Les Couplets du Roi fou

Publié dans Saison 2022-2023

Présentation du concert

Ce soir, la voix de baryton est à l’honneur à travers un choix d’airs et de mélodies accompagnés par un petit ensemble instrumental. Mais nous allons également suivre un thème conducteur : celui du roi solitaire, tourmenté par ses responsabilités et guetté par la folie – sujet qui a inspiré de nombreux compositeurs. Certains sont des personnages de fiction comme Oreste dans Iphigénie en Tauride de Gluck, Hamlet dans l’opéra éponyme d’Ambroise Thomas, le Roi Roger dans celui de Szymanovski ou Le Roi de Thulé, poème de Goethe mis en musique par Schubert ; d’autres furent de véritables souverains comme Alphonse XI de Castille dans La Favorite de Donizetti, ou George III d’Angleterre, dont la vie a inspiré les Huit chansons pour un roi fou, la pièce maîtresse de Maxwell Davies qui couronnera ce programme. 

En préambule, nous entendrons un extrait du Messie, le grand oratorio de Haendel – compositeur anglo-saxon s’il en fut, puisque est en Saxe avant de connaître la gloire en Angleterre qui en a fait son premier musicien. Après s’être voué notamment à l’opéra italien, Haendel allait mettre au point, à la fin de sa vie, le grand oratorio chanté en anglais dont Le Messie, composé en 1741, reste l’exemple le plus célèbre. Dans un air situé la fin de la seconde partie, peu avant l’Alleluia, le compositeur se pose cette question qui va servir de prologue à notre parcours musical : Why the nations… Autrement dit : « pourquoi les nations guerroient-elles les unes contre les autres ? Pourquoi ne choisissent-elles pas la voie de l’amour et de la paix ? Les rois de la terre se sentent menacés dans leur pouvoir par l’arrivée du Messie qui proclame la toute puissance de Dieu. »

Le premier de ces rois en proie à la folie se trouve dans Iphigénie en Tauride de Glück – compositeur qui fut, comme Haendel, un grand voyageur adaptant son art au goût des différents pays. Né en Allemagne, Christophe Willibald Gluck a grandi en Bohème où il a découvert l’opéra italien. Il est passé par Londres où Haendel lui a donné quelques conseils, avant de devenir compositeur officiel à la cour de Vienne. Mais c’est à Paris, dans les années 1770, qu’il va mettre au point un nouveau modèle d’opéra qui exercera une influence considérable : un art moins fleuri et gratuit que celui des opéras italiens, mais qui vise une forme d’unité dramatique nouvelle dont témoigneront Orphée et Eurydice, Alceste, Arminde ou Iphigénie en Tauride. Ce dernier fut créé en 1779 à l’Académie Royale de Musique et parmi ses personnages figure Oreste, roi d’Argos et de Mycène, frère d’Iphigénie – mais sérieusement perturbé, comme on dirait aujourd’hui, depuis qu’il a tué sa mère Clytemnestre, elle-même commanditaire du meurtre de son père Agamemnon. Dans l’air que nous entendrons, Oreste s’interroge sur le sens de son destin, cette culpabilité qui le rend fou – quand tout ce qui l’attache encore à cette vie est son amitié avec son cousin le roi Pylade…

Le programme se poursuivra avec Hamlet, opéra tiré de la pièce de Shakespeare et mis en musique par un des meilleurs compositeurs lyriques français du milieu du XXe siècle, Ambroise Thomas à propos duquel Emmanuel Chabrier disait avec humour : « Il existe trois sortes de musique, la bonne, la mauvaise et la musique d’Ambroise Thomas ». Allez savoir si c’est une critique ou un compliment. Toujours est-il que ce compositeur, dix ans après Berlioz et dix ans avant Gounod, allait redonner son éclat à l’opéra français avec des oeuvres d’inspiration littéraire comme Mignon d’après Goethe, à l’Opéra-Comique et Hamlet (Hamlé, comme on prononçait alors), créé à l’Opéra de Paris en 1868. L’air célèbre qu’on va entendre, est celui où le prince de Danemark chante le vin qui dissipe la tristesse – et fait ainsi semblant d’oublier que Claudius a assassiné son père pour prendre le trône. Désespéré par la bassesse de l’humanité et l’appétit du pouvoir qui pousse un homme à tuer son propre frère, il n’en médite pas moins sa vengeance.

Ce grand air sera suivi par un intermède extrait de la Cendrillon de Massenet, lui-même élève d’Ambroise Thomas. Puis nous allons remonter quelques années en arrière vers ce début du XIXe siècle où les compositeurs italiens tenaient le haut du pavé parisien et composaient souvent en français. Ainsi Rossini, Bellini, Verdi, mais aussi Donizetti dont l’opéra La Favorite fut créé en 1840 à l’Opéra de Paris – même s’il existe également une version italienne. Cette œuvre dans laquelle Donizetti manie tous les archétypes de l’opéra romantique, avec ses grands airs et ses cabalettes, s’inspire de l’histoire vraie d’Alphonse XI, roi de Castille au XIVe siècle, qui a épousé sa cousine Marie Constance de Portugal, tout en vivant ouvertement avec sa maîtresse andalouse, Léonor de Guzmane. Cette situation provoque la fureur de son beau-père et entraîne une guerre entre la Castille et le Portugal. C’est cette situation difficile, et même tragique, d’un roi encerclé par complots, mais voué tout entier à son amour, que chante Alphonse XI au début du deuxième acte.

Enfin, dernier air d’opéra du programme, vous entendrez un extrait du Roi Roger de Szymanowski, le plus grand compositeur polonais de la première moitié du XXe siècle. Marqué à la fois par Chopin et par la musique moderne de Debussy et Stravinsky, il a laissé des œuvres instrumentales admirables, malgré sa mort prématurée en 1937 ; mais aussi un opéra, Le Roi Roger, inspiré par l’épopée des rois normands de Sicile, et plus précisément le grand Roger II. Cet étonnant souverain qui avait unifié les conquêtes normandes en Italie, allait en effet tenter de brasser les cultures chrétienne, romaine et byzantine avec certains éléments hérités du paganisme – comme en témoigne le décor de la cathédrale de Cefalu, près de Palerme. Dans l’opéra de Szymanowski, c’est également l’arrivée d’un jeune berger prophète qui va entraîner le roi et la reine dans une sorte d’idéal sensuel et mystique. Il ne s’agit donc pas ici d'un roi meurtri de culpabilité, mais bien plutôt un roi illuminé, notamment dans ce grand air conclusif où il s’adresse aux astres.

Après toutes ces paroles de roi chantées par Mathieu Walendzik, Vincent Bouchot prendra le relai pour les deux derniers morceaux : d’abord un célèbre lied de Schubert : La Coupe du roi de Thulé, sur des paroles de Goethe, où il est question de cette coupe qui relie le roi à sa bien aimée disparue, et qu’il jette dans la mer après avoir légué tous ses autres biens.

Enfin, vous découvrirez l’oeuvre la plus développée de ce programme – et qui en a constitué le point de départ : les Huit chansons pour un roi fou de Peter Maxwell-Davies – musicien dont le nom est relativement peu connu en France, même s’il est considéré en Angleterre comme un des principaux compositeurs de la seconde moitié du XXe siècle. Né en 1934, Maxwell-Davies a subi dans sa jeunesse l’influence de l’avant-garde issue de l’école de Vienne, mais il s’est également inspiré de la musique ancienne, de la tradition chorale britannique, et il allait évoluer vers des formes plus classiques et accessibles, jusqu’à sa disparition en 2016. Il avait également fondé dans les années soixante, avec ses amis, un petit ensemble intitulé « Les Pierrots » – en référence au Pierrot Lunaire de Schönberg . Et c’est quasiment le même effectif (avec piano, violon, violoncelle, flûte et clarinette – auxquels s’ajoutent les percussions) qui accompagne cette composition de 1969 intitulée Huit chansons pour un roi fou.

L’oeuvre fait référence au roi George III, atteint de démence à la fin de sa vie, à l’issue d’un règne marqué par l’indépendance américaine, mais aussi par la guerre et la victoire contre Napoléon 1er. Ce souverain qu’on qualifierait aujourd’hui de maniaco-dépressif allait finir par laisser la régence à son fils, le futur George IV. Et l’écrivain Randolph Staw a repris certains des propos parfois délirants de George III pour écrire ce monodrame composé de huit textes brefs mis en musique par Peter Maxwell Davies : une œuvre qui épouse la folie du roi à travers une extraordinaire palette de couleurs vocales et instrumentales – et qui présente certaines parentés avec d’autres œuvres avant-gardistes de l’époque, comme la Sequenza pour voix de Luciano Berio.

Le programme s’achèvera par cette composition donnée par l’Ensemble Maja dans sa version originale pour voix et six instrumentistes – ces mêmes instruments que l’arrangeur Thibault Lepri a utilisé pour accompagner les autres airs d’opéras, en réduisant les parties d’orchestre qui accompagneront ce voyage poétique et musical.

Benoît Duteurtre

Programme

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)

Le Messie HWV 56

“Why do the nations”

Christoph Willibald Gluck (1714-1787)

Iphigénie en Tauride, tragédie en quatre actes sur un livret de Nicolas-François Guillard

“Le calme rentre dans mon coeur” (Oreste, roi d'Argos et de Mycènes)

Ambroise Thomas (1811-1896)

Hamlet, opéra en cinq actes sur un livret de Carré et Barbier

“Oh vin dissipe la tristesse” 

Jules Massenet (1842-1912)

Cendrillon, opéra en quatre actes et six tableaux sur un livret d'Henri Cain et de Paul Collin

Entrée du roi et de la cour

Gaetano Donizetti (1797-1848)

La Favorite, opéra en quatre actes sur un livret en langue française d'Alphonse Royer et Gustave Vaëz

air du roi "Viens Léonore, j'abandonne" (Alphonse XI roi de Castille)

Karol Szymanowski (1882-1937)

Le Roi Roger opéra en trois actes sur un livret de Jarosław Iwaszkiewicz

“Edrisi, już świt!...Słońce! Słońce! Edrisi” (Roi Roger de Sicile)

Franz Schubert (1797-1828)

Der König in Thule D.367

Sir Peter Maxwell Davies (1934-2016)

Eight songs for a mad king 

I. The Sentry (King Prussia’s Minuet)

II. The country walk (La Promenade)

III. The Lady-in-waiting (Miss Murgraves Fancy)

IV. To be sung on the water (Waterman)

V. The Phantom Queen (He’s Ay A-kissing Me)

VI. The Counterfeit

VII. Country Dance (Scotch Bonnet)

VIII. The Review (A spanish March)

Cliquez pour lire les textes des chansons : en anglais / en français

Interprètes
  • Ensemble Maja
    • Vincent Bouchot, Matthieu Walendzik baryton 
    • Julie Brunet-Jailly flûte 
    • Joséphine Besançon clarinette 
    • Aya Kono violon
    • Clotilde Lacroix violoncelle 
    • Valentin Dubois percussions 
    • Bianca Chillemi piano, clavecin, direction artistique
    • Thibaut Lepri arrangements

Ensemble Maja

L'Ensemble Maja est une troupe d’instrumentistes et de chanteurs engagés qui relève le défi d’interpréter sans chef, des œuvres d’envergure du XXe siècle pour voix et ensemble. Le postulat est le suivant : la musique d’aujourd’hui est accessible à tous. L'ensemble propose une approche de la musique classique en dialogue avec son histoire, de la plus ancienne à la plus récente. Abolir les clivages esthétiques pour renouer avec tous les publics, établir des passerelles entre les musiques anciennes, classiques et contemporaines sont les principes moteurs de leurs choix esthétiques. Car le contraste en toute chose attire l’oreille, séduit l’œil, ébranle les perceptions. 

L’ensemble Maja raconte des histoires en musique et s'appuie pour cela sur une formation à géométrie variable qui lui permet d’évoluer en toute liberté parmi une collection d’œuvres diverses. Quoi de plus passionnant que d'aller entendre un groupe qui nous donne le sentiment d’un opéra de poche, qui met en lumière des joyaux souvent peu joués ? Ici, chanteurs et instrumentistes sont au service d’une même finalité : la scène. Que le message passe !
Pour la saison 2022/2023, l'ensemble Maja se produira au festival Présences à Radio France en février 2023; puis, en collaboration avec la compagnie de l'Aurore boréale dirigée par Jacques Osinsky à l'ENS Paris-Saclay et au Théâtre de l'Aquarium pour l'opéra Violet de Tom Coult. En tant que lauréat du tremplin Résidence Jeunes Ensembles Jean-Claude Malgoire, l'ensemble présentera son premier spectacle en juin 2023, Birds, qui associe les Aventures et Nouvelles aventures de György Ligeti aux Eight Songs For A Mad King de Peter Maxwell Davies, à la Scène Nationale de Valenciennes et à l'Atelier lyrique de Tourcoing. L'Ensemble Maja est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2016.

Bianca Chillemi direction artistique, piano et clavecin

Bianca Chillemi est une pianiste aux multiples facettes : depuis toujours, poussée par une grande curiosité et un amour du partage, elle se dédie à la musique de chambre et au répertoire lyrique. C’est donc dans la continuité de cette démarche engagée qu’elle obtient un master dans la classe de lied et mélodie d’Anne Le Bozec et Emmanuel Olivier au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), ainsi qu’un second master à l’unanimité du jury dans la classe de direction de chant d’Erika Guiomar et Nathalie Dang. Passionnée par le lied et la mélodie, Bianca Chillemi se produit au Centre de Musique de Chambre de Paris en mars 2017 avec le baryton-basse Florian Hille avec le Winterreise de Franz Schubert. Très recherchée pour ses qualités d’écoute et ses dons d’accompagnatrice, elle assiste le baryton-basse Christian Immler dans ses masterclasses au Mozarteum à Salzburg.

Elle est pianiste cheffe de chant sur Le Voyage à Reims de Rossini à l’abbaye de Royaumont en mai 2015, opéra mis en scène par Stephan Grögler, ainsi que sur la production de la Cité de la Musique à Paris de l’opéra de Betsy Jolas, Iliade l’amour, sous la direction de David Reiland, en mars 2016. En 2017, elle travaille en collaboration avec l’Orchestre Les Siècles et l’atelier lyrique de Tourcoing, comme cheffe de chant sur l’opéra I.D., une création du compositeur Arnaud Petit.

Son vif intérêt pour la musique contemporaine l’amène à être sélectionnée par le festival d’Aix-en-Provence pour l’académie Voix et Création en juillet 2015. Elle travaille avec les chefs Leonardo Garcia Alarcon, Catherine Simonpietri, Mathieu Romano. En tant que cheffe d’orchestre, elle dirige en concert Aventures et Nouvelles Aventures de György Ligeti et Upon Silence de George Benjamin.

Bianca est soutenue par la Fondation Meyer et le mécénat Société Générale.


Matthieu Walendzik baryton

Né à Paris, le baryton franco-polonais Matthieu Walendzik débute la musique à la Maîtrise Notre-Dame de Paris. Après des études de musicologie à la Sorbonne, il sort diplômé du Conservatoire National Supérieur de Paris dans les classes de chant Valérie Guillorit et de musique de chambre d’Anne le Bozec. 

Membre depuis 2018 d’Opera Fuoco, il chante les rôles du Comte Almaviva (Le Nozze di Figaro de Mozart) , Riff (West Side Story de Bernstein), Russel (Lady in the Dark de Kurt Weil) ainsi que Pandolfe (Cendrillon de Massenet) et Marcello (La Bohème). 

Il participe à des productions, dans un répertoire allant de la musique médiévale à la création contemporaine, sous la direction de chefs tels que David Reiland, Stephan MacLeod, Sigiswald Kuijken. Il interprète, entre autres, Die Schöpfung de Haydn, Johannes-Passion et Matthäus-Passion, ainsi que des Cantates de Bach, le Messie de Haendel…

Attaché à ses racines polonaises, Matthieu Walendzik se produit lors de concerts de musiques de compositeurs polonais organisés à l’Ambassade de Pologne en France et lors de soirées caritatives, pour lesquels il reçoit le prix de jeune personnalité de l’année en 2019. Lors de la saison 2021-2022 il chante les rôle d’Ormonte (Partenope de Haendel) sous la direction de William Christie dans le cadre de la 10e édition du Jardin des Voix (les Arts Florissants) dont il est lauréat, mais aussi le Comte Almaviva (Le Nozze di Figaro), Dr. Falke (Die Fledermaus) et Marcello (la Bohème). Il est artiste en résidence depuis 2022 à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique, où il reçoit les conseils de José van Dam et Sophie Koch. 


Vincent Bouchot baryton

Vincent Bouchot est né en 1966 à Toulouse et fait des études littéraires universitaires consacrées à Georges Perec et Jules Verne. Chanteur autodidacte, formé « sur le tas » au chœur de La Chapelle Royale (Philippe Herreweghe) à partir de 1987, il fréquente d’abord les principaux ensembles vocaux professionnels de l’époque (Les Jeunes Solistes [Rachid Safir], le Groupe Vocal de France [John Poole], Akadêmia [Françoise Lasserre]) puis rejoint l’Ensemble Clément Janequin [Dominique Visse] en 1993. Il ne l’a plus quitté depuis. Aujourd’hui il collabore aussi avec des ensembles tels de que La Rêveuse, Les Traversées baroques, Doulce Mémoire, Métaboles. Vincent se passionne depuis toujours pour la musique contemporaine, créant en solo d’innombrables partitions, dont beaucoup ont été spécifiquement écrites à son intention, depuis Leçons d’Enfer d’Henri Pousseur en 1991 avec l’ensemble Musiques Nouvelles, jusqu’au Front de l’aube d’Édith Canat de Chizy en 2018, avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, en passant par des œuvres de Gérard Pesson (Forever Valley, Solitaire Mikado), Christophe Looten (Médée de Thessalonique), Alexandros Markeas (Outsider, La Vallée de l'étonnement), Aurélien Dumont (Chantier Woyzeck), Oscar Strasnoy (Hanokh), Philippe Leroux (Le Chant de la pierre et tout récemment L’Annonce faite à Marie, à l'Opéra de Nantes) ou Bruno Ducol (Le Navire aux voiles mauves).
Compositeur tout aussi autodidacte, il a notamment écrit de très nombreuses mélodies et pièces instrumentales, souvent à la demande de collègues et ami(e)s tel(le)s que Sandrine Piau (Galgenlieder, enregistrés chez Naïve), Françoise Masset, Donatienne Michel-Dansac, Eva Zaïcik, Marine Chagnon, François Leroux, Alexandre Tharaud, Lionel Peintre, Alain Buet … et une dizaine d’opéras dont un Ubu, créé à l’Opéra Comique en 2002 dans une mise en scène de Mireille Larroche, et sous la direction de Laurent Cuniot, avec Françoise Pollet et Jean-Philippe Courtis en Père et Mère Ubu. Son dernier opéra, Argos et Grigoria, d’après Jean Tardieu, devait être créé à l’initiative de l’ensemble Aedes (Mathieu Romano) en juin 2020 au théâtre Impérial de Compiègne, et l’a été finalement à huis-clos et filmé en février 2021. En janvier
2023 paraîtra chez Harmonia Mundi son Carnaval des animaux en péril, par l'ensemble baroque La Rêveuse, CD qui accompagne la diffusion du spectacle du même nom, créé à la Philharmonie de Paris en novembre 2022.