Prix des Muses / Singer-Polignac 2014

Posted in partenariats 2013-2014

Programme

Prix des Muses / Singer-Polignac

 

Annonce du palmarès et remise des prix 2014

Le Prix des Muses / Singer-Polignac qui célèbre cette année sa vingt-et-unième édition, s’est imposé comme l’un des événements marquants de l’activité musicale et littéraire en matière éditoriale. Il est destiné à distinguer des ouvrages en langue française consacrés à la musique classique, au jazz et aux musiques traditionnelles. Organisé par l'Association pour la création et la diffusion artistique (ACDA), il est soutenu par la Fondation Singer-Polignac depuis quatre ans.

Cette année, Olivier Bernard, le professeur Marie-Germaine Bousser, Jacques Doucelin, Alexandra Laederich, Laetitia Le Guay, Michel Parouty, Yves Petit de Voize et Claude Samuel en composent le jury.

prixdesmuses.fr

Oeuvres

Thomas Adès (1971-)

  • Quintette pour piano et cordes opus 20 (2000)
    • Part 1
    • Part 2
    • Part 3

Leos Janáček (1854-1928)

  • Concertino pour piano, deux violons, alto, clarinette, cor et basson
    • Moderato
    • Più mosso
    • Con motto
    • Allegro
  • Quatuor n°2 Lettres intimes
    • Andante
    • Adagio
    • Moderato
Interprètes

Quatuor Hermès

Quatuor Hermès

Biographie

Portrait Jonas VitaudJonas Vitaud piano

Né en 1980, il commence le piano à six ans et l'orgue à onze ans. Formé par Brigitte Engerer, Jean Koerner et Christian Ivaldi, il obtient au Conservatoire national supérieur de musique de Paris quatre 1ers prix  en piano, musique de chambre, accompagnement au piano, harmonie. Lauréat de plusieurs concours internationaux tant en soliste qu'en chambriste (Lyon, ARD de Munich, Trieste, Beethoven de Vienne), Jonas Vitaud se produit dans de prestigieux festivals : Roque d'Anthéron, Lille Piano(s) Festival, Orangerie de Sceaux, Piano aux Jacobins, Pâques et Août musical à Deauville, festival de la Chaise Dieu, Fêtes musicales de Nohant, festival Chopin de Bagatelle, Richard Strauss Festival en Allemagne, Automne Musical de Caserta en Italie, iDans d’Istanbul, Summer Festival de Dubrovnik, French May à Hong Kong.

Il joue dans toute l’Europe mais aussi en Russie, en Chine, en Turquie, au Japon, aux Etats-Unis. Jonas Vitaud se produit avec des orchestres comme celui de Mulhouse, Toulouse (orchestre du Capitole et orchestre de chambre), l'orchestre des Pays de Savoie, l'orchestre philharmonique de Moravie, l'orchestre de la radio de Munich, et avec des ensembles vocaux (Sequenza ou les Solistes de Lyon). Il réserve une place privilégiée pour la musique de chambre et joue avec des artistes tels Janina Baechle, Bertrand Chamayou, Henri Demarquette, Thierry Escaich, Christian-Pierre La Marca, Geneviève Laurenceau, Jean Ferrandis.

Passionné par les musiques actuelles, Jonas Vitaud a travaillé avec des compositeurs tels que Henri Dutilleux, Thierry Escaich, György Kurtag, Philippe Hersant. Il crée plusieurs pièces de Christian Lauba dont son triple concerto avec l'orchestre de Mulhouse.

En novembre 2011 paraît chez Orchid Classics son premier disque solo consacré à Brahms, un album salué par la critique (Supersonic Pizzicato award, ****).

[haut]


Portrait Omer Bouchez Omer Bouchez violon

Né en 1989, Omer Bouchez reçoit ses premières leçons de violon au Conservatoire à rayonnement régional d’Annecy à l’âge de six ans avec Johnny Zefferini. Il obtient son diplôme d’études musicales dix ans plus tard, et entre au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon, dans la classe de Marianne Piketty et Nathalie Geoffray-Canavesio.

Remarqué très tôt au concours de l’UFAM, il est deuxième prix du concours FLAME Jeunes Solistes à Paris en 2009. Cette même année, sa rencontre avec le grand pédagogue uruguayen Marian Fuks est déterminante et façonne sa personnalité de musicien. Il poursuit ses études à Berlin avec notamment Sylvain Picard, Eberhard Feltz et les membres du quatuor Artemis.

Passionné de musique de chambre, il rejoint en 2008 le quatuor Hermès, un des plus brillants ensembles français actuels. Suivi et encouragé par les quatuors Ysaÿe et Ravel, il est récompensé par plusieurs premiers prix internationaux (CIMCL 2009, concours de Genève 2011, Young Concert Artist de New York) et se produit régulièrement sur la scène française et à l’étranger. Les partenaires du quatuor Hermès sont Miguel da Silva, Kim Kashkashian, Juliette Hurel, Geneviève Strosser. Omer Bouchez est depuis 2013 en résidence avec le quatuor Hermès à la fondation Singer-Polignac. Omer Bouchez joue un violon de Paolo Antonio Testore fait à Milan en 1750.

[haut]


 

Portrait Elise Liu Elise Liu violon

Elise Liu commence le piano à l'âge de cinq ans au Conservatoire municipal de Châtelet dans le 1er arrondissement de Paris, puis débute le violon à huit ans chez Marie-Claude Cachot et choisit de se perfectionner dans cet instrument.

Elle obtient la mention «Très bien» à l'unanimité avec félicitations au conservatoire et intègre ensuite le Conservatoire national de région de Paris chez Suzanne Gessner où elle obtient la première médaille pour l'examen de sortie, trois ans plus tard.

La même année, elle est admise au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon à l'unanimité dans la classe de Vladimir Nemtanu et Kazimiertz Olechowski et obtient son master en juin 2010.

Elle a reçu pendant très longtemps les conseils de Matis Vaitsner ainsi que Frédéric Laroque, Olivier Charlier et Michèle Auclair.

Passionnée par la musique de chambre et l'orchestre, elle a joué sous la direction de Jean-Claude Casadesus avec l'Orchestre Français des Jeunes ainsi que Sir Colin Davis avec le Gustav Mahler Jugendorchester et se produit régulièrement avec le Quatuor Hermès en tant que second violon.

Le quatuor Hermès est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2013.

[haut]


Portrait Yung-Hsin ChangYung-Hsin Chang alto

Yung-Hsin Chang débute sa formation musicale par le piano à l'âge de cinq ans. Puis à douze ans, elle commence l’alto au collège musical de sa ville natale. Trois ans plus tard, elle est reçue par le département spécial pour jeunes musiciens à l'Université nationale des arts de Taïnan (Taïwan).

En 2004, elle poursuit ses études en France dans le cycle de formation professionnelle du Conservatoire national de région de Bordeaux où elle obtient un premier prix l'année suivante.

En septembre 2005, elle est admise à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon dans la classe de Tasso Adamopoulos et obtient en 2009 son diplôme national d'études supérieures musicales avec mention «Très bien» à l’unanimité et félicitations du jury. La même année, elle intègre l’Universität der Künste Berlin où elle est actuellement en konzertexamen. Parallèlement à sa carrière de chambriste, elle se perfectionne auprès de Miguel da Silva et de Hartmut Rohde.

Yung-Hsin est depuis 2013 en résidence avec le quatuor Hermès à la fondation Singer-Polignac.

[haut]


Portrait Anthony KondoAnthony Kondo violoncelle

Anthony Kondo débute le violoncelle à l'âge de cinq ans à l'Ecole nationale de musique de Cournon d'Auvergne avec Takashi Kondo.

A treize ans, il suit l'enseignement de Jean-Marie Trotereau (soliste de l'orchestre d'Auvergne), qui le conduira jusqu'à son entrée au Conservatoire national de région de Lyon dans la classe de Patrick Gabard. Il obtient son prix d'instrument mention très bien à l'unanimité en juin 2003.

L'année suivante, il part étudier chez Jean-Marie Gamard au Conservatoire national de région de Rueil-Malmaison où il obtient également son prix d'instrument.

En 2004-2005, il entre en cycle de perfectionnement au Conservatoire national de région de St-Maur dans la classe de Nadine Pierre. Il valide son Diplôme d'études musicales et obtient une mention très bien pour sa sortie. Parallèlement, il est inscrit en perfectionnement chez Jean-Marie Gamard au Conservatoire national de région de Rueil-Malmaison et obtient son perfectionnement mention très bien à l'unanimité avec les félicitations du jury. En septembre 2005, il présente le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et entre dans la classe d'Anne Gastinel. Il suit également une formation de musique de chambre, notamment en quatuor à cordes.

Il participe à de nombreuses master-classes où il bénéficie des conseils de grands violoncellistes tels que marc Coppey, Janos Starker..

Il se produit à plusieurs reprises en tant que soliste, notamment avec l'Orchestre symphonique Sostenuto. Il est le violoncelle du Quatuor Hermès en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2013.

[haut]


Portrait Amaury ViduvierAmaury Viduvier clarinette

Amaury Viduvier est né en 1990 à Neuilly-sur-Seine. Issu d'une famille d'artistes,  son père, clarinettiste de renom,  l'initie à son art dès l'âge de huit  ans. C'est une révélation pour Amaury qui va donner rapidement ses premiers concerts et gagner ses premiers concours nationaux (Bellan, UFAM) à l'âge de douze ans.

Amaury intègre le conservatoire du XIIe arrondissement de Paris puis le Conservatoire à rayonnement régional  de Paris dans la classe de Richard Vieille et Franck Amet.

Il remporte en 2008 le 1er grand prix du concours européen de musique en Picardie.

C'est en 2010, alors âgé de dix-neuf  ans, qu'Amaury est reçu premier nommé à l'unanimité au Conservatoire national supérieur de musique  de Paris. Il obtient la même année un 1er prix de perfectionnement à l'unanimité avec félicitations du jury au Conservatoire de Paris. Il est alors nommé clarinette solo de l'orchestre de la Cité Internationale ainsi que de l'ensemble Francilien et est régulièrement invité à jouer au sein des orchestres parisiens comme l'orchestre de Paris, l’orchestre national d’'Ile de France, l’orchestre Pasdeloup.  Il se produit également lors de récitals ou avec différentes formations de musique de chambre.

Il est depuis 2012 clarinettiste de la garde républicaine.

Amaury a récemment remporté le concours de la bourse Yamaha destinée à aider et produire les jeunes artistes en devenir. Il est en 2012 clarinettiste à l'académie internationale Gyorgy Sebök.

En 2013 Amaury se produit en direct sur France Musique entourés de musiciens de renoms à l'occasion de l’Août musical de Deauville ainsi qu'au festival de Pâques.

C'est la même année qu'Amaury obtient sa licence du Conservatoire national supérieur de musique de Paris à l'unanimité et avec  félicitations et à l'opportunité de participer à de nombreuses créations.

[haut]


Portrait Maxime TombaMaxime Tomba cor

Né en 1991 Maxime Tomba débute  le cor au Conservatoire national de région de Versailles dans la classe de Gilles Mahaud. En 2010 il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe d'André Cazalet. Il vient d’obtenir son diplôme de licence avec mention Très Bien.

Lors de masterclasses ou de stages, il reçoit les conseils de maîtres comme Jean-Michel Vinit, Benoit de Barsonny, Marie-Louise Neunecker, Kerry Turner, Francis Orval.

Maxime est régulièrement appelé dans les orchestres nationaux comme l'orchestre du Capitole de Toulouse, l'orchestre national de Lille, l'orchestre de Bretagne et l'orchestre de Paris où il a joué sous la baguette de grands chefs comme Pierre Boulez et Herbert Blomstedt.

En 2011 il a participé à l'orchestre français des jeunes en tant que cor solo. Il est aussi membre fondateur et cor solo du Sinfonia Pop Orchestra.

Maxime vient de remporter le concours de l’académie de l'orchestre de l’opéra de Paris avec lequel il travaillera cette saison. 

Il vient également d’être nommé cor solo à l’orchestre des Pays de Savoie.

[haut]


Portrait Rafael ANGSTERRafael ANGSTER basson

Né en 1992, Rafael Angster commence le basson à l’âge de huit ans au Conservatoire de Strasbourg dans la classe de Jean-Christophe Dassonville, où il obtient son diplôme avec la mention Très Bien en 2010. La même année, il intègre la classe de Gilbert Audin au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il poursuit ses études. Il a eu l’opportunité de se perfectionner auprès de musiciens renommés tels que Jean-Claude Montac, Laurent Lefèvre et Daniele Damiano, ainsi pour la musique de chambre qu’avec Laszlo Hadady et Jean-Noël Crocq.

Tant en soliste, chambriste ou musicien d’orchestre, Rafael s’est produit en concert dans de nombreuses salles prestigieuses en France et à l’étranger, telles que la salle Pleyel à Paris, le théâtre de la Fenice à Venise, et le Panthéon de Rome, sous la baguette de Susanna Mälkki, Pascal Rophé ou encore Stefano Montanari. En 2011, il a été basson solo de l’orchestre français des jeunes dirigé par Dennis Russell-Davies.

Il remporte à plusieurs reprises le Concours national des jeunes bassonistes de Limoges et est lauréat du Ve Concours International de basson K.M. von Weber à Wroclaw (Pologne) en 2012.

En avril 2012, il fonde Les Francs Bassons, un quatuor avec lequel il souhaite faire partager au public sa passion pour le basson et son répertoire. Les Francs Bassons sont lauréats cette même année du Concours international d’ensembles de bassons de Strasbourg.

[haut]


 

 

Présentation

Prix des Muses / Singer-Polignac 2014

Palmarès

Illustration Francis PoulencGrand Prix des Muses

Hervé Lacombe, Francis Poulenc (Éditions Fayard)

« Ma musique est mon portrait », disait-il peu avant sa disparition. Tout au long de son existence, Poulenc se présente, se peint, se confie, avoue même se confesser en musique. Plus sans doute que chez aucun autre compositeur, sa vie nourrit son œuvre. Écrire sa biographie, c’est éclairer son imaginaire, son style et son esthétique.

Se fondant sur nombre de sources inédites (correspondances, archives, témoignages), explorant les relations du musicien à sa famille, au milieu artistique et culturel de son temps, à l’église et au Tout-Paris, à l’avant-garde et à la tradition, aux musiques populaires et aux musiques du passé, croisant l’intime et le social, le travail secret du compositeur et l’activité publique du concertiste, éclairant les nombreuses contradictions qui animent cette personnalité hors du commun, Hervé Lacombe livre le portrait nuancé et foisonnant d’un homme à fleur de peau, déchiré par des aspirations et des désirs incompatibles, soucieux de prendre place dans l’histoire de la musique tout en restant fidèle à un monde dont il observe la disparition.

 


Illustration Richard Wagner : CorrespondancPrix spécial du Jury

Franz Liszt - Richard Wagner : Correspondance, édition présentée et annotée par Georges Liébert (Éditions Gallimard)

Publiée pour la première fois en France chez Gallimard, il y a soixante-dix ans, cette correspondance est aujourd’hui présentée dans une nouvelle édition, revue et augmentée.Pourvue d’un appareil critique très riche, comportant de nombreux documents en partie ou tout à fait inédits, elle éclaire l’amitié, parfois orageuse, qui unit Wagner et Liszt, dont l’aide au révolutionnaire proscrit que le premier a été après 1849 se révéla décisive. Elle permet de suivre, entre 1841 et 1882, la genèse des travaux théoriques de Wagner et de ses principaux chefs-d’œuvre, depuis L’Or du Rhin jusqu’à Parsifal, au fil d’une existence particulièrement mouvementée. Enfin, comme l’un et l’autre furent de grands voyageurs, elle constitue une source d’informations précieuses sur la vie musicale de leur temps, en Allemagne et dans la plupart des pays d’Europe, où ils se sont produits comme créateurs et interprètes.Autant dire qu’au moment où, deux ans après le bicentenaire de la naissance de Liszt, on célèbre celui de Wagner, ce livre comblera les wagnériens, les lisztiens, mais aussi tous les mélomanes désireux de mieux connaître une des époques les plus fécondes de l’histoire de la musique occidentale

{notschka_media}20140403-prix_special_jury{/notschka_media}


Illustration Les Voix d’un renouveauPrix de la musicologie

Harry Haskell, Richard Wagner : Correspondanc (Éditions Actes Sud)

Les Voix d’un renouveau retrace de façon synthétique l’histoire de la redécouverte de la musique ancienne et baroque, depuis les travaux des pionniers jusqu’aux interprètes contemporains. Véritable légende dans le monde anglo-saxon et unique ouvrage de référence sur le sujet, le livre de Haskell est paru en 1988 et a été réédité et revu en 1996. A l’occasion de sa publication en français, il a été actualisé et augmenté par l’auteur avec la collaboration du traducteur.

Courant dominant de la vie musicale d’aujourd’hui, le mouvement baroque, dont on a cru qu’il ne serait qu’une mode passagère, est devenu un phénomène de société. C’est son histoire que rappelle Les Voix d’un renouveau, afin qu’on n’oublie pas que la graine de la modernité n’a pu éclore que dans le terreau des pionniers


Illustration Mes scandalesPrix Coup de cœur du Jury

Gabriel Astruc, Mes scandales, édition introduite par Myriam Chimènes et Olivier Corpet (Éditions Claire Paulhan)

Gabriel Astruc (1864-1938) fut journaliste, éditeur et impresario. En 1902, il fonda la revue Musica et en 1904 la «Société musicale G. Astruc», vouée à l'organisation de concerts. Avec l'appui du comte Isaac de Camondo et de la comtesse Greffulhe, il organisa la Saison italienne en 1905 et les Saisons des Ballets Russes de Serge de Diaghilev dès 1907. En mars 1913, après avoir conçu et édifié le Théâtre des Champs-Élysées, il l'inaugura fastueusement par toute une série de concerts mémorables, puis dut s'en retirer en novembre de la même année, totalement ruiné.

Gabriel Astruc a rédigé en 1936 pour la radio, puis réuni en un volume resté inédit jusqu'à ce jour, quelques souvenirs, centrés sur quatre moments de bruit et de fureur, ces quatre « scandales » évoquent successivement Salomé de Richard Strauss, Le Martyre de Saint-Sébastien de Claude Debussy, Le Prélude à l'après-midi d'un faune, de Mallarmé et Debussy, Le Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky. La chance de tous ces artistes est d'avoir rencontré Gabriel Astruc qui, plus que tout autre, a permis de transfigurer leurs oeuvres, qui faisaient scandale il y a un siècle, en événements décisifs de l'esthétique moderne.


Illustration Théories de la composition musicale au XXe sièclePrix XXème siècle

Théories de la composition musicale au XXe siècle, sous la direction scientifique de Nicolas Donin et Laurent Feneyrou (Éditions Symétrie)

Le xxe siècle musical n’a eu de cesse de renouveler les langages, les techniques d’écriture et les outils technologiques, mais aussi d’en observer les principes, voire d’en prescrire les règles. Comme Baudelaire l’avait annoncé, avec la modernité naît l’exigence de l’artiste raisonnant son art et découvrant les lois en vertu desquelles il crée.

Nourris d’expériences littéraires ou plastiques, de concepts philosophiques et des avancées de la science (mathématique, physique, acoustique…), les compositeurs du siècle dernier nous ont ainsi légué nombre d’articles, d’entretiens, de lettres, de manifestes, de livres, de documents divers et de recherches parfois inédites, mais transmises par une tradition orale ou leur propre pédagogie.

Beaucoup de ces théories, individuelles ou collectives, explicites ou plus secrètes, ont été commentées par la musicologie, mais il n’en existait à ce jour aucun panorama synthétique destiné au mélomane, à l’étudiant ou au musicien. Théories de la composition musicale au xxe siècle entend combler cette lacune et montrer la vigueur de ces théories, de Schoenberg aux contemporains en passant par le minimalisme, et présente plus d’une soixantaine de chapitres de référence introduisant à des corpus d’écrits de compositeurs ou à des notions plus transversales, qui ont architecturé la musique occidentale tout au long du siècle passé.


Illustration Le Rêve du mondePrix Témoignages

Olivier Greif, Le Rêve du monde - Essais, témoignages et documents, sous la direction de Brigitte François-Sappey et Jean-Michel Nectoux (Éditions Aedam Musicae)

Figure discrète mais fascinante du dernier tiers du XXe siècle, Olivier Greif (1950-2000) apparaît dorénavant comme l’un des représentants essentiels de la musique contemporaine en France. D’une rare puissance émotionnelle, l’oeuvre de ce surdoué attire de plus en plus d’interprètes et conquiert des auditoires chaque fois subjugués. Une riche discographie, une série de douze DVD en témoignent, tandis que d’autres enregistrements (Britten, Poulenc) révèlent les interprétations captivantes de cet incomparable pianiste.

Pour saisir la réelle dimension d’Olivier Greif il manquait un ouvrage fondateur. Le voici. Essais et témoignages de compositeurs, d’interprètes, de personnalités du monde musical révèlent maintes facettes de son univers ; des repères biographiques et un catalogue des oeuvres en précisent l’apport ; de nombreuses illustrations et extraits de son Journal lèvent un coin du voile sur la part plus intime de son destin créateur.

Grâce au concours de l’INA, un CD d’oeuvres encore inédites au disque et un choix de ses entretiens radiophoniques complètent le portrait de l’artiste.

« Un jour viendra – je ne serai plus de ce monde – où ma musique vous submergera de son évidence », écrivait Olivier Greif. C’est chose faite.


Illustration Verdi-Wagner, Imaginaire de l'opéra et identités nationales Prix de l’essai

Timothée Picard, Verdi-Wagner, Imaginaire de l'opéra et identités nationales (Éditions Actes Sud)

“La fin de la musique !” : telle serait la conséquence de la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, si l’on en croit Thomas Mann, théoricien d’un véritable “choc des civilisations” dont les musiques de Verdi et de Wagner seraient les symboles. Savoir comment les deux compositeurs ont pu devenir les représentants par excellence de l’“italianité” et de la “germanité”, des cultures “méditerranéenne” et “nordique”, déterminer ce que l’on entend par là lorsque l’on est Italien ou Allemand, Français ou Anglais, d’hier ou d’aujourd’hui, tel est l’enjeu de ce livre.

En contrepoint, l’auteur se demande quelle figure est susceptible de jouer en France un rôle comparable. Il montre aussi combien cette confrontation se nourrit de lieux communs présents bien avant le xixe siècle, et remonte jusqu’aux origines de l’opéra, dont les principales nations européennes ne cessent de réécrire la naissance, pour mieux s’en attribuer la paternité


Illustration Libération du son Prix du document

Ivan Wyschnegradsky, Libération du son – Ecrits 1916-1979, textes réunis, présentés et annotés par Pascale Criton (Éditions Symétrie)

Né en 1893 à Saint-Pétersbourg, Wyschnegradsky a émigré en France en 1920 et a vécu à Paris jusqu’à sa mort, en 1979. Si ses années d’études et l’éclosion de sa vocation se déroulent en Russie, l’ensemble de son œuvre de maturité voit le jour sur le sol français. Plus d’un siècle après sa naissance – et trente ans après sa mort –, nous avons voulu relier les pans d’une histoire dispersée et restituer les échanges esthétiques qui marquent, au début du xxe siècle, les relations entre la Russie et l’Europe. Cette époque, largement décrite et commentée dans les domaines de la peinture (de Malévitch à Kandinsky), du cinéma, de la danse et de la littérature, n’a pas encore fait l’objet d’une analyse approfondie dans le domaine de la musique. En rassemblant en un seul volume les écrits inédits de la période russe (1916-1925) ainsi que les nombreuse contributions de Wyschnegradsky à des revues musicales dans les décennies ultérieures, cette édition critique et commentée des écrits du compositeur permet de rendre lisible la continuité de sa pensée esthétique et théorique et de réinterroger le contexte artistique dans lequel son œuvre a été élaborée


Illustration Othmar Schoeck Prix de la découverte

Beat Föllmi, Othmar Schoeck (Éditions Papillon)

« Il me manquait un ami musicien avec lequel je pusse non seulement parler musique, mais qui eût pu exécuter pour moi des oeuvres de toute nature de façon récapitulative, en les résumant et le cas échéant en les expliquant. Cela, Schoeck pouvait le faire et je me liai d'amitié avec lui d'une façon rapide, cordiale, universelle et charmante comme jamais auparavant dans mes nombreuses relations avec des musiciens. Pendant plusieurs années, il fut pour moi le portier et le gardien du trésor d'un monde que je n'aurais pu parcourir autrement et de manière aussi immédiate et aussi libre. » (Hermann Hesse, 1936 )

Au terme de la lecture de cette biographie éclairante, le lecteur ne souhaite qu’une chose : écouter l’oeuvre du compositeur. Le défi est donc excellemment relevé et Schoeck s’en trouve immédiatement grandi… Une sorte de réhabilitation par le livre qui envisage d’autres dévoilements tout aussi intéressants.


Illustration Confidences sur la musique Mentions

Igor Stravinski, Confidences sur la musique, textes et entretiens choisis, édités et annotés par Valérie Dufour (Éditions Actes Sud)

Tantôt icône, tantôt démon, Igor Stravinski (1882-1971) n’a cessé de faire l’objet d’interprétations et d’observations, parfois très enflammées. Dans ces Confidences sur la musique, le compositeur reprend la parole. L’ouvrage rassemble des écrits que le musicien a publiés dans la presse avant 1940 et un choix d’entretiens qu’il a accordés à la même époque. Il nous parle de modernité, de révolutions – russe, musicale, technologique, spirituelle… –, de l’inspiration, de l’ordre ou de la beauté. Au travers de ses attachements, de ses rejets, de ses obstinations, et de son besoin de se faire entendre au-delà de sa musique, se dévoile une autre voix du compositeur. Ce Stravinski-là est littéral.

 

Illustration Comment la musique est devenue romantique Mentions

 

Emmanuel Reibel, Comment la musique est devenue romantique (Editions Fayard)

Le mot « romantique », si couramment employé aujourd’hui, évoque dans son acception la plus répandue l’effusion et la fièvre lyrique, dont la musique serait l’expression privilégiée. Voilà qui surprendrait bien des musiciens du XIXe siècle. Comment le mot « romantique », qui possédait au XVIIIe siècle une connotation visuelle (renvoyant à la dimension pittoresque des jardins à l’anglaise) et un sens poétique (lié aux romans de chevalerie médiévale), a-t-il pu progressivement qualifier des objets musicaux ? Emmanuel Reibel considère ici le romantisme non plus comme une période, un style ou une mystérieuse essence déterminant les œuvres, mais comme un mot polémique et contradictoire, témoignant d’une nouvelle façon d’entendre la musique.

De Rousseau à Berlioz en passant par le style « troubadour », la mode ossianique, l’engouement pour les musiques populaires comme le « ranz des vaches », le rossinisme ou l’école « fantastique », cet essai explore les mutations picturales, mémorielles, nationales et idéologiques impliquées par la « romantisation » de la musique.

L’ampleur de la documentation – partitions, traités, correspondances de musiciens et textes littéraires – et une belle élégance d’expression soutiennent une démonstration rigoureuse d’esthétique historique.