« Vivre vite » Le dix-neuvième siècle face à l’accélération du temps et de l’histoire

Publié dans Colloques Sciences & Sciences Humaines

DEMACHY Robert (1859-1936) Vitesse (1904) - Épreuve photomécanique (similigravure) à partir d'une épreuve à la gomme bichromatée, H. 12,4 ; L. 17,9 cm - © Photo RMN-Grand Palais - P.Schmidt

Pass Présentation du Pass sanitaire à l'entrée

IXe Congrès de la Société des Études Romantiques et Dix-Neuviémistes

Avant-propos

Nous nous plaignons souvent, aujourd’hui, du tempo accéléré de nos vies. Mais de quand date cet emballement ? Le XIXe siècle est-il à l’origine de ce sentiment d’accélération continue du temps ? Force est de constater que, dès le tournant du siècle, les modes de vie ont tendance à s’inscrire en rupture avec les rythmes de l’Ancien Régime. Les bouleversements politiques, la labilité des trajectoires sociales, la fluidité des circuits commerciaux et financiers, l’évolution des moyens de transport, placent la vitesse au cœur de la vie quotidienne : le siècle du progrès n’a pas de temps à perdre. La presse, la mode, la Bourse, la tribune imposent, ou relaient, une cadence qui peut devenir infernale, tandis que les prouesses sportives ou musicales redoublent les records industriels et techniques. La littérature comme les arts visuels sont partie prenante de cette évolution dont ils rendent compte et qu’ils intègrent à leurs pratiques telle une performance. Photographes de l’instant, adeptes de l’écriture « à la vapeur », fascinés par la vitesse et la frénésie urbaine, côtoient cependant des observateurs plus critiques qui se proposent – exception, contrepoint, résistance ? – de faire l’éloge de la lenteur, du calme de la vie provinciale, des voyages et des passions au long cours. Car vivre vite, est-ce vivre plus, ou bien ne plus avoir le temps de vivre et de créer ?

Partenaire

LUNDI 4 OCTOBRE 2021

 

9h45 - Ouverture du congrès 

10h - Conférence plénière d’ouverture : Étienne Klein (Commissariat à l’Énergie Atomique, Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière) : Le temps a-t-il une vitesse ? 

Session 1 : L’emballement médiatique (11h15-12h45)

Présidence : Jean-Claude Yon (EPHE, PSL)

  • Julien Schuh (Université Paris Nanterre)
    • Écrire à la vapeur : conditions techniques de l’accélération du rythme culturel
  • Morgane Avellaneda (Université de Saint-Étienne - Université des Antilles)
    • Comment accélérer davantage ? Gestion de la rapidité de l’événement politique dans la presse quotidienne de la Restauration
  • Julie Anselmini (Université de Caen)
    • Les damnés du feuilleton dramatique : critiquer vite, vite ! à l’ère de l’industrialisation des spectacles

Session 2 : La vitesse au quotidien (14h-15h30)

Présidence : Judith Lyon-Caen (EHESS)

  • Côme Souchier (Université de Grenoble)
    • Standardisation horaire et ponctualité : la peur du retard
  • Sébastien Richez (Université de Caen-Normandie)
    • De la lettre un jour sur deux au message dans l’heure : la distribution du courrier comme valeur-étalon
  • Camille Napolitano (École Pratique des Hautes Études)
    • Accélérer le temps et l’espace : la temporalité expositionnaire ou le reflet d’un système

Session 3 : Accélérer ou résister ? (15h50-17h50)

Présidence : Jean-Claude Caron (Université Clermont Auvergne)

  • Brigitte Krulic (Université Paris Nanterre)
    • Comment ralentir la fébrilité des passions démocratiques : Tocqueville et l’« américanisation » de la société
  • Ivan Burel (Institut d’Études Politiques de Lille)
    • Prendre de vitesse l’insurrection en France, 1831 – 1852
  • Bruno Phalip (Université Clermont Auvergne)
    • Entre permanence et souhait d’immuabilité, la restauration du monument médiéval au XIXe siècle
  • Nicolas Cambon (Université Toulouse II - Jean Jaurès)
    • Engager le corps dans les « blancs de la carte » ou fuir l’accélération du temps : expériences de temporalités « ancestrales » chez les voyageurs-naturalistes de la deuxième moitié du XIXe siècle

MARDI 5 OCTOBRE 2021

Session 4  : Allegro ma non troppo (9h30-11h30)

Présidence : Cécile Reynaud (EPHE, PSL)

  • Béatrice Didier (ENS-Ulm)
    • La virtuosité instrumentale
  • Emmanuel Reibel (Université Lumière Lyon 2)
    • « Jouer vite » : la vapeur et le métronome
  • Hervé Lacombe (Université Rennes 2)
    • De "La Dame blanche" (1825) à "Carmen" (1875) : temps et histoire dans l’opéra-comique
  • Pierre Fleury (Sorbonne Université)
    • Stylistique de l’accélération en musique et en littérature (Schumann, Poe, Flaubert)

Session 5  : le geste véloce (11h45-13h15)

Présidence : José-Luis Diaz (Université de Paris)

  • Pierre-Henry Bas (Université de Lille)
    • « Vivre ou survivre » : l’escrime au XIXème siècle, entre vitesse et précipitation
  • Sébastien Lepetit (ENS-Lyon)
    • Le bal Musard ou « la chimère du mouvement perpétuel »
  • Jennifer Forrest (Texas State University)
    • Les Hanlon-Lees et le film de poursuite muet : acrobates, appareil et élan au service du réel

Session 6 : Poétique et esthétique de la vitesse (14h-16h)

Présidence : Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS de Lyon)

  • Jacques Neefs (Université Paris 8 - Johns Hopkins University)
    • La durée de l’instant
  • Emmanuel Boldrini (Université Lyon 2)
    • Le temps long de l’évolution : quelles stratégies narratives pour le dire vite ?
  • Yoann Chaumeil (Université Toulouse II - Jean Jaurès)
    • L’urgence apocalyptique dans la littérature fin-de-siècle
  • Cyrielle Mary (Université de Caen)
    • La notion de vitesse dans la représentation du chemin de fer dans la peinture impressionniste

Session 7 : Inscrire la vitesse dans l’image (16h15-17h45)

Présidence : Éléonore Reverzy (Université Sorbonne Nouvelle)

  • François Vanoosthuyse (Université de Rouen)
    • La réduction du temps de pose
  • Axel Hohnsbein (Université de Bordeaux)
    • Imprégnation ou mitraillage ? La vitesse photographique au XIXe siècle
  • Rae Beth Gordon (Université du Connecticut)
    • Le Cinématographe : vitesse et sidération perceptuelle

MERCREDI 6 OCTOBRE 2021

Session 8 : Accélérer le mouvement (9h30-11h)

Présidence : Françoise Gaillard (Université de Paris)

  • Gaultier Roux (Université Fudan, Shanghai)
    • Sous toutes voiles ou à toute vapeur : le devenir du récit maritime dans la seconde moitié du XIXe siècle
  • Édouard Bourdelle (Université de Strasbourg)
    • Arythmie des promeneurs : de Nerval à Zola
  • Marie-Ange Fougère (Université de Bourgogne)
    • "Festina lente". Le trottoir roulant de l’Expo 1900

Session 9 : En voiture ! (11h15-12h45)

Présidence : Marie-Ange Fougère (Université de Bourgogne)

  • Georges Ribeill (Association pour l'Histoire des Chemins de Fer en France)
    • A contre-courant : des militants de la « petite vitesse » en chemins de fer
  • Tim Farrant (Pembroke College, Oxford)
    • Vivre vite / Ralentir : rapidités et recueillements ferroviaires au XIXe siècle, des deux côtés de la Manche
  • Marie-Bernard Bat (Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)
    • « La vitesse, ce don irremplaçable de la machine » : Octave Mirbeau et "La 628-E8"

Session 10: Cadences théâtrales (14h-15h)

Présidence : Émilie Pézard (Université de Poitiers)

  • Hélène Thil (Sorbonne Université)
    • « Courir les hasards des chemins » : le rythme du voyage dans les romans de comédiens 
  • Valentina Ponzetto (FNRS/Université de Lausanne)
    • Théâtres de société : improvisations dramatiques pour consommations éphémères

Session 11 : Trouver son rythme (15h-16h)

Présidence : Philippe Hamon (Université de Paris)

  • Stanislas de Courville (Université Jean Moulin - Lyon 3)
    • Vertige d’un monde pris de vitesse. La mutation de la perception dans la littérature du XIXe siècle
  • Aimée Boutin (Florida State University)
    • Parnasse, Vapeur et Vitesse

Session 12 : Les temps de la vie (16h15-17h45)

Présidence : Christèle Couleau (Université Sorbonne Paris Nord)

  • Jérémie Alliet (ENS-Lyon)
    • « Disparu(s) comme une étoile filante » - les personnages balzaciens face à l’accélération de l’existence
  • Virginie A. Duzer (Pomona College, California)
    • Temporalités de la jeune fille
  • Anne Carol (Aix-Marseille Université)
    • Un éloge du sursis. Quelques réflexions autour de la mort et de la vitesse au XIXe siècle

 

Biographies

Jérémie Alliet

Doctorant en première année en Littérature Française, à l’École Normale Supérieure de Lyon, et agrégé de lettres modernes, Jérémie Alliet prépare une thèse sur « l’héroïsme sans héros dans les romans de Balzac entre 1842 et 1848 », sous la direction du professeur Éric Bordas (IHRIM).

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Julie Anselmini

Professeure en Littérature à l'Université de Caen-Normandie, J. Anselmini est spécialiste de l'œuvre de Dumas père, auquel elle a consacré plusieurs ouvrages et numéros de revues (Le roman d'Alexandre Dumas père ou la réinvention du merveilleux, Droz, 2010 ; Dumas critique, J. Anselmini dir., PULIM, 2013 ; A. Dumas, Gaule et France, éd. critique J. Anselmini, Garnier, 2015...). Elle consacre actuellement ses recherches aux liens entre critique et littérature chez les écrivains du XIXe siècle.

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Morgane Avellaneda

Morgane Avellaneda est en quatrième année de doctorat à l’Université de Saint-Étienne, elle travaille sur le journalisme de Chateaubriand sous la direction de Jean-Marie Roulin. Normalienne et agrégée de Littérature française, elle est chargée de recherche documentaire au service de la Presse de la Bibliothèque nationale de France où elle a créé un outil destiné à la valorisation et l’usage pédagogique des feuilletons romanesques au XIXe siècle.

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Pierre-Henry Bas

Pierre-Henry BAS est docteur en histoire médiévale, spécialisé sur le combat à pied à cheval. Chercheur associé au laboratoire d’histoire IRHiS (Université de Lille). Président de l’association REGHT (Recherche et Expérimentation du Geste Historique et Technique). Membre du programme Equinologie sur les interactions homme cheval de Paris 3. Auteur de plusieurs articles sur l’histoire de l’équitation et de l’escrime à partir de l’étude des traités techniques et des sources judiciaires.

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Marie-Bernard Bat

Agrégée de Lettres modernes, Marie-Bernard Bat est PRAG à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et termine une thèse en littérature à Sorbonne Université. Ses travaux s’intéressent à l’esthétique comparée des mouvements artistiques européens et à leur transposition littéraire durant la deuxième moitié du xixe siècle, plus particulièrement dans l’œuvre d’Octave Mirbeau. Elle a publié plusieurs contributions dans des ouvrages collectifs (E. Kociubińska, dir., Romanciers fin-de-siècle, Brill, 2021) et a codirigé Les Paradoxes d’Octave Mirbeau (avec P. Glaudes et E. Sermadiras, Garnier, 2018).

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Emmanuel Boldrini

Doctorant en Littérature française/ Histoire de l’art à l’Université Lumière Lyon 2, au sein du laboratoire IHRIM et enseignant ATER de littérature et arts visuels – Emmanuel Boldrini prépare une thèse sur les représentations de la préhistoire dans l’imaginaire fin-de-siècle, sous la direction de Delphine Gleizes.

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Edouard Bourdelle

Edouard Bourdelle est normalien et agrégé de lettres modernes. Professeur dans le secondaire (Dieppe), il est doctorant à l’Université de Strasbourg. La thèse qu’il prépare sous la direction de M. Bertrand Marquer (EA 1337 « Configurations Littéraires ») s’intitule « Chercher son rythme : les Promeneurs littéraires, du Second Empire à la Belle Époque (1855-1891) ».

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Aimée Boutin

Aimée Boutin est professeure d’études françaises à Florida State University à Tallahassee, aux États-Unis. Elle est l’auteure d’un premier livre sur la poésie et la voix maternelle (Maternal Echoes : The Poetry of Marceline Desbordes-Valmore and Alphonse de Lamartine, 2001). Son livre City of Noise : Sound and Nineteenth-Century Paris et le numéro de Dix-Neuf qu’elle a dirigé sur le flâneur et les sens font partie de ses recherches sur les « sound studies » et les études urbaines. Elle travaille actuellement sur la mobilité ferroviaire dans les écrits de femmes au XIXe siècle. Au printemps 2021, elle est accueillie au Collégium de Lyon. 

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Ivan Burel

Ivan Burel est professeur agrégé d’histoire et doctorant contractuel au laboratoire IRHiS, Université de Lille, depuis septembre 2018. Dans le cadre d’une thèse sous la direction de Philippe Darriulat, ses travaux portent sur la contre-insurrection au XIXe siècle dans ses dimensions militaires, politiques et culturelles et sur les circulations des théories et pratiques de la guerre irrégulière aux échelles européennes et impériales. 

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Nicolas Cambon

Nicolas Cambon est agrégé en histoire et réalise une thèse, sous la direction de Sophie Dulucq, portant sur les connaissances franco-britanniques sur l’anthropophagie aux XVIIIe et XIXe siècles. Il s’intéresse aussi bien aux modalités de perceptions et collectes d’informations dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, qu’aux hypothèses et théories formulées puis discutées en Angleterre et en France. Ses réflexions se concentrent sur le rôle des affects dans la construction d’un savoir portant sur des objets jugés difficiles, tels que le cannibalisme.

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Anne Carol

Anne Carol est professeur d’histoire contemporaine à Aix-Marseille Université, membre de l’IUF. Ses travaux portent sur la France au XIXe siècle, notamment sur l’histoire pratiques médicales (Les médecins et la mort, 2004), l’histoire de la mort (L’embaumement, une passion romantique, 2015 ; avec R. Bertrand, Aux origines des cimetières contemporains, 2016), l’histoire de l’exécution capitale (Physiologie de la Veuve, 2012 ; Au pied de l’échafaud, 2017). 

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