Raphaël Merlin

en résidence depuis juillet 2026

Raphaël Merlin a toujours exploré la musique sous différents angles, par différents prismes : de sa curiosité pour tous les styles et de sa gourmandise pour toutes les pratiques résulte une remarquable vision d’ensemble et une grande polyvalence. Violoncelliste du Quatuor Ebène de 2002 à 2023, compositeur, chef d’orchestre et pédagogue, il fonde en 2014 les Forces Majeures, est nommé en 2020 professeur de musique de chambre à la Hochschule für Musik und Theater de Munich, en 2023 Directeur Artistique et Musical de L’Orchestre de Chambre de Genève, en 2025 professeur à la Haute Ecole de Lausanne (HEMU) et directeur musical de L’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine. Né en 1982, il débute à six ans au CNR de Clermont-Ferrand : violoncelle, musique de chambre, piano, composition, piano-jazz. Il intègre en 1997 le CNR de Boulogne-Billancourt où il étudie le violoncelle avec Xavier Gagnepain, la musique de chambre avec Hortense Cartier-Bresson et la direction d’orchestre avec Janos Komives. Fort d’un 1er prix dans chacune de ces disciplines, il est reçu en 2001 1er nommé dans la classe de Philippe Muller au CNSM de Paris dont il sort quatre ans plus tard avec un diplôme de formation supérieure, mention TB à l’unanimité.

La musique de chambre, d’abord pratiquée en famille, occupe la part centrale de son activité depuis son entrée, en 2002, dans le Quatuor Ebène (composé de Pierre Colombet, Gabriel Le Magadure et Marie Chilemme,), 1er prix 2004 du concours international de l’ARD de Münich, Victoire de la Musique 2010 et 2020. Riche d’une discographie foisonnante et reconnue pour Erato/Warner, invité sur les plus prestigieuses scènes du globe, (Philharmonie de Berlin, Wigmore Hall de Londres, Concertgebouw d’Amsterdam, Tonhalle de Zürich, Library of Congress de Washington, Carnegie Hall à New York, Suntory Hall Tokyo, Sala San Paolo, Théatre des

Champs-Elysées et Philharmonie de Paris), le Quatuor qui a pour partenaires réguliers Nicholas Angelich, Elisabeth Leonskaïa, Menahem Pressler, Mitsuko Ushida, Matthias Goerne, Renaud et Gautier Capuçon, Michel Portal… sort d’un d’un tour du monde enregistré et filmé avec l’intégrale des quatuors de Beethoven en 2019, et donne en concert le cycle complet pour les célébrations des 250 ans du compositeur.

Raphaël Merlin s’est produit comme soliste avec les orchestres de Massy, du conservatoire Tchaïkovski de Moscou, d’Auvergne, de Paris-Sorbonne, Sostenuto, Ut5, des Dômes. De 1997 à 2002, il est le pianiste du Wildflower Quartet (jazz); il enregistre le trio op. 114 de Brahms (Accord-Universal), le trio de Philippe Hersant (Triton),) et un album de tango, « Café 1930 » (Zig-Zag),l’intégrale de la musique de chambre de Fauré (Aparté).

Il a dirigé successivement l’orchestre du lycée Racine, le Sérénade Orchestra, l’Orchestre des lauréats du Conservatoire et l’orchestre Opus 93, a cofondé « Le Petit Lion », dont il assure la direction musicale de 2008 à 2012, l’orchestre-école Ostinato, l’orchestre de l’opéra de Rouen, Orchestres nationaux d’Auvergne, de Bordeaux, Avignon, Philharmonia de Londres, Toulon… Il fonde en 2014 les “Forces Majeures” collectif de chambristes, réunissant des ensembles de musique de chambre pour des projets d’orchestre. Le disque Rossini paru chez Aparté avec la mezzo Karine Deshayes a rencontré un vif succès, suivi par un album avec le violoncelliste Edgar Moreau (Offenbach-Gulda, Erato/Warner, 2019). En residence à l’opéra de Vichy en 2018, Raphaël dirige en version scénique Le Barbier de Séville, ainsi que divers programmes programmes symphoniques. Les Forces Majeures se distinguent par leurs tournées à vélo, promouvant une réflexion sur notre mode de vie carboné.

Passionné d’enseignement, Raphaël Merlin est titulaire du CA et a enseigné le violoncelle au CRR de Boulogne-Billancourt. Il donne régulièrement des masterclasses de musique de chambre au CNSM de Paris et dans diverses universités et écoles à travers le monde.

Compositeur, ses œuvres comprennent « Eléa », un concerto pour quatuor à cordes et orchestre créé en 2011, « Pas de Deux » pour violon et violoncelle créé en 2012 au Concertgebouw d’Amsterdam, et « See: Sea & Seeds. Si ! », un concerto pour violoncelle et cordes créé en 2016 au Lockenhaus Festival.

crédit photo : Co Merz


Pedro Garcia-Velasquez

En résidence depuis juillet 2019, artiste associé depuis 2022

Compositeur et co-directeur artistique du Balcon, Pedro Garcia-Velasquez multiplie les pistes de recherche créatrice, dans une constante volonté d’expérimentation et de transgression. Lauréat en 2016 du prix Pierre Cardin de l’Académie des Beaux-Arts, il s’intéresse également de près à la transdisciplinarité des arts et des sciences, voyant dans la musique et ses différents paramètres (timbre, rythme, réflexes…) le moyen d’une recherche fondamentale de l’Autre.

Pedro grandit à Cali, en Colombie, encerclé par les parcs naturels, les montagnes et les rivières. Il apprend le violon dès son enfance et épargne sans relâche sa petite monnaie pour se procurer quelques disques des grandes pièces du répertoire. À l’âge de quatorze ans, le jeune homme commence à écrire de petites pièces jazz ou baroques. Au lycée, il suit déjà un cycle supérieur de violon, et sa rencontre avec un professeur de théorie musicale, Alvaro Gallego, marque son approche de la musique : à travers une étude parallèle d’une œuvre du compositeur colombien Cesar Potes et du Sacre du Printemps de Stravinsky, Pedro Garcia-Velasquez prend soudain conscience de ce qu’il nomme la « puissance souterraine de la musique » et décide de faire de la composition son métier. Après avoir étudié auprès d’Harold Vasquez-Castañeda, professeur à l’Université Pontificale Javeriana de Bogotá, Pedro entre au CRR de Boulogne, puis au CNSM de Paris et étudie auprès de Frédéric Durieux, qui l’incite à réfléchir sur la place accordée à la complexité dans son écriture.

De cette époque lui viennent deux intuitions fondamentales : la recherche d’un travail harmonique et timbrique lumineux et flottant, pouvant se rapprocher du courant spectral français ; et la fascination pour les résonances, l’impact et la déflagration, l’attente inassouvie de quelque chose qui ne survient jamais. Pedro écrit Esperando Llueva, qu’il enregistre avec Maxime Pascal au Conservatoire, et Levereflejo, contracorriente, horizonte, deux pièces majeures dans son parcours de jeunesse.

C’est au CNSM que Pedro et Maxime, avec quatre autres étudiants, fondent Le Balcon, dans un désir collectif d’expérimentation et de transformation de l’expérience du concert. Au sein du collectif, Pedro Garcia-Velasquez trouve de nombreux interlocuteurs avec lesquels il développera ses idées : le réalisateur en informatique musicale Augustin Muller, l’ingénieur du son Florent Derex, le metteur en scène Benjamin Lazar (Lieux Perdusla série Théâtre Acoustique), la saxophoniste Juliette Herbet (Juguemos), l’inclassable Nieto (Scratched Shadows), le violoncelliste Askar Ishangaliyev (Moro de Venecia) ou le bassoniste Julien Abbes (Cras Lucebit, 2010). Pedro conçoit la création partagée comme un moyen d’exciter l’ouverture des imaginations. Avec Maxime Pascal, le dialogue est également nourri, notamment sur les moyens d’intégrer les fragments du répertoire dans l’écriture contemporaine.

Depuis 2014, la série Théâtre Acoustique (qui comprend les pièces Lieux Perdus, et Fête dans le vide) est une manière pour lui d’explorer les méandres de la conscience et du souvenir, et de travailler avec des outils technologiques inédits. Avec Augustin Muller et l’ingénieur du son Florent Derex, Pedro capture l’empreinte acoustique de dizaines de lieux (églises, château en ruines…) pour les intégrer à la musique qu’il écrit. Ces « lieux perdus » dont l’essence acoustique est saisie, renvoient aux lieux délaissés d’une civilisation occidentale en état de délabrement avancé.

Initio (2016), opéra chorégraphique co-écrit avec Tatiana Julien, lui permet d’user d’un matériau inédit pour lui : le corps de l’interprète. Dans C’est déjà le matin (2016), co-écrit avec Arthur Lavandier et Frédéric Blondy, Pedro crée un petit monde mythologique festif et bizarre, dans lequel il plonge le spectateur dans le nuage de ses idées surréalistes.

Ses pistes de réflexion actuelles sont nombreuses : parmi celles-ci, il y a la tentative de redéfinition d’une écriture rythmique à la hauteur des choses entendues durant son enfance, à Cali, auprès des communautés noires de la ville. La rencontre avec des collégiens primo-arrivants a également déclenché en lui la volonté d’explorer avec eux les intuitions mélodiques et rythmiques extra-européennes. « C’est vraiment le début », dit-il. Récemment, il a rejoint les bancs de l’EHESS, où il étudie désormais l’ethnomusicologie interactiviste. Le parcours de Pedro est peut-être bien, en définitive, une succession d’éternels débuts.

Memorias Robadas est une pièce dans laquelle Pedro García-Velásquez travaille sur les héritages culturels afro-colombiens et indiens des environs de Cali, la ville de son enfance. Memorias Robadas se développe de manière onirique, comme un souvenir qui refait surface transformé en rêve.

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