtelet autour d’Erik Satie et John Cage, qui conduit le public d’un bazar sonore et visuel aux rivages du silence ; et Indefinito, conçu sur-mesure pour le musée du Louvre, en écho à l’exposition Michel-Ange & Rodin.
Pour chaque projet, l’ensemble s’associe à des créateurs d’univers artistiques complémentaires (vidéastes, chorégraphes, scénographes, metteurs en scène, écrivains, poètes, danseurs et free-runners) – afin de concevoir des formes scéniques hybrides et singulières. Ce qui les unit et ce qui soude leurs énergies : une profonde envie de bousculer les habitudes culturelles, de révolutionner le regard du public sur la musique classique et la création contemporaine. Les Apaches, donc. Où l’engagement de faire se rencontrer tous types d’art sur le même territoire scénique.
Les Apaches étaient en résidence à la Fondation Singer-Polignac de 2019 à 2026.
Photo : Quentin Chevrier


