Le salon musical de la princesse

Enfant, Winnaretta Singer étudie le piano et plus tard, l’orgue et la peinture auprès de Félix Barrias. Elle connaît ses premiers émois musicaux à l’adolescence en assistant aux soirées musicales qu’organisent sa mère Isabelle Eugénie Boyer et son deuxième époux, Victor Reubsaet, duc de Camposelice, dans leur hôtel particulier avenue Kléber à Paris.

Comme la plupart des hôtels de ce style à l’époque, celui-ci contenait de nombreux salons de réception de grandes dimensions, certains meublés en style Louis XVI ou Empire, alors à la mode, d’autres à la Sarah Bernhardt. La pièce principale, la plus spacieuse – le « Grand Salon » de ma mère -, devint rapidement le centre de réunions musicales et artis­tiques, et je ne peux oublier que c’est là que j’ai ressenti pour la première fois ce qu’était la grande musique classique.

Dès mon plus jeune âge, je fus donc sans cesse bercée par les plus grandes œuvres de Beethoven, de Mozart ou de Schubert, notamment par les derniers quatuors de Beethoven, 10 à 17, qui étaient alors considérés comme tota­lement incompréhensibles. Le 14e quatuor m’impressionnait particulière­ment et je me souviens qu’à mon quatorzième anniversaire, bien que l’on m’ait proposé une petite montre de Boucheron ou un éventail peint par Chaplin, le célèbre portraitiste, je choisis comme cadeau ou « surprise d’anniversaire » une exécution de mon œuvre favorite de Beethoven : ce quatuor-là.

Winnaretta Singer

Adolescente, elle rencontre Gabriel Fauré lors de vacances familiales en Normandie. C’est le début d’une grande amitié entre le compositeur et la jeune femme qui l’admire.

Au cours des années 1880, la jeune Winnaretta fréquente les salons musicaux de la haute société comme celui de Madame de Poilly et celui de Madame Aubernon. Mais c’est au sein du salon de Marguerite de Saint-Marceaux et celui de Madeleine Lemaire qu’elle rencontre les personnalités les plus remarquables : André Messager, Claude Debussy, Maurice Ravel, Emmanuel Chabrier, Vincent d’Indy, Colette, Pierre Loüys, Ernest Chausson, John Singer Sargent, Claude Monet et Reynaldo Hahn.

Après l’acquisition de sa propriété en 1887, Winnaretta Singer épouse le prince Louis de Scey-Montbéliard en juillet 1887. Ce nouveau titre lui permet d’être mieux acceptée dans la haute société parisienne. En mai 1888, Winnaretta organise sa première soirée musicale dans son chalet/atelier, réunissant Gwendoline de Chabrier, Clair de lune de Fauré, ainsi que des œuvres de D’Indy et Chausson. Emmanuel Chabrier sera très reconnaissant envers la princesse pour son aide précieuse. En effet, son opéra Gwendoline a été refusé par l’Opéra de Paris en 1886 et n’avait encore jamais été joué dans la capitale.

MATHEY Paul (1844-1929), Winnaretta Singer, huile sur toile, 1886, Fondation Singer-Polignac

Au début des années 1890, la princesse de Scey-Montbéliard entame des travaux dans son atelier d’artiste afin de le transformer en véritable hall de musique capable de recevoir 200 personnes grâce aux balcons et coursives. Même si ses récentes activités d’hôtesse sont tournées vers la musique, c’est pourtant auprès d’un sculpteur qu’elle passe sa première commande. Afin de décorer son futur atelier, elle demande à l’artiste Jean Carriès de réaliser une porte monumentale. Malheureusement, ce projet ne verra jamais le jour.

Après un séjour à Venise en 1891 avec, entre autres, Gabriel Fauré, celui-ci lui compose un cycle de mélodies, les Cinq mélodies de Venise qui seront interprétées lors de l’inauguration de l’Atelier le 6 janvier 1892.

Les concert de l’Atelier de la rue Cortambert (1892-1901)

Après l’annulation de son mariage avec le prince de Scey-Montbéliard prononcée en 1892, Winnaretta Singer épouse le prince Edmond de Polignac en décembre 1893. Amateur d’art et compositeur, son nouvel époux partage ses passions. Au fil des années, le désormais « salon des Polignac » gagne en notoriété et devient une véritable référence dans le tout Paris. Alliant souvent œuvres baroques et œuvres modernes, les programmes sont éclectiques. Il n’est pas rare que l’hôtesse de maison elle-même tienne les parties d’orgue ou de piano lors des concerts.

Ce salon refléte l’activité artistique florissante de son temps. Il est un des centres les plus importants de l’activité musicale parisienne. Une douzaine de fois par an, les artistes et les aristocrates s’y réunissent pour un somptueux dîner et un évènement musical exceptionnel. La princesse devient pour tous “Tante Winnie” et se fait un honneur de maintenir un niveau d’excellence que ses amis sont invités à partager, non pour leur rang social ou leur fortune, mais pour leurs talents ou, plus important, leur amour pour la musique. C’est ainsi que l’on croise aristocrates, riches industriels, membres du gouvernement français, mais aussi, bien sûr, des auteurs comme Proust, Colette, Cocteau, Paul Valéry. 

Le salon des Polignac se déplace également à Venise, dans le Palazzo Contarini que la princesse a acheté. Plusieurs pianos sont acquis et des concerts y sont organisés.

“C’est dire que les séances de musique du hall de musique de la rue Cortambert, toujours admirables point de vue musical, où l’on entendait tantôt des exécutions parfaites de musique ancienne telles « Dardanus », tantôt des interprétations originales et ferventes de toutes les dernières mélodies de Fauré, de la sonate de Fauré, des danses de Brahms, étaient aussi comme on dit dans le langage des chroniqueurs mondains “d’une suprême élégance”. Souvent données dans la journée, ces fêtes étincelaient des mille lueurs que les rayons du soleil, à travers le prisme des vitrages, allumaient dans l’atelier. […] Quelles heures charmantes ! Le soleil éclairait le plus beau tableau de Claude Monet que je sache : Un champ de tulipes près de Harlem.”

Le Salon de la princesse Edmond de Polignac, Horatio (Marcel Proust)
Le Figaro, 6 septembre 1903

Le salon de la princesse Edmond de Polignac après 1901

À la mort du prince en 1901, Winnaretta fait une pause dans ses activités musicales pendant de longs mois. Le nouvel hôtel qu’elle a fait construire entre 1903 et 1905 à l’emplacement du précédent lui offre de nouveaux salons de réception et particulièrement un salon de musique permettant d’accueillir un effectif de musiciens plus important lorsque son atelier devient trop étroit. Afin de commémorer la mémoire de son défunt mari, Winnaretta programme certaines de ses œuvres au cours de ses concerts.

La princesse aime aussi associer son nom à de jeunes compositeurs modernes en leur commandant des œuvres. C’est ainsi qu’Erik Satie compose Socrate en 1916, que Manuel de Falla, un jeune compositeur espagnol en pleine ascension, crée une œuvre originale Les Tréteaux de maître Pierre en 1923, que Germaine Tailleferre écrit son Concerto pour piano et orchestre en 1923 et que Darius Milhaud écrit son premier opéra de chambre Les Malheurs d’Orphée en 1924.

Elle est également un des grands soutiens français du jeune Igor Stravinsky. En plus de lui commander Renard en 1915, elle organise chez elle à plusieurs reprises des auditions privées de ses œuvres, dont l’avant-première des Noces le 10 juin 1923 dans le salon de musique de l’hôtel, soit trois jours avant la création parisienne au Théâtre de la Gaîté-Lyrique pour les Ballets russes. Les parties pour piano sont interprétées par Georges Auric, Edouard Flament, Hélène Léon et Marcelle Meyer. Pour la remercier, le compositeur lui dédie sa Sonate pour piano en 1924.

Programme dédicacé par toute l’équipe artistique lors de la première de « El Retablo de Maese Pedro » commandé à Manuel de Falla, donné le 25 juin 1923 dans le Salon de musique.

En 1924, elle commande un concerto pour piano à Jean Wiener. Le jeune et éclectique « imprésario-pianiste-chef-jazz-musicien” lui écrit un exubérant pastiche intitulé Concerto franco-américain, qu’il joue dans son salon en octobre. 

La claveciniste Wanda Landowska, les organistes Maurice Duruflé, Marcel Dupré, les pianistes Blanche Selva, Arthur Rubinstein, Horowitz, Clara Haskil, Dinu Lipatti, Alfred Cortot, Jacques Février, les Ballets russes, Nadia Boulanger, Igor Markevitch, Francis Poulenc, Igor Stravinsky, tout ce que Paris compte alors de compositeurs et d’interprètes prestigieux passe par le salon de Winnaretta. On n’en finirait pas non plus d’énumérer les chanteurs, à commencer par Marie-Blanche de Polignac bien sûr, Jane Bathori, Irène Kédroff, le ténor Hugues Cuénod et la basse Doda Conrad.

Cette amie, affectueusement aimée et toujours regrettée, était un maître en l’art de la générosité bien appliquée. Sa vie durant, elle n’a cessé de vivre dans l’atmosphère de la musique. “La musique, m’a-t-elle dit, m’a fait connaître des êtres jeunes et merveilleux”. Parmi mes souvenirs d’avant-guerre, il en est peu de plus vivaces que ces soirées de l’avenue Henri Martin (qui n’était pas encore l’avenue Georges-Mandel) et où, dans le grand salon peuplé des femmes les plus élégantes et des esprits les plus distingués de Paris, on découvrait chaque fois un nouveau chef-d’oeuvre dû à son initiative créatrice. Elle se rendait compte, avec un sens incomparable de la musique, de ce que l’on pouvait attendre de tel ou tel compositeur.

Gaston Palewski ( 1901-1984)
La Nouvelle Revue des Deux Mondes, 1982

Les années 1930

Au début des années 30, la princesse commande deux pièces à Igor Markevitch (Partita en 1930 et Hymnes en 1934) alors élève de Nadia Boulanger. C’est par son intermédiaire que les deux femmes font réellement connaissance et deviennent amies. Nadia Boulanger donne des cours d’orgue à Winnaretta et lui présente un autre de ses élèves, le jeune pianiste Jean Françaix qui compose la Sérénade pour douze instruments en 1934 et Le Diable boiteux en 1937 à la demande de la mécène. Winnaretta Singer aura un rôle important dans la carrière de Nadia Boulanger. C’est en faisant d’elle la directrice artistique de tous les concerts donnés dans son hôtel à partir de 1936 que celle-ci peut créer son propre ensemble vocal et instrumental. 

Parallèlement, Winnaretta Singer commande deux œuvres à Francis Poulenc : un Concerto pour deux pianos et orchestre en 1932 et un Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales en 1938. Elle aide Hindemith à quitter l’Allemagne nazie, et passe une commande au compositeur juif Kurt Weill, célèbre pour son travail avec Bertolt Brecht qui traverse lui aussi la frontière pour s’échapper en France.

À quelque heure que vous pénétriez dans l’hôtel de l’avenue Henri Martin, — s’il s’agissait de Rome, nous dirions palais — instrumentistes et choristes répètent cantate ou concerto, un compositeur mène le train, tandis que seule dans un fauteuil, la princesse écoute et surveille. Rien ne saurait lui échapper dans le petit ou le grand. Elle ne dit mot. Elle n’interrompt point. Mais, tout à la fin, elle récapitule. Le sourire erre sur les dents serrées. Les yeux expriment le chagrin qu’elle ressent à formuler quelque observation, ils marquent des restrictions sur ce qu’elle dit, mais qu’elle dit quand même, en paraissant le dire à regret, et en ajoutant « Il me semble que » ou: —« Moi, voilà ce que je ferais, à votre place. »

Albert Flament (1877-1956)
La Revue de Paris, 1er avril 1937

En 1939, un des frères de la princesse meurt à Londres. Elle s’y rend pour les funérailles et en profite pour rendre visite à quelques amis. Le début de la Seconde Guerre mondiale contraint Winnaretta à prolonger son séjour anglais. Elle ne reviendra plus jamais en France. Depuis Londres, elle écrit à ses proches restés en France. Elle se lance également dans l’organisation d’œuvres de bienfaisance pour récolter des fonds afin d’aider la Croix Rouge.

Trio Sypniewski – 8 février 2024

Avant-propos

Beethoven, Kodály et Dohnányi seront à l’honneur de notre premier concert en tant que résidentes à la Fondation Singer-Polignac.

Depuis la création de notre trio familial, la Sérénade de Dohnányi nous accompagne, mêlant lyrisme, folklore et virtuosité, elle s’inscrit ainsi parmi les œuvres majeures pour trio à cordes. Compositeur contemporain de Kodály, dont nous jouerons l’Intermezzo, il puise sa source d’inspiration dans le folklore hongrois tout en s’appuyant sur les formes instaurées par les compositeurs classiques et romantiques. La Sérénade de Dohnányi prend d’ailleurs modèle sur celle de Beethoven, écrite cent ans plus tôt.

Le trio opus 9 n°1 fait preuve d’une grande maturité malgré son jeune opus. À travers ses quatre mouvements, Beethoven y déploie une grande richesse d’expression, allant de l’intime au grandiose, pour finir par un final enlevé et brillant.

Trio Sypniewski

Programme

Ernő Dohnányi (1877-1960)

Sérénade pour trio à cordes en ut majeur opus 10 

  • Marche 
  • Romance
  • Scherzo 
  • Tema con variazione
  • Finale: Rondo 

Zoltan Kodály (1882-1967)

Intermezzo 

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Trio à cordes nᵒ 3 en sol majeur opus 9 nᵒ 1 

  • Adagio – Allegro con brio
  • Adagio ma non tanto e cantabile
  • Scherzo: Allegro
  • Presto

Trio Sypniewski

Magdalena Sypniewski violon

Anna Sypniewski alto

Caroline Sypniewski violoncelle

Trio Sypniewski

Originaires de Toulouse, les trois soeurs Anna, Magdalena et Caroline décident de former leur Trio une fois réunies au CNSM de Paris en 2016.

Cette formation les a séduites par la spécificité de son écriture, alliant une recherche d’homogénéité entre les trois instruments à cordes, à une prise de parole parfois plus concertante. La richesse du répertoire leur permet d’aborder différents styles et époques, allant des Variations Goldberg de J.S. Bach jusqu’à des créations contemporaines, dont la Partita pour trio à cordes composée par Raphaël Sévère en 2021.

En s’associant à d’autres musiciens, elles accèdent également à de plus larges répertoires comme celui du quatuor avec piano qu’elles ont eu l’occasion de défendre aux côtés d’Alexandre Kantorow, Adam Laloum et Clément Lefebvre.

Le Trio Sypniewski a été invité à se produire dans de nombreux festivals comme les Jeudis Musicaux de Royan, l’Orangerie de Sceaux, le Ohrid Summer Festival, le Festival Idéal au Potager du Roi à Versailles, le Festival Jeunes Talents, le Festival d’Auvers-sur-Oise, les Ravéliades de Ciboure, les Soirées Musicales en Val-de-Seugne, le Festival Notes d’Ecume, Musique à la Source, Musiques à Versailles, Août Musical de Deauville…

Durant leur parcours, les musiciennes ont eu la chance de bénéficier des conseils de François Salque, du Quatuor Modigliani, et ont participé à l’Académie Ravel à Saint-Jean-de-Luz où elles ont obtenu de nombreux prix. Leurs expériences personnelles dans de grandes écoles à l’étranger comme la Hans Eisler à Berlin (Magdalena), le Mozarteum à Salzbourg (Caroline) et à la Colburn Shool à Los Angeles (Anna), ont également façonné leur identité en tant que trio.

Depuis septembre 2022, elles ont intégré la classe de Günter Pichler (Alban Berg Quartet) à la Escuela Superior de Música Reina Sofia à Madrid.

Le Trio Sypniewski est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2023.

Photo : Thomas Baltes

Quatuor Elmire – 18 janvier 2024

Avant-propos

L’union des deux écoles de Vienne au cœur d’un programme mêlant classicisme et modernité constitue un parfait miroir de deux époques cruciales du répertoire, le public est ainsi plongé dans la riche tradition viennoise du quatuor à cordes.

L’exploration du quatuor n° 9 opus 59 n° 3 de Beethoven nous immerge dans un moment de vie du compositeur qui, très affecté par sa surdité, pense mettre fin à ses jours mais décide finalement de surmonter son handicap et de l’assumer pleinement, laissant libre cours à sa créativité. 

Au cœur du programme, deux œuvres d’Anton Webern viendront illustrer la deuxième école viennoise : Langsamer Satz et son profond lyrisme aux confins du romantisme déjà très révélateur d’un expressionnisme empli de mélancolie qui est sur le point de naître ; puis les Six Bagatelles, des miniatures dans lesquelles le geste musical est le maître mot, se manifesteront comme la plus pure expression de la modernité viennoise et de son apport au répertoire du quatuor à cordes.

L’opus 135, qui clôturera ce concert, est la toute dernière œuvre de Beethoven. La dimension philosophique de l’écriture musicale y prend une forme des plus affirmées et concrètes, l’œuvre étant nommée par le compositeur lui-même « Der schwergefasste Entschluss » (La résolution difficilement prise) avec l’énigmatique et devenue célébrissime en-tête de son final « Muß es sein? Es muß sein! ».

Quatuor Elmire

Programme

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Quatuor à cordes n° 9 en do majeur opus 59 n° 3

  • Andante con moto — Allegro vivace
  • Andante con moto quasi allegretto
  • Menuetto Grazioso
  • Allegro molto

Anton Webern (1883-1945)

Langsamer Satz (1905) 

Six bagatelles pour quatuor à cordes opus 9 

  • Mässig
  • Leicht bewegt
  • Ziemlich fliessend
  • Sehr langsam
  • Äusserst langsam
  • Fliessend 

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

 Quatuor à cordes n°16 en fa majeur opus 135 

  • Allegretto
  • Vivace
  • Lento assai, cantante e tranquillo
  • Grave ma non troppo tratto – allegro

Quatuor Elmire

David Petrlik, Yoan Brakha violon

Hortense Fourrier alto

Rémi Carlon violoncelle

Quatuor Elmire

Le Quatuor Elmire, fondé en 2017, a su en quelques années d’existence, faire sa place sur la scène française et internationale en se produisant aussi bien France, qu’en Italie, Allemagne, Espagne, Belgique ou Hongrie.
Composé de quatre musiciens basés à Paris – David Petrlik et Yoan Brakha aux violons, Hortense Fourrier à l’alto et Rémi Carlon au violoncelle – le quatuor a reçu les conseils des plus grands quartettistes tels que les membres des quatuors Hagen, Ysaÿe, Berg, Modigliani, Belcea et Ébène.
Après avoir remporté le 3ème Prix ainsi que le Prix Spécial pour la meilleure interprétation de l’oeuvre contemporaine imposée au Concours international Carl Nielsen à Copenhague en 2019, le Quatuor Elmire reçoit le deuxième prix ex-aequo ainsi que le prix spécial « Fondation Etrillard » au Concours de Genève 2023.
Remarqué par ses apparitions dans des festivals tels que la Folles Journées de Nantes, le Festival des Arcs, ou encore les Rencontres Musicales d’Évian, le quatuor fera ses débuts au Alt Oper de Francfort en janvier 2024.
Le quatuor est artiste résident à La Chapelle Musicale Reine Elisabeth, « grand résident » à l’association ProQuartet, artiste génération Spedidam ainsi que lauréat de la Fondation Banque Populaire.

Le Quatuor Elmire est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2019.

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David Petrlik joue un violon Jean Baptiste Vuillaume de 1842 
Yoan Brakha joue un Nicolas Desrousseaux de 1747 
Hortense Fourrier joue un alto Joël Klépal de 2017
Rémi Carlon joue un violoncelle Gioffredo Cappa de 1714

Photo : Amaury Viduvier

L’âge d’or de l’octuor à vent – 21 décembre 2023

En partenariat avec

Programme

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Sérénade K.375 en Mib majeur

  • Allegro maestoso
  • Adagio
  • Allegro

Franz Krommer (1759-1831)

Partita opus 57 en fa majeur

  • Allegro vivace
  • Minuetto
  • Andante cantabile
  • Alla Polacca

Wolfgang Amadeus Mozart

Rondo alla turca (arr. Goepfert)

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Parthia opus103

  • Allegro
  • Andante
  • Menuetto
  • Presto

Ensemble Sarbacanes

Gabriel Pidoux, Neven Lesage hautbois

Alejandro Pérez Marin, Florian Gazagne basson

Roberta Cristini, Hirona Isobe clarinette

Félix Roth, Alessandro Orlando cor

Lilas Réglat contrebasse

Sarbacanes

Sarbacanes est un ensemble dédié à la musique des XVIIIe et XIXe siècles mettant à l’honneur les instruments à vent. Fondé en 2016 à partir d’un effectif de deux hautbois, basson et clavecin, il comprend à présent différentes formations permettant d’interpréter des répertoires allant de la sonate en trio baroque aux sérénades à grand effectif de l’époque classique et romantique.
Le premier opus discographique de Sarbacanes (2019, label INITIALE) est consacré à des « Ouvertures » de Telemann pour vents. Le second opus de l’ensemble sortira à l’été 2024 sur le label Oktav Records.
La formation d’octuor à vent de l’ensemble a intégré en 2020 pour une durée de 3 ans, le programme EEEMERGING+ (Ensembles Européens Emergents) piloté par le Centre Culturel d’Ambronay et 15 partenaires européens.
Sarbacanes s’est par ailleurs produit au Festival de Royaumont, à la Folle Journée de Nantes, au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, à la Philharmonie de Cologne, aux Flâneries de Reims, au Festival de Saint-Céré, aux Musicales de Normandie, au Collegio Ghislieri de Pavie, à La Courroie, au Festival Européen Jeunes Talents, à la Guildhall de Riga…
Sarbacanes est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2021.

Quatuor Arod

Présentation du concert

Nous voici réunis pour un concert de quatuors à cordes, ce genre classique par excellence, dans lequel les compositeurs ont souvent voulu mettre la quintessence de leur art en se soumettant à cette pureté de l’écriture à quatre voix… Pour le reste, on ne trouvera que peu de points communs entre les trois œuvres du programme : celle de Mozart qui témoigne d’un classicisme viennois encore à son âge d’or lumineux ; celle de Beethoven au caractère presque expérimental, préfigurant le monde étrange et fascinant des derniers quatuors ; celui de Debussy, enfin, qui nous plonge dans ce qu’on appelle parfois, non sans raison, l’impressionnisme musical.

Tout juste pourrait-on rappeler quels furent les regards croisés de ces trois compositeurs l’un sur l’autre. Mozart d’abord, qui semble avoir entendu une fois le jeune Beethoven à Vienne, en 1787 , alors qu’il composait Don Giovanni. Cette rencontre toutefois n’est pas certaine, et il n’en subsiste qu’un récit selon lequel Mozart se serait d’abord montré un peu froid en découvrant son cadet dans un exercice académique, après quoi il l’aurait invité à jouer un thème d’inspiration libre et aurait soufflé à ses amis présents ; « Faites attention à celui-là, il fera parler de lui dans le monde ». Quant à Beethoven, même si les encouragements de Haydn semblent avoir été bien plus décisifs, il est certain que les modèles mozartiens ont constitué aussi des points de départ assez faciles à identifier dans ses premières sonates ou quatuors.

Enfin, pour ce qui est de Debussy, il mentionne souvent Mozart et plus encore Beethoven, dans ses écrits – même si c’est parfois pour se moquer de ce dernier, dont il admire le génie, mais dont il raille un peu le sérieux et les formes savantes, pour leur côté parfois rugueux, en le désignant comme « Le Grand sourd ». Ainsi, dans un texte où il s’indigne que Louis II de Bavière présente Wagner comme le plus grand compositeur allemand, il rappelle qu’il y eu aussi Bach, mais aussi Beethoven et Mozart en précisant « Beethoven, qui avait si mauvais caractère qu’il prit le parti de devenir sourd afin de mieux ennuyer ses contemporains avec ses derniers quatuors » et Mozart « un petit voluptueux qui a écrit Don Juan pour embêter l’Allemagne ». En vérité, Mozart par subtilité et son naturel est une référence toujours enchanteresse pour Debussy qui parle de la « légèreté lumineuse » de Mozart, en la comparant « telle une troupe de jolis enfants riant joyeusement dans le soleil ». Et il ajoute ailleurs : « Le génie peut évidemment se passer d’avoir du goût, exemple : Beethoven. Mais on peut lui opposer : Mozart qui, à autant de génie, ajoute le goût le plus délicat ».

Mais revenons aux trois œuvres du programme, en commençant par « Les dissonances » de Mozart, qui est peut-être le plus connu de ses quatuors. Il fut écrit en quatre jours, en 1785, par le compositeur au sommet de son art, à l’approche de ses trente ans ; et il fait partie du fameux cycle des six quatuors dédiés à Joseph Haydn – des œuvres composées entre 1782 et 1785, et qui lui ont coûté « la plus grande fatigue, le plus de labeur », et quantité de ratures inhabituelles… et dans lesquels Mozart a voulu porter plus haut que jamais l’art du quatuor – après avoir notamment découvert ceux de l’opus 33 de son aîné. Le quatuor « Les dissonances « est le dernier de cette série de six quatuors – et on sait d’ailleurs que les deux compositeurs eurent l’occasion de le déchiffrer ensemble. C’est à l’issue de cette audition, Haydn déclara à Léopold Mozart son fameux : « Je vous déclare devant Dieu, en honnête homme, que je tiens votre fils pour le plus grand compositeur dont le nom et la personne me soient connus. »

Ce quatuor K.465, en ut majeur, porte donc le surnom « les dissonances ». Mais, comme souvent dans les œuvres classiques, ce titre se rapporte surtout au premier mouvement et même à l’introduction du premier mouvement, dans laquelle Mozart use d’harmonies étranges, de frottements presque atonaux… Pour autant, la lumière classique ne va pas tarder à sortir de cette introduction puis éclairer le premier mouvement, même si l’on peut sentir parfois encore une certaine tension dans le développement du thème principal. De même le mouvement lent est d’un lyrisme intense, avec son très beau thème. Mais ce côté parfois poignant s’atténue tout à fait dans la fête des deux derniers mouvements ; le menuet, entrecoupé par un ravissant épisode central, et le finale où ne subsiste plus aucune ombre. C’est le miracle mozartien : cette œuvre semble épouser sans complexe la forme classique du quatuor, mais elle le fait de bout en bout avec un naturel, une invention, une fraîcheur, une émotion, un équilibre qui semblent atteindre sans effort la perfection de la musique.

Il en va tout autrement avec le 11e quatuor de Beethoven, une œuvre âpre, rugueuse, presque expérimentale, relativement méconnue, et pourtant très importante dans le grand cycle des quatuors Beethovéniens. Elle est composée après dix premiers quatuors qui ont vu Beethoven, passer du classicisme viennois des quatuors op.18 à un art beaucoup plus personnel dans des quatuors op.59 dit Razumowski, ou op.74, dit les harpes ; et elle précède les fameux six derniers quatuors, qui par leur étrangeté si personnelle seront bientôt l’objet d’une véritable religion musicale. Entre les deux, le 11e quatuor marque une espèce de pause, durant laquelle le compositeur semble s’essayer à une forme particulièrement exigeante. C’est une œuvre brève aux mouvements resserrés où Beethoven semble avoir voulu éviter tout développement inutile pour se concentrer sur les thèmes et leurs contrastes, avec un côté un peu heurté : rien qui se veuille séduisant, mais une forme étrange qui semble préfigurer, en miniature, l’exploration des derniers quatuors. C’est ainsi que le mot « serioso », accolé par le compositeur au troisième mouvement, a fini par devenir le sous titre de cette composition entière que Beethoven voyait comme une partition pour connaisseurs, qu’il fit éditer tardivement en précisant : « le quatuor est écrit pour un petit cercle de connaisseurs et ne doit jamais être exécuté en public ». Nous oublierons ce soir la consigne !

Enfin, le quatuor de Debussy, contemporain des premières ébauches du Prélude à l’après-midi d’un faune (1892) et de Pelléas et Mélisande (1893), est la première œuvre de grande ampleur achevée par le compositeur, âgé d’une trentaine d’années. Il a composé jusqu’alors diverses mélodies et pièces pour piano assez charmantes pour passer à la postérité (Arabesques, Petite suite, Suite bergamasque). Mais son art si particulier de la forme, de l’harmonie ou de la couleur instrumentale est encore en gestation. Debussy fréquente alors depuis quelques années les milieux artistiques et intellectuels où son succès de jeune prix de Rome lui assure une existence relativement confortable. Parmi ses meilleurs amis figure Ernest Chausson qui lui assure en cette année 1892 quelques engagements très bien payés dans les soirées du Faubourg Saint-Germain. Comme Chausson, Debussy a été au cours des années précédentes l’élève de César Frank, père spirituel de la jeune école post-romantique française. Et si son influence reste plutôt faible chez Debussy, on en retrouve la trace dans la forme du Quatuor, sinon dans son expression. Mais Debussy, au sein de ce milieu, bénéficie aussi de l’intérêt du grand violoniste Eugène Ysaïe qui crée l’œuvre d’une soirée de la SNM, le 29 décembre 1893.

Cette composition, écrite pour la formation classique par excellence, applique le principe franckiste de la forme « cyclique ». Debussy va toutefois plutôt surprendre, voire choquer, par ses audaces harmoniques, son écriture modale, et sa mosaïque de motifs, et aussi son refus de l’expressivité. Un Paul Dukas comprend la richesse de l’œuvre : « claire et nettement dessinée malgré une grande liberté de formes, d’une poésie pénétrante et originale ». Chausson, lui, n’aime pas l’œuvre nouvelle, ce qui peine Debussy : « J’ai senti que le Quatuor ne vous avait fait qu’aimer davantage certaines choses, alors que j’aurais voulu qu’il vous les fasse oublier ». Pour convaincre son ami, Debussy entreprendra la composition d’un second quatuor à cordes où il se promettait d’« anoblir ses formes », mais l’œuvre ne sera jamais achevée. Le quatuor, qui devait également être suivi d’une sonate pour piano et violon, est la dernière contribution du jeune musicien aux formes classiques où il ne reviendra qu’à la toute fin de sa vie. Enfin, l’indication de « Premier quatuor en sol mineur op.10 » peut fort bien, dans l’esprit de Debussy, être teintée d’ironique respect vis à vis de la Société Nationale de Musique – puisque jamais à l’exception de cette œuvre, il ne donna à ses compositions de numéro d’opus ni d’indication de tonalité.

Le premier mouvement, « animé et très décidé », présente d’emblée le thème principal, en mode phrygien, développé avec un second thème comme un mouvement de sonate.
Le scherzo, « assez vif et bien rythmé » est une très jolie page, aux pizzicatis aériens qui varie le thème du premier mouvement. L’andantino « doucement expressif » est le moment le plus franckiste de l’oeuvre et fait entendre, dans sa seconde partie, une nouvelle variante du thème principal. Le finale très modéré présente d’abord une introduction lente, suivie d’un développement « très mouvementé et avec passion » qui transforme et réexpose plusieurs fois le thème cycliste… – seul vestige de la grammaire franciste, héritée de Beethoven, que Debussy abandonnera dès ses œuvres suivantes pour une absolue liberté de forme.

Benoît Duteurtre

Programme

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Quatuor n° 19 en do majeur op. 10 n° 6 « Les dissonances » KV. 465

Allegro

Andante cantabile

Menuet (allegretto)

Allegro

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Quatuor à cordes n° 11 en fa mineur « Serioso » opus 95

Allegro con brio

Allegretto ma non troppo

Allegro assai vivace ma serioso

Larghetto espressivo

Claude Debussy (1862-1918)

Quatuor à cordes en sol mineur opus 10

Animé et très décidé

Assez vif et bien rythmé

Andantino, doucement expressif

Très modéré

Quatuor Arod

Jordan Victoria, Alexandre Vu violon

Tanguy Parisot alto

Jérémy Garbarg violoncelle

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Biographie

Quatuor Arod

Créé en 2013, le Quatuor Arod a bénéficié de l’enseignement de Mathieu Herzog et de Jean Sulem ainsi que du Quatuor Artemis à la Chapelle Reine Elisabeth de Bruxelles. Il a travaillé par ailleurs régulièrement avec le Quatuor Ebène et le Quatuor Diotima. En 2016, il remporte le Premier Prix du Concours International de l’ARD de Munich. Il avait déjà remporté le Premier Prix du concours Carl Nielsen de Copenhague en 2015 et le Premier Prix du Concours européen de la FNAPEC en 2014. En 2016, il est lauréat HSBC de l’Académie du Festival d’Aix. En 2017, il est nommé « BBC New Generation Artist » pour les saisons 2017 à 2019, et ECHO Rising Star pour la saison 2018-2019.

Depuis quelques saisons, le Quatuor Arod se produit dans les plus grandes salles en France et à travers le monde : Philharmonie de Paris, Opéras de Bordeaux et Montpellier, Konzerthaus et Musikverein de Vienne, Philharmonie de Berlin, Concertgebouw d’Amsterdam, Tonhalle de Zurich, Wigmore Hall et Barbican Center de Londres, Carnegie Hall de New-York, Bozar Bruxelles, Auditori de Barcelone, Elbphilharmonie de Hambourg, Gulbenkian à Lisbonne, Konzerthuset de Stockholm, Philharmonie du Luxembourg, Oji Hall de Tokyo, Mozarteum de Salzbourg… ainsi qu’au Danemark, en Italie, en Serbie, en Finlande, en Serbie, au Maroc, en Israël, en République Tchèque, en Chine… Le Quatuor Arod se produit aussi dans de nombreux festivals : Verbier et Montreux, Aix-en-Provence, Menton, Salon-de-Provence, Folles Journées de Nantes, Besançon, Heidelberg, Rheingau, Mecklenburg-Vorpommern, Bremen Musikfest, Mozartfest Würzburg, Spring Music Festival de Prague, Cheltenham Festival…

Le Quatuor Arod collabore avec des artistes tels que les altistes Amihai Grosz, Antoine Tamestit, Timothy Ridout, et Mathieu Herzog, les pianistes Eric Lesage, Alexandre Tharaud et Adam Laloum, les clarinettistes Martin Fröst, Romain Guyot et Michel Lethiec ou encore les violoncellistes Raphaël Pidoux, Kyril Zlotnikov, Camille Thomas, François Salque, Jérôme Pernoo et Bruno Philippe.

En 2017, il crée le premier quatuor à cordes du compositeur français Benjamin Attahir Al Asr (commande de La Belle Saison, de ProQuartet et du Quatuor Arod). Le Quatuor Arod enregistre en exclusivité pour le label Erato/Warner Classics avec un premier album Mendelssohn (2017), puis un second album consacré à la figure de Mathilde Zemlinsky et avec la participation de la soprano Elsa Dreisig (Schoenberg, Zemlinsky, Webern / 2019) qui remporte notamment le Edison Klassiek 2020. Son nouveau disque « Schubert » sort à l’automne 2020 et rencontre un grand succès public et critique.

Les instruments joués par le Quatuor Arod sont gracieusement prêtés par la Fondation BouboMusic (Suisse).

Le Quatuor Arod est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2015.

Photo © Julien Benhamou

Récital de Philippe Hattat

Note de programme

Œuvre de pleine maturité, la 31e Sonate opus 110 de Ludwig van Beethoven déploie, malgré sa relative brièveté, tout le génie de son créateur. Le savant mélange entre différents types d’écriture et de formes (notamment dans le très opératique 3e mouvement, mêlant récitatif, air et même fugues) démontre le génie de son artisanat compositionnel (écriture complexe des fugues, structures mélodiques communes entre les thèmes des mouvements), et rassemble en son sein toute l’expressivité et les puissantes émotions qu’il est concevable d’imaginer (de la plus profonde dépression à l’euphorie exaltante).
Avec la 12e de ses quatorze sonates, la Sonata Romantica opus 53 n°1, le Russe Nikolaï Medtner, compositeur injustement méconnu (plus introverti et à l’ombre de son ami plus démonstratif mais néanmoins génial Rachmaninoff), signe une des plus belles et intenses pages qu’il nous ait léguées. Tout comme Beethoven, Medtner fait montre, de manière fortement personnelle, d’un artisanat compositionnel abouti et complexe, par la riche écriture contrapuntique et la recherche d’audacieuses harmonies, joint à un large panel expressif et émotionnel par son lyrisme tout russe et à une narrativité qui se rapproche de celle de Schumann ou de Liszt.
Une œuvre de ma plume, composée pour l’occasion, vient compléter le programme comme un interlude, mêlant incantations, gestes fugaces et chatoiement harmonique.

Philippe Hattat

Programme

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur opus 110 

  • Moderato cantabile, molto espressivo 
  • Allegro molto 
  • Adagio ma non troppo

Philippe Hattat (né en 1993)

Diapre Nyctérine (création mondiale) 

Nikolaï Medtner (1880-1951)

Sonata Romantica en si bémol mineur opus 53 n°1

  • Romanza. Andantino con moto, ma sempre espressivo
  • Scherzo. Allegro
  • Meditazione. Andante con moto (espressivo, ma semplice)
  • Finale. Allegro non troppo

Philippe Hattat piano

Biographie

Né en 1993, Philippe Hattat entame ses études musicales à l’âge de huit ans au Conservatoire de Levallois-Perret. Il entre dès 2003 au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris en classe de piano puis en 2006 en classe d’accompagnement. Depuis septembre 2011, il intègre plusieurs classes du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris : piano avec Jean-François Heisser, accompagnement avec Jean-Frédéric Neuburger puis, en 2014, dans le cursus supérieur d’écriture et enfin l’orchestration en 2017.

Il suit également l’enseignement en composition et orchestration de Michel Merlet entre 2005 et 2011. Il pratique le clavecin et l’orgue depuis 2008 avec Benjamin Steens, ainsi que le violoncelle entre 2004 et 2014. Il intègre en octobre 2014 la classe d’improvisation à l’orgue de Pierre Pincemaille au Conservatoire à Rayonnement Régional de Saint-Maur-des-Fossés, et obtient son prix dans cette discipline en juin 2016. Très impliqué dans la création contemporaine, il a dernièrement participé à plusieurs premières mondiales, comme les cycles Imago Mundi et Hölderlin-Lieder d’Olivier Greif, ainsi que la création mondiale partielle des études pour piano de Philippe Manoury, avec Jean-Frédéric Neuburger durant l’édition d’août 2016 du Festival Berlioz. Son horizon musical s’étend à l’étude et la pratique de la musique médiévale (chant grégorien, polyphonies vocales improvisées) et aux musiques traditionnelles extra-européennes (pratique du gamelan de Java centrale, étude des polyphonies vocales géorgiennes avec l’ethnomusicologue Simha Arom, étude des chansons traditionnelles zoroastriennes).

Il est lauréat du Concours international de piano Claude Bonneton de Sète en 2010 (1er prix et prix du public), du Concours international de piano d’Orléans en 2016 (prix mention spéciale Ricardo Viñes, prix mention spéciale Alberto Ginastera, et prix de composition André Chevillon Yvonne Bonnaud) et du Concours international Giorgio Cambissa en 2016. Philippe Hattat s’intéresse à de nombreux autres domaines du savoir (sciences physiques, géologie, philosophie, archéologie, anthropologie), avec une prédilection pour la linguistique comparative et l’étymologie.

En janvier 2020 paraît, avec un grand succès, son premier enregistrement pour B Records dans la collection « Deauville Live », consacré aux Chants de l’âme d’Olivier Greif avec la soprano Marie-Laure Garnier. Vient de paraître le Quadruple Concerto d’Oliver Greif enregistré live lors du Festival de Pâques de Deauville 2021 aux côtés de Pierre Fouchenneret, Lise Berthaud et Yan Levionnois, ainsi que l’orchestre du festival dirigé par Pierre Dumoussaud. 

Philippe Hattat est en résidence à la Fondation Singer-Polignac en tant que soliste, ainsi qu’au sein du Trio Messiaen.

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