Introduction

L’année 2015 marque un tournant dans les études valéryennes puisque la parution, chez Gallimard, du treizième et dernier volume des Cahiers 1894-1914 marque l’achèvement du grand projet lancé par Nicole Celeyrette-Pietri, avec Judith Robinson-Valéry, il y a plus de trois décennies. En même temps, cette année 2015, qui est celle du soixante-dixième anniversaire de la mort de Valéry, signifie un nouveau départ : parce que son œuvre entre dans le domaine public, de nouvelles éditions vont voir le jour. Ce colloque accueilli par la Fondation Singer-Polignac est ainsi l’occasion de s’interroger sur les principes qui gouverneront ces nouvelles éditions, comme sur les traductions dont Valéry va continuer d’être l’objet dans le monde ; ces journées d’études sont donc tout naturellement internationales, ce qui est aussi une manière de souligner à quel point la réception et le commentaire de l’œuvre sont redevables à de grands universitaires étrangers, en Europe, bien sûr, mais aussi par exemple au Japon. Lu et relu, Valéry néanmoins ne concerne pas la seule Université : il enrichit de sa pensée et de son écriture les écrivains et philosophes contemporains, et quelques-uns d’entre eux sont invités à témoigner de ce qu’ils lui doivent.


Partenaires              

Programme

JEUDI 26 NOVEMBRE

Ouverture du colloque par Michel Jarrety

Session 1

Écrire et penser avec Valéry, 1 

Présidence : Michel Jarrety

Session 2

Écrire et penser avec Valéry, 2

Présidence : William Marx


VENDREDI 27 NOVEMBRE

 

Session 3

Valéry dans le monde

Présidence : Michel Jarrety

Présidence : William Marx

Session 4

Ecrire et penser avec Valéry (3)

Présidence : Jean-Yves Masson

Session 5

Éditer Valéry

Présidence : Jean-Yves Masson

 


Résumés

Ouverture du colloque par Michel Jarrety et William Marx

[haut]


Valéry entre ses diamants extrêmes et ses brisures par Salah Stétié

Salah Stétié poète évoquera l’impact de la poésie de Valéry soixante-dix ans après sa mort.

[haut]


Le contemporain capital par Jean-Michel Maulpoix

D’où provient l’espèce d’affection paradoxale qu’un poète français né dans les années 1950 porte à l’œuvre de Paul Valéry, alors que sa propre sensibilité le rapproche bien davantage du lyrisme d’Apollinaire et que son écriture fait une large place aux discordances du contemporain ? Telle sera l’orientation du propos de Jean-Michel Maulpoix pour qui « le contemporain capital », en 2015, n’est ni André Gide ni Michel Houellebecq, mais Paul Valéry.

[haut]


Paul Valéry face à la gloire et à l’humilité du monde, par Philippe Delaveau

Le regard d'un poète sur le regard d'un autre poète… Philippe Delaveau essaiera de mesurer de quelle manière l’œuvre de Valéry fait entrer en poésie les choses du monde pour les faire participer à l'instant poétique.

[haut]


Valéry, théoricien méconnu de la traduction, par Jean-Yves Masson

Sa traduction des Bucoliques de Virgile, à laquelle il travailla de 1942 à 1944, ¬ est sans doute la plus importante. Si sa publication posthume a été assez remarquée sur le moment, cette traduction a été jusqu’ici très peu étudiée. La préface qui l’accompagne (« Variations sur les Bucoliques ») n’a pas davantage retenu l’attention. Elle représente pourtant une contribution aussi décisive que méconnue à ce que l’on n’appelait pas encore à l’époque la « théorie de la traduction », ¬ mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Jean-Yves Masson se propose de lire avec attention ce texte, de le situer par rapport aux positions d’autres poètes-traducteurs en matière de traduction, mais aussi de l’interpréter, en particulier en confrontant les propositions de Valéry à sa « pratique traduisante » effective : fait-il ou non ce qu’il prétend faire ?

[haut]


 

Valéry viennois, par Jean-Michel Rey

On a rapproché Valéry du second Wittgenstein. On peut l'associer également à un autre « viennois », Robert Musil. Quelques points communs parmi d'autres : le rapport aux sciences, les considérations ironiques sur la philosophie, un goût marqué pour l'essai, une redéfinition de l' « esprit », un apprentissage continuel de la pensée.

[haut]


Figure de Valéry, par Benoît Peeters

Paul Valéry m’apparaît comme une incarnation particulièrement frappante de l’idée d’écrivain. Sa trajectoire évoque ces écrivains imaginaires – Pierre Ménard, Herbert Quain et quelques autres – que Borges a fait vivre dans ses Fictions et Henry James dans quelques-unes de ses meilleures nouvelles. C’est comme si le romanesque de Valéry, dont on sait combien il se méfiait des romans, n’avait trouvé matière à se réaliser qu’à travers un seul personnage : Valéry lui-même.

[haut]


Paul Valéry n’a écrit que pour moi, par Charles Dantzig

Réflexions sur le sentiment que nous donnent les grands auteurs dont nous nous sentons proches.

[haut]


Sur Paul Valéry, par François Taillandier

[haut]


Mon toast à Teste, par Valerio Magrelli

A partir d’une sorte de parodie des cartes postales mallarméennes, notre exposé (qui se termine justement avec la traduction en vers italiens rimés d’un quatrain de Valéry) s’interroge sur ce qu’on pourrait définir « l’effet malgré lui ». Il s’agit d’une attitude très bien connue et qui caractérise la poétique de Teste et de son auteur. Elle a été parfaitement résumée dans cet aphorisme: « De ma répulsion à l'égard de la 'Chose littéraire' ». Le but de cette communication est donc de se demander: comment peut-on être écrivain (ou “écriveur”) en dépit de sa propre nature?

[haut]


Valéry moderniste : un portrait à travers les revues italiennes européistes, par Antonietta Sanna

C’est surtout à travers le réseau crée par des revues telles que Primo tempo (1922-1923), Baretti (1924-1928) et Solaria (1926-1936), qui s’attachaient à développer une idée de littérature comme lieu et moyen de civilisation de l’esprit, et comme espace de dressage pour l’intelligence, que le portrait de Valéry est libéré des sévères réserves crociennes et restitué, à partir des années Vingt, sous une lumière nouvelle.

Dans ces revues, Emilio Cecchi, Sergio Solmi, Leo Ferrero faisaient partie de la patrouille européiste qui, en dépit des cloisons politiques qui ravageaient l’Europe, travaillait pour dialoguer avec les voix plus originales de la littérature moderne. Leur engagement avant d’être politique était surtout littéraire. Leur Europe était celle de Joyce, de Kafka, de Proust, de Gide, de Valéry, de Ortega y Gasset et de Gogol. Une Europe littéraire qui suggérait aussi une norme de comportement politique. « Valéry, Proust, Eliot recommandaient par leur nature linguistique, ou tout au moins expressive, de ne pas suivre Mussolini », écrira en 1959 Giansiro Ferrata, un des correspondants italiens de Valéry, en considérant ces relations. C’est dans ce courant européiste qu’on essaiera de situer Valéry, pour mieux comprendre la réception de son oeuvre dans le contexte italien et l’influence exercée sur le plan poétique aussi bien que critique.

[haut]


Lire Valéry en Allemagne, par Jürgen Schmidt-Radefeldt

La première génération d’intellectuels, de romanistes et de philosophes (Curtius, Adorno, Löwith, etc.) ainsi que la deuxième (Laitenberger, Reckermann, Sloterdijk, etc.) se bornaient à l’étude de certaines œuvres ou de sujets circonscrits ; la génération suivante, au contraire (Blüher, Vogel, etc.) travaille sur l’œuvre entière — manuscrits inclus : c’est une des raisons pour lesquelles l’édition de J. Schmidt-Radefeldt a été si bien accueillie. On peut néanmoins se demander comment lire Valéry aujourd’hui et pourquoi: quels sont les textes et les questions qui ont la préférence des pays de langue allemande? Où en est le savoir sur Valéry et de quelle reconnaissance bénéficie-t-il du côté du public?

[haut]


Octavio Paz, lecteur de Valéry, par Rubén Gallo

Octavio Paz, prix Nobel de littérature, fut le plus francophile des poètes latino-américains du XXème. Parmi ses principales références françaises – Mallarmé, Apollinaire, Breton – Valéry prend une place importante. La vision de l’histoire et du passé dans l’œuvre de Paz suit de près les idées de Valéry.

[haut]


Symbolisme et « dépassement de la modernité » : la réception de Valéry au Japon, par Atsuo Morimoto

La réception de Valéry au Japon suit l’histoire de la relation intellectuelle des Japonais à l’Occident depuis la restauration de Meiji en 1868, quand commença la modernisation du pays et que le Japon s’efforça de rattraper et d’assimiler les sciences et les institutions occidentales avec l’espoir, si possible, de les dépasser. Dès les années 1920, Valéry représentait pour les écrivains japonais l’essentiel de l’esprit européen. On pensait que la compréhension profonde des œuvres symbolistes et des textes critiques qui y étaient étroitement liés (Baudelaire, Rimbaud, Valéry, Gide...) permettrait de saisir la limite de la modernité et d’entrevoir sinon d’atteindre ce qui se trouverait au-delà. C’est cette aspiration qui explique la passion pour Valéry de deux des critiques littéraires les plus importants de l’époque, Hideo Kobayashi (1902-1983) et Tetsutaro Kawakami (1902-1980), ainsi que de Hajime Tanabe (1885-1962), célèbre philosophe de l’école de Kyoto ; aspiration qui s’est ensuite fourvoyée dans une orientation plus ou moins nationaliste à l’époque de la Guerre sino-japonaise en 1937 et de la Guerre du Pacifique en 1941. Valéry est pour ainsi dire le miroir qui réfléchit les problèmes de la modernité tels que les vécurent les intellectuels japonais.

[haut]


La réception scandinave de Valéry, par Øystein Tvede

L’intérêt des Danois, des Norvégiens et des Suédois pour Valéry a connu son apogée à l’occasion des conférences de l’écrivain en Europe du Nord au mois de mai 1931. Des entretiens et témoignages permettent d’enrichir la connaissance que nous avons de cet important voyage, mais, au-delà de lui, Øystein Tvede évoquera la critique valéryenne scandinave ainsi que les raisons qui ont empêché Valéry d’obtenir le prix Nobel qu’il convoitait.

[haut]


Comment éditer Valéry ? par Michel Jarrety

Michel Jarrety dirige à la Sorbonne une équipe de recherches internationale qui va mettre en ligne à partir de 2016 l’intégralité des Cahiers de Valéry dont le manuscrit sera proposé en même temps que la transcription annotée. En 2016 encore, il fera paraître dans la collection « La Pochothèque » du Livre de Poche les Œuvres en deux volumes. Sa communication traitera des difficultés particulières que l’on rencontre aujourd’hui lorsqu’il s’agit d’éditer Valéry.

[haut]


 

Variations sur un paradoxe de Valéry : les éditions japonaises de Teste et de Léonard, par Masanori Tsukamoto

Valéry propose aux lecteurs japonais un paradoxe sur la possibilité même de la critique : comment peut-on créer tout en gardant une telle lucidité sur ce que l’on fait ? Jusqu’où la critique peut-elle pénétrer en matière de création ? En dehors de la poésie, ce paradoxe se concentre autour de la réception de deux figures éminemment valéryennes : Monsieur Teste et Léonard de Vinci, le premier incarnant l’esprit critique destructeur, le second l’esprit constructeur. Depuis la parution de Variété (1924), qui contient l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci et Note et digression, les études et traductions japonaises concernant Léonard et Teste se sont multipliées. Pour l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci (LV) et Note et digression (ND), on peut citer les traductions par Tetsutaro KAWAKAMI (LV, Hakuchigun, 1929), Ken.ichi YOSHIDA (LV) et Masaaki SATO (ND, Chikuma-shobô, 1942), Akimasa KANNO et Tôru SHIMIZU (LV) et Tsuyoshi MURAMATSU (ND, Chikuma-shobô, 1967), Kurô YAMADA (LV et ND, Iwanami-bunko, 1977), Hiroaki YAMADA (ND, Chikuma-shobô, 2011), Masanori TSUKAMOTO (LV et ND, Chikuma- gagugeibunko, 2013), Kunio TSUNEKAWA et Tsutomu IMAI (LV et ND, Heibonsha, 2013). Pour le cycle Teste, on a les traductions par Hideo KOBAYASHI (La soirée avec Monsieur Teste, Egawa-shobo, 1932), H. Kobayashi et Mitsuto NAKAMURA (Chikuma-shobô, 1942), Norio AWAZU (Gendai-shichôsya, 1967), Tôru SHIMIZU (Iwanami-bunko, 2004), Kunio TSUNEKAWA (Chikuma-shobô, 2011). La lecture des manuscrits et des Cahiers (traduction japonaise basée sur l’édition de la Pléiade, 9 tomes, Chikuma-shobô, 1980-1983) enrichit aussi la compréhension de l’œuvre. Mais dans quel sens ? Que reste-t-il des interrogations virulentes des premiers critiques et traducteurs, qui par leur lecture de Valéry contribuèrent profondément à la formation même de la critique dans les milieux littéraires au Japon ? On réfléchira ici aux fluctuations autour de ce paradoxe valéryen – lieu commun maintenant presque oublié – sur la relation entre conscience critique et activité créatrice.

[haut]


De quoi Valéry est-il le nom ? par William Marx

Soixante-dix ans après sa disparition, de quoi Valéry est-il aujourd’hui le nom ? Peu d’écrivains ont vu leur image tant changer, ces dernières années, par la publication continue des archives, des Cahiers et des correspondances, qui font chaque jour davantage prévaloir la part privée de l’œuvre sur sa face officielle et publique et exacerbent sans retenue les tensions fondatrices de cette écriture tantôt austère et impersonnelle, tantôt lyrique et voluptueuse. On se propose ici de faire le bilan de soixante-dix ans de réception et d’éditions, et en particulier de l’édition enfin achevée des Cahiers 1894-1914.

[haut]


Clôture du colloque par Michel Jarrety et William Marx


Biographies

Michel JarretyMichel Jarrety

Né en 1953, Michel Jarrety est ancien élève de l’École normale supérieure et professeur de littérature française à la Sorbonne depuis 1999. Parmi d’autres ouvrages, il a fait paraître La Critique littéraire du XXe siècle, La Morale dans l’écriture et La Poétique (PUF, 1998, 1999 et 2003) et dirigé un Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours (PUF, 2000). Il est l’auteur de très nombreux travaux sur Valéry dont une biographie parue chez Fayard en 2008

[haut]


Salah StétiéSalah Stétié

Né à Beyrouth en 1929, Salah Stétié y a été professeur et y a dirigé L’Orient littéraire et culturel, avant d’entrer dans la diplomatie : d’abord délégué de son pays à l’UNESCO, il a été ambassadeur aux Pays-Bas et au Maroc, puis en 1987 Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères libanais. De nouveau ambassadeur aux Pays-Bas en 1991 et 1992, il se consacre exclusivement depuis lors à son œuvre de poète qui lui a valu de nombreuses récompenses, dont le Grand Prix de la francophonie de l’Académie française en 1995. Auteur de très nombreux livres, il a récemment rassemblé quelques-unes de ses œuvres chez Robert Laffont sous le titre En un lieu de brûlure (2009) et fait paraître des Mémoires, L’Extravagance (2014).

[haut]


Jean-Michel Maulpoix

Né en 1952, Jean-Michel Maulpoix est ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud et professeur de poésie moderne et contemporaine à l'Université Paris III-Sorbonne nouvelle. Il a fait paraître des études critiques sur Henri Michaux, Jacques Réda, René Char, Rainer Maria Rilke et Paul Celan, ainsi que des essais (La poésie malgré tout, Mercure de France, 1995). Écrivain, il est l'auteur d'ouvrages poétiques, parmi lesquels Une histoire de bleu, L’Écrivain imaginaire et Domaine public (Mercure de France, 1892, 1894 et 1898).

[haut]


Philippe Delaveau

Né en 1950, Philippe Delaveau est l’auteur d’une dizaine de recueils de poèmes publiés par les Éditions Gallimard et de nombreux livres d’artistes (Alechinsky, Baltazar, Bertemès, Cortot, Hélénon, Laubiès,Youl, etc.). Ses derniers ouvrages sont Instants d’éternité faillible (2004), Son nom secret d’une musique (2008), Ce que disent les vents (2012) ; Le Veilleur amoureux, précédé d’Eucharis, a paru, avec une préface de Michel Jarrety, dans la collection « Poésie/Gallimard » en 2010. Membre de l’Académie Mallarmé et du PEN Club, Philippe Delaveau a reçu, entre autres, le prix Apollinaire (1989), le prix Max Jacob (1999), le Grand Prix de Poésie de l’Académie française (2000) et celui de la Société des Gens de Lettres, ainsi que le prix international Rainer Maria Rilke (2012).

[haut]


Jean-Yves Masson

Né en 1962, Jean-Yves Masson est professeur de littérature comparée à la Sorbonne, traducteur, éditeur, et écrivain.  Il a traduit en français et présenté de nombreux poètes autrichiens, allemands, irlandais, italiens du XXe siècle et quelques poètes de la période romantique. Ses travaux portent essentiellement sur la poésie, le théâtre et l’opéra, ainsi que sur la théorie et l’histoire de la traduction. Il est directeur de collection aux dirige Éditions Verdier, aux Éditions Galaade, et en collaboration avec Jean-René Ladmiral, aux Belles Lettres. Il dirige avec Yves Chevrel une Histoire des traductions en langue française en quatre volumes aux Éditions Verdier (2012-2016).

[haut]


 

Jean-Michel Rey

Né en 1942, Jean-Michel Rey a enseigné la philosophie et l'esthétique à l'Université de Paris VIII. Il est professeur émérite depuis 2008. Il a fait paraître une vingtaine de livres dont les plus récents ont été publiés aux Éditions de L'Olivier : Paul ou les ambiguïtés (2008), L'Oubli dans les temps troublés (2010) – et une trilogie, Histoires d'escrocs : La Vengeance par le crédit ou Monte-Cristo (2013), La Banqueroute en famille ou Les Buddenbrook (2014),  L'Escroquerie de l'homme par l'homme ou The Confidence-Man (2014).  Il est également l’auteur de Paul Valéry. L’aventure d’une œuvre (Le Seuil, 1991).

[haut]


Benoît Peeters

Benoît Peeters est né à Paris en 1956. Après une licence de philosophie, il a préparé le diplôme de l’école pratique des Hautes études sous la direction de Roland Barthes. Une longue complicité avec François Schuiten lui a permis de construire avec lui la célèbre série Les Cités obscures ; ces albums ont reçu de nombreux prix et ont été traduits dans le monde entier. Auteur de romans et d’essais, Benoît Peeters est aussi le biographe de personnages aussi différents qu’Hergé, Jacques Derrida et tout récemment Paul Valéry.

[haut]


Charles Dantzig

Charles Dantzig est écrivain. Il a publié de nombreux romans (Nos vies hâtives, prix Nimier et prix Freustié, Un film d’amour, Dans un avion pour Caracas), des essais tels que le Dictionnaire égoïste de la littérature française (cinq prix littéraires dont le prix Décembre et le prix de l’Essai de l’Académie française), l’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (prix Duménil), A propos des chefs-d’œuvre, premier livre sur la notion de chef-d’œuvre en littérature, des livres de poèmes (Que le siècle commence, prix Paul Verlaine, Les nageurs, l’anthologie La diva aux longs cils).  Il a reçu le prix jean Giono pour l’ensemble de son œuvre.

Éditeur chez Grasset, il dirige la collection Le Courage et la revue internationale du même nom (premier numéro : 2015), ainsi que la collection Les Cahiers rouges. Sur France Culture, il produit l’émission « Secret professionnel ».

Son dernier roman : Histoire de l’amour et de la haine (Grasset, septembre 2015).

[haut]


François Taillandier

Romancier, François Taillandier est notamment l’auteur d’Anielka (1999, Grand Prix du roman de l’Académie française) et d’une suite en cinq volumes, La Grande Intrigue (Stock, 2005-2010). Avec L’Écriture du monde et La Croix et le Croissant (Stock, 2013-2014), il a commencé un cycle romanesque où il entreprend de faire revivre les lointaines origines de la civilisation européenne moderne. Il a été administrateur, puis président de la Société des gens de lettres en 2006.

[haut]


Valerio Magrelli

Naissance à Rome 1957, études en Italie et en France, poèmes publiés à vingt ans dans Periodo Ipotetico ou Action Poétique, premier recueil (Ora serrata retinae) en 1980 chez Feltrinelli présenté par Enzo Siciliano : la carrière de Valerio Magrelli commence sous le signe du prodige, continue par la consécration universitaire et se poursuit par des parutions régulières (Nature e venature, Esercizi di tiptologia, Disturbi del sistema binario), y compris d’essais et de romans, jusqu’au prosimètre Geologia di un padre (Einaudi 2013) dont l’essentiel des parties en vers a été présenté par le site ‘poezibao’ à la même date. Récemment invité de la Mél (avec Pierre Bergounioux), il s’impose comme l’une des voix représentatives de la poésie italienne « post-lyrique ».

[haut]


Antonietta Sanna

Antonietta Sanna enseigne la littérature française à l’Université de Pise. Elle a consacré ses premiers travaux à l’étude de l’œuvre poétique de Paul Valéry et elle s’est intéressée ensuite aux recherches des poètes symbolistes et à l’étude du monologue dans le théâtre français du XVIIe siècle. Elle a publié de nombreux essais sur la génétique des textes, les rapports entre texte et image et sur le multilinguisme dans le processus créateur. Elle est membre de diverses équipes de recherche (en Italie, France, Canada, Brésil) et collabore avec des maisons d’édition et des institutions pour la promotion de la culture française.

[haut]


Jürgen Schmidt-Radefeldt

Né en 1939, Jürgen Schmidt-Radefeldt a soutenu en 1965 un doctorat en philosophie sur Valéry linguiste dans les « Cahiers » (Klincksieck, 1970) ; il est également titulaire de l’agrégation de linguistique romane. Professeur émérite de linguistique à l’université de Rostock, il a reçu en 1990 le prix Paul Celan du Deutscher Literaturfonds pour l’édition et la traduction des Cahiers et des Œuvres de Valéry (Éditions Fischer et Insel, Francfort s. M., 13 vol.).

[haut]


Rubén Gallo

Rubén Gallo, Professeur de Littérature à Princeton University, et l’auteur de plusieurs études sur la littérature latino-américaine et ses rapports avec la culture européenne: Freud au Mexique (Campagne Première, 2014), et Les latino-américains de Marcel Proust.

[haut]


Atsuo Morimoto

Atsuo Morimoto, né en 1970 au Japon, maître de conférences à l’Université Hitotsubashi (Tokyo) et correspondant de l’équipe Valéry de l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (CNRS), travaille sur les problèmes de la modernité littéraire et la réception du symbolisme français au Japon. Il est l’auteur et le traducteur de nombreux livres, parmi lesquels La Logique de Hideo Kobayashi : le beau et la guerre (Jimbun Shoin, 2002, en japonais), Paul Valéry : l’imaginaire et la genèse du sujet. De la psychologie à la poïétique (Lettres Modernes Minard, 2009), le tome III (Recherches en poétique) des Œuvres de Valéry (traduction en japonais avec Tatsuya Tagami, Chikuma Shobo, 2011), Mallarmé : la politique de la sirène de Jacques Rancière (traduction en japonais avec Kôji Sakamaki, Suiseisya, 2014), les 189 premières lettres des Correspondances à trois voix de Gide, Louÿs et Valéry (traduction en japonais avec Hironori Matsuda, Masanori Tsukamoto, Hiroaki Yamada, Suiseisha, à paraître)

[haut]


Øystein Tvede

Né en 1977, Øystein Tvede a soutenu à Oslo en 2011 une thèse sur Paul Valéry à paraître aux Éditions Garnier. Depuis 2012, il est membre de la rédaction du Dictionnaire de l’Académie de langue et de littérature norvégiennes.

[haut]


 

Masanori Tsukamoto

Masanori Tsukamoto, ancien pensionnaire étranger de l’École normale supérieure, docteur ès lettres de l’université Paris 12 (sous la direction de Nicole Celeyrette-Pietri), est professeur de littérature française à l’université de Tokyo (Institut des sciences humaines et sociales). Il a notamment publié :

— « Littérature et langage indirect chez Valéry », Valéry et l’idée de littérature, Sous la direction de William Marx, Fabula  : la recherche en littérature, « Colloques en ligne », 2011 (http://www.fabula.org/colloques/document1418.php)

— « « La bêtise n’est pas mon fort » — la notion de bêtise chez Valéry et chez Flaubert », Bulletin de la section française, Faculté des Lettres, Université de Rikkyo, n° 40, 2011, p.67-79.

— « La conscience comme événement — une relecture de L’Ange », Forschungen zu Paul Valéry, n° 24, 2011 p.53-70

— « Gradi del disegno. Per una poetica del sogno in Paul Valéry » (traduit par Benedetta Zaccarello), Atque, Nuova serie n.8/9, annno 2011, p.161-181.

— « La modernité et la simulation chez Valéry — les puissances de l’inachèvement », Paul Valéry : « Regards » sur l’histoire, 2008, p.327-334.

— « Les Paradis artificiels et Monsieur Teste : la théâtralisation de la conscience », La Licorne : « Baudelaire et les formes poétiques », n° 83, 2008, p.193-203.

—« Le récepteur productif — Pour une esthétique de la simulation chez Valéry », Forchungen zu Paul Valéry, n° 16, Christian-Albrechts-Universität Kiel, 2006, p.105-118.

— « Le langage du rêve, le langage d’images », Image, Imagination, Imaginaire autour de Paul Valéry, Textes réunis et présentés par Sang-Tai KIM, Minard, 2006, p.119-128.

— « «L’éternellement provisoire» — une poétique du fragment chez Paul Valéry », Littérature, n° 125, 2002, p.73-79.

— « Valéry et les choses vagues », Paul Valéry : dialogue Orient & Occident, Textes réunis et présentés par Kunio TSUNEKAWA, Minard, 1998, p.307-319.

— « Le souvenir de ce qui n'a jamais été », Paul Valéry : «Ovide chez les Scythes», Textes réunis par Huguette LAURENTI, Université Paul-Valéry, 1997, p.93-99.

— « Aux limites de l'"implexe" — La notion de l'implexe dans le cahier n° 240 », Paul Valery : Se faire ou se refaire : Lecture génétique d'un cahier (1943), Université Blaise-Pascal Clermont -Ferrand II, Centre de Recherches sur les Littératures Modernes Contemporaines, 1996, pp.97-107.

— « L'écriture et la simulation dans Agathe», Rémanences ("Paul Valéry : L'avenir d'une écriture"), N°4/5, juin 1995, pp. 131-140.

Edited with htmlg.com

[haut]


William Marx

William Marx, né en 1966, critique et professeur de littératures comparées à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense (Paris 10), fellow du Wissenschaftskolleg zu Berlin, membre honoraire de l’Institut universitaire de France, travaille sur l’histoire des discours critiques, des théories esthétiques et de l’idée de littérature depuis l’Antiquité. Il a dirigé l’équipe Valéry de l’Institut des textes et manuscrits modernes (École normale supérieure – CNRS) de 2007 à 2014, et a codirigé avec Nicole Celeyrettte-Pietri le tome XIII et dernier de l’édition des Cahiers 1894-1914 de Paul Valéry chez Gallimard, dont la parution est prévue à l’automne 2015. Il est l’auteur de nombreux livres, parmi lesquels Naissance de la critique moderne : la littérature selon Eliot et Valéry (1889-1945) (Artois Presses Université, 2002) ainsi que quatre essais publiés aux Éditions de Minuit et traduits en plusieurs langues : L’Adieu à la littérature : histoire d’une dévalorisation (xviiie-xxe siècle) (2005), Vie du lettré (2009, prix Montyon de l’Académie française), Le Tombeau d’Œdipe. Pour une tragédie sans tragique (2012) et La Haine de la littérature (2015).

[haut]


Dernière modification le vendredi, 11 décembre 2015 11:50
Plus dans cette catégorie : Stendhal en mouvement »