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Missions de la fondation : Musiques : Concerts
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Mardi, 22 juin 2010
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Description :

Entre romantisme et classicisme

Notre saison musicale 2009-2010 s'achève par un programme très varié. Entre des œuvres aussi différentes, le seul point commun visible est l'amour et le plaisir de la musique... mais, après tout, l'idée d'un programme cohérent, illustrant un sujet ou une partie du répertoire, est une invention moderne. On préférait autrefois passer librement d'une œuvre à l'autre, pour faire de chaque concert un mini-festival.

J'en ai retrouvé un exemple, parmi beaucoup d'autres, dans ce programme donné à Paris, salle Feydeau, le 7 février 1797, ainsi présenté dans un journal de l'époque :

"Aujourd'hui 19 Pluviose : le citoyen Sallentin exécutera un concerto de hautbois ; le citoyen Garat chantera un air italien de Cherubini ; On exécutera un andante d'Haydn ". Puis, en seconde partie "On exécutera pour la seconde fois la nouvelle symphonie du citoyen Méhul ; la citoyenne Walbonne-Barbier chantera un air de Cimarosa ; la citoyenne Candeille sur le forte piano un morceau de Dumcek ; suivi d'une valse variée de Mozart ; la citoyenne walbonne Barbier et le citoyen Garat chanteront le duo d'Armide, etc, etc..."

Voilà qui nous change des intégrales Beethoven et des programmes exclusivement consacrés à l'orchestre ou à la musique de chambre... Pourtant, dans leur diversité même, toutes les œuvres que vous entendez ce soir ont un point commun : car chacune marque une forme de compromis entre le romantisme (si l'on définit ainsi l'élan d'une libre expression musicale) et le classicisme (considéré comme le modèle central de la grande tradition européenne).

Chopin

Chopin en offre l'illustration parfaite, lui le romantique absolu qui ne concevait pas de commencer une journée sans jouer quelques préludes et fugues de Bach ; et lui dont la musique, même à ses points culminants d'intensité, reste toujours si parfaitement construite, contrôlée, équilibrée.

Le début de ce programme vous permettra ainsi d'entendre la première Ballade, de forme apparemment très libre, au discours lyrique et romantique – mais en même temps solide comme une sonate de Beethoven. Même les deux petites valses que nous entendrons ensuite, rabâchées sur le piano dans tant de familles bourgeoises, se distinguent de toutes les valses du temps par le choix si raffiné des harmonies, des contrechants – que ce soit dans le registre mélancolique de la valse op.69 n°1 ou dans le style plus brillant de la valse op.70 n°1.

Brahms : Sonate n°2 pour clarinette et piano.

Avec la seconde sonate pour clarinette et piano de Brahms, nous franchissons cinquante ans, pour nous retrouver en 1894, à la toute fin du siècle romantique. Mais Brahms, lui-même, a cherché continuellement un équilibre entre l'expression romantique et une forme issue du classicisme. Contre Wagner et son romantisme exacerbé, il s'est voulu fidèle à la tradition de Beethoven, Schumann et Schubert.

A la fin de sa vie, Brahms trouve certes un style de plus en plus personnel, libre, inventif. Il reste cependant nourri par cette science du contrepoint qui en fait une sorte de Bach romantique.

Cette seconde sonate, comme toutes les œuvres avec clarinette, est née de la rencontre avec un interprète. En 1890, au cours d'un voyage à Meiningen, Brahms a sympathisé avec le clarinettiste Richard von Mühlfeld, avec lequel il passe la plus grande partie du séjour, se faisant jouer tout le répertoire et expliquer les différentes possibilités de l'instrument. Quatre partitions vont alors voir le jour qui forment, avec les Klavierstücke, le dernier grand pan de l'œuvre de Brahms : le trio avec clarinette opus 114, puis le quintette pour clarinette et quatuor à corde, et enfin deux sonates pour clarinette et piano – écrites quatre ans plus tard, à l'occasion d'une nouvelle rencontre avec Mühlfeld.

La seconde sonate est l'une des toutes dernières partitions du compositeur, d'expression presque crépusculaire, qui souligne cependant le goût grandissant du musicien pour une certaine concision alliée à la richesse de chaque détail.

D'Indy

Dans les mêmes années en France, l'influence wagnérienne l'emporte chez les jeunes compositeurs, à l'image de Vincent d'Indy. Mais d'Indy lui même passera toute sa vie à tenter de conjuguer le grand souffle wagnérien avec une obsession pour l'architecture instrumentale, dans la lignée de Beethoven et de Franck.

D'Indy, comme Chopin et Brahms, aime également l'esprit de la musique populaire. On le sent dans Chanson et danses – un divertissement pour septuor à vent (flûte, hautbois, deux clarinettes, cor, deux bassons), créé le 7 mars 1899 à la Société des instruments à vent, après les succès de Fervaal et de la Symphonie cévenole.

La Chanson en trois strophes est un mouvement lent, où l'on reconnaît le thème de Siegfried Idyll. Mais l'oeuvre vaut surtout par son allegro, très vif rythmiquement et difficile à jouer dans son écriture syncopée. Ce rondo à refrain s'achève par le retour cyclique du thème, où l'on reconnaît le disciple de César Franck.

Strauss

Richard Strauss, lui même, oscillera sa vie durant entre romantisme et classicisme. Ses poèmes symphoniques et ses premiers opéras portent certes l'empreinte wagnérienne, avec son amour de la puissance sonore et sa tension chromatique. Mais le compositeur, dans sa jeunesse puis dans sa maturité, s'est montré tout aussi fasciné par la tradition classique.

Mozart, Haydn, Brahms et Schubert sont ses premiers modèles à l'âge de vingt ans ; on l'entend dans cette Suite op.4 pour 13 instruments composée en 1884 : une oeuvre encore conventionnelle, à la coupe de sérénade italienne, mais qui préfigure le retour de Strauss vers le classicisme à partir du Chevalier à la rose.

Escaich

Entre Richard Strauss et le vingt et unième siècle, les questions du classicisme et du romantisme ont paru s'effacer, au profit de la modernité. Mais l'histoire ne cesse se ressourcer, et le compositeur Thierry Escaich présente lui même, aujourd'hui, plus d'une affinité avec le classicisme et le romantisme.

Ce grand artiste, que nous sommes heureux d'accueillir suscite l'admiration, en France et dans le monde, comme organiste et comme compositeur. Il a appris la musique à l'accordéon avant de recueillir tous les premiers prix du conservatoire ; mais ce surdoué n'est pas seulement un fort en thème. Dès ses premières oeuvres, tout en assimilant parfaitement les courants de la musique moderne, il a montré un tempérament libre et personnel, au grand souffle romantique, appuyé sur une musique magnifiquement construite.

Le foisonnement rythmique, harmonique, contrapunctique n'empêche pas Escaich de s'aventurer parfois sur des terres plus légères. Composé en 2004, son Magic circus pour octuor à vent fut créé dans une première version par l'ensemble Aédès, à l'occasion d'une manifestation de l'école nationale du cirque. Cette œuvre en un seul mouvement comporte une partie centrale plus lente, comme un clin d'oeil à tous les "clowns tristes", avant une apothéose rythmique caractéristique de Thierrry Escaich.

Benoit Duteurtre

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Oeuvres :

Frédéric Chopin (1810-1849)

Ballade n° 1 pour piano en sol mineur opus 23

Valse pour piano en la bémol majeur opus 69 n°1

Valse pour piano en sol bémol majeur opus 70 n°1

Romain Descharmes piano


Johannes Brahms (1833-1897)

Sonate n° 2 pour clarinette piano en mi bémol majeur opus 120 n° 2

  • 1.Allegro amabile
  • 2.Allegro appassionato
  • 3.Andante con moto

Olivier Patey clarinette Romain Descharmes piano



Richard Strauss (1864-1949)

Suite en si bémol majeur pour treize instruments à vent opus 4

  • 3. Romanze. Andante
  • 4. Gavotte. Allegro

Vincent d'Indy (1851-1931)

Chansons et danse pour septuor à vent opus 50

     

Thierry Escaich (1965)

Magic Circus pour octuor à vent (2004)


Ensemble Initium :

Edouard Sabo, Julien Vern flûte

Guillaume Deshayes, Armel Descotte hautbois

François Lemoine, François Tissot clarinette

Batiste Arcaix, Franck Sibold, Sylvie Chapellebasson

Julien Desplanque, Stéphane Bridoux, Maxime Lekeux, Kostia Boureau cor

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Interprètes :

 

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  • Romain Descharmes piano
  • Olivier Patey clarinette
  • Ensemble Initium

Romain_DescharmesRomain Descharmes piano

Né en 1980, Romain Descharmes a obtenu quatre prix mention très bien au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, notamment dans les classes de Jacques Rouvier, Bruno Rigutto, Christian Ivaldi. Par ailleurs, il a alors reçu les conseils de Pierre Boulez pour un disque consacré à la musique contemporaine.

Premier grand prix en 2006 du concours international de Dublin, il se produit alors en récital sur de nombreuses scènes prestigieuses : Carnegie Hall à New York, Wigmore Hall à Londres, National Concert Hall à Dublin, Minato Mirai Hall à Yokohama, Tsuda Hall à Tokyo.

Depuis, il a été l’invité de nombreux festivals en France et à l’étranger, tels que La Roque d’Anthéron, Piano aux Jacobins, festival de Radio France, Rencontres Internationales Frédéric Chopin, Serres d’Auteuil, Nancyphonies, St-Jean-de-Luz, Festival Agora, festivals Arties en Inde, Beyrouth, Cervantino au Mexique.

Il participe à de nombreuses émissions radiophoniques et télévisuelles (France Musique, Mezzo, NHK-Japon ), et joue en compagnie d’artistes tels que Roland Daugareil, Henri Demarquette, Laurent Korcia, Sarah Nemtanu, l’ensemble Court-Circuit, le quatuor Ebene, le Berliner Philarmoniker Quintett. Son 1er disque enregistré à Londres, chez Claudio Records est consacré à Brahms. Il vient également d’enregistrer un disque Ravel chez Audite.

 

Olivier_Pateyx600Olivier Patey piano

Né le 3 juillet 1981, Olivier Patey est reçu premier nommé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Michel Arrignon en février 2001.

Olivier Patey est actuellement soliste du Mahler Chamber Orchestra, et cosoliste des orchestres de la Garde républicaine. Il a aussi eu l’occasion de travailler au sein d’orchestres de renom comme l’orchestre national de Lille, l’orchestre philharmonique de Radio-France, l’orchestre national de France, l’orchestre de l’Opéra de Paris, l’orchestre du Capitole de Toulouse.

En septembre 2003, pour sa première participation à un concours international, il remporte le prestigieux concours de l’ARD de Munich, où lui sont attribués également le prix du public et le prix décerné par l’orchestre de chambre de Munich pour son interprétation du concerto pour clarinette de Mozart. À partir de cet instant, Olivier Patey entame une carrière de soliste, et parcourt l’Europe en se produisant avec des orchestres de renommée internationale tels que la Philharmonie de Prague, l’orchestre philharmonique de la Südwestfallen, l’orchestre de chambre de Munich et l’orchestre de la Bayerische Rundfunk. Puis en juin 2005, il remporte au Danemark le 1er prix du non moins prestigieux concours international Carl-Nielsen, et poursuit alors son périple musical vers la Scandinavie, l’Europe de l’Est et l’Amérique du Sud en se produisant avec les orchestres d’Odense, Norrköping, l’orchestre symphonique de Barquisimeto, l’orchestre de chambre de Bratislava, l’orchestre de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg et l’orchestre national d’Ukraine pour la première édition du festival les Virtuoses de la planète.

Issu du cycle de perfectionnement du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il y obtient son diplôme de formation supérieur de clarinette en juin 2005 et remporte le concours interne des « avant-scènes », soutenu par le mécénat musical Société générale. Olivier Patey est également lauréat du programme Déclic (CulturesFrance).

Chambriste apprécié, il participe aux festivals d’été de musique au château de l’Empéri, de Salon-de-Provence, des Nuits musicales catalanes de Perpignan, de Musique sur Ciel à Cordes-sur-Ciel, de l’ARD Kammermusikfest en Allemagne, du Cervantino au Mexique, Arties Festival en Inde et bien d’autres, à l’occasion desquels il collabore avec d’éminents solistes tels que Laurent Cabasso, Paul Meyer, Gilbert Audin, Emmanuel Pahud, Philippe Berrod, Romain Guyot, Laurent Lefèvre, Danjulo Ishizaka, Christoph Poppen, le Sjaellands Strygeqvartet, le quatuor Amedeo Modigliani.

 

lensemble_initiumx400Ensemble à vent Initium

L’ensemble Initium a été créé en 2005 au sein de la classe de musique de chambre de Maurice Bourgue au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Formation à géométrie variable capable de se produire du trio aux symphonies pour vents, cet octuor à vent est formé de jeunes professionnels de la musique s’étant perfectionnés dans la pratique de leur instrument avec les meilleurs représentants actuels de l’école française des bois et des cuivres (Jacques Tys, Pascal Moraguès, André Cazalet, Marc Trenel, Gilbert Audin, Daniel et Michel Arrignon). Il a également reçu dans le cadre du conservatoire, les conseils éclairés de personnalités musicales telles que Michel Lethiec, David Walter et Thierry Escaich.

Formation originale peu présente sur la scène musicale française, l’octuor à vent possède un répertoire riche d’œuvres originales. L’intérêt nouveau suscité pour les ensembles à vents à la fin du XVIIIe siècle a fait naître un grand nombre de sérénades.

Plusieurs d’entre elles représentent l’aboutissement des recherches sonores initiées par les instrumentistes compositeurs originaires de Bohème et Moravie (Wendt, Sedlak, Stadler, Krommer) et une référence pour tous les compositeurs écrivant pour vents (Beethoven par exemple écrira en 1793 un octuor à vent pour deux hautbois, deux clarinettes, deux cors, deux bassons).

De nombreux arrangements seront effectués pour cette formation, parfois par les compositeurs eux-mêmes (opéras de Mozart, Fidelio, 4e et 7e symphonies de Beethoven, le Barbier de Séville, l’Italienne à Alger). Les œuvres pour instruments à vent de Mozart iront jusqu’à influencer Anton Dvořák et Richard Strauss comme en témoignent la Sérénade opus 44 du compositeur tchèque et les compositions pour vents de l’auteur du Chevalier à la rose.

Reprenant la tradition héritée des interprètes arrangeurs du XVIIIe siècle, les musiciens de l’ensemble ont entamé un travail de transcription d’œuvres romantiques et modernes, proposant au public de découvrir des pages de Mendelssohn, Brahms, Wagner, Bizet, Grieg, Elgar, Satie, Prokofiev, de Falla ou Korngold. L’ensemble Initium est lauréat 2006 du concours européen de musique d’ensemble organisé par la Fnapec (Fédération nationale des associations de parents d'élèves des conservatoires et écoles de musique, de danse et d'art dramatique) et a obtenu en juin 2009 un 1er prix de musique de chambre mention très bien à l’unanimité au Conservatoire de Paris.

Invité par France Musique, l’ensemble s’est produit dans les émissions « Dans la cour des grands » en janvier 2007 et « En direct des festivals » en juillet de la même année. Il est également invité à se produire dans différents festivals et lieux prestigieux tels que Comminges, festival Saint-Étienne-du-Mont à Paris, festival Musique sur Ciel, festival de Pâques de Deauville, Concertgebouw d’Amsterdam. L’ensemble Initium est associé aux vingt-deux cordes de L’Atelier de musique et est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.

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Mardi, 18 mai 2010
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Description :

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Oeuvres :

Peter Eötvös (1944-)

Two poems to Polly pour un violoncelliste parlant (1998)

Manuel de Falla (1876-1946)

Concerto pour clavecin et cinq instruments (1923-1926)

Karlheinz Stockhausen (1928-2007)

Violoncello de Orchester Finalisten pour violoncelle et projection sonore (1995-1996)

Pierre Boulez (1925-)

Messagesquisse pour alto solo et six altos, sur le nom de Paul Sacher (1976)

Salvatore Sciarrino (1947-)

Introduzione all’oscuro pour douze instruments (1981)

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Interprètes :

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BIOGRAPHIES

Ensemble le Balcon

Le Balcon est un ensemble dédié à l’interprétation sur instruments sonorisés. L’objectif de l’ensemble est multiple : stimuler de façon intensive l’écriture pour instruments acoustiques amplifiés et repenser l’esthétique du concert par la recherche de nouveaux moyens de diffusion, d’interprétation et de composition. La programmation inclut aussi des œuvres du répertoire dont les caractéristiques instrumentales et acoustiques révèlent les enjeux de cette esthétique.

La sonorisation systématique permet la réalisation du concert sous toutes ses formes et dans tout lieu : salle de spectacle, lieu public, espace ouvert, lieu de passage… Le dispositif de sonorisation permet de s'affranchir de l'acoustique d'un lieu mais aussi de proposer à un plus large public un répertoire réservé habituellement à celui qui se déplace au concert. L’idée du Balcon est de donner à entendre la musique issue de la recherche sur le langage musical de la même manière que celle diffusée dans les espaces publics, c'est-à-dire non choisie par l’auditeur, « les oreilles n’ont pas de paupières ».

Ce principe offre également de nouvelles possibilités d’interprétation et en particulier sur le plan du jeu instrumental ; le rapport entre le geste et ses composantes visuelles et acoustiques s'en trouve bouleversé. En effet, dans le cas de l’exécution d’œuvres du XXe et XXIe siècles dont l’esthétique a comme moteur le geste instrumental, l’amplification augmente les possibilités techniques de chaque instrument, modifie leur timbre et transforme les plans sonores. Le Balcon est en résidence de travail à la Fondation Singer-Polignac et sa saison de concert a principalement lieu en l’Eglise Saint-Merri à Paris.

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Maxime_PascalMaxime Pascal direction


Maxime Pascal, né en 1985, a grandi à Carcassonne où il débute le piano puis le violon à l’âge de neuf ans. Après des études de musique à Tarbes et à Bayonne, il est reçu en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il y reçoit les prix d’harmonie, d’analyse musicale, de polyphonie de la renaissance et d'écriture. Il étudie parallèlement l’orchestration (Alain Louvier, Denis Cohen) ainsi que la direction d’orchestre (François-Xavier Roth, Nicolas Brochot).

Maxime Pascal fonde en 2008 l’ensemble à géométrie variable Le Balcon dédié à la création et à l’interprétation sur instruments sonorisés. Il crée ainsi les pièces de Pedro Garcia-Velasquez, Mathieu Costecalde, Juan-Pablo Carreño, Marco Suarez et dirige aussi de nombreuses œuvres de Salvatore Sciarrino, Maurice Ravel, George Crumb, Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen. En 2009, Il réalise avec le pianiste Alphonse Cemin une version française du Pierrot Lunaire de Schönberg, créée avec la soprano Julie Fuchs. La même année il donne une version sonorisée de The Viola in my Life de Morton Feldman avec l’altiste Lucia Peralta dans un concert au cours duquel est aussi entendue la création française des Douze mouvements pour ensemble de chambre de Jacqueline Nova, figure majeure de la musique colombienne. Parmi ses dernières représentations, on retiendra notamment celle d’Examen de Karlheinz Stockhausen ainsi que Les Noces d’Igor Stravinski.

Depuis septembre 2007, Maxime Pascal est également directeur musical de l’orchestre Impromptu, formation symphonique constituée d’une soixantaine d’instrumentistes avec laquelle il donne une dizaine de concerts par an.

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Florent_DerexFlorent Derex direction technique


Né en 1984, Florent Derex est diplômé de la formation supérieure aux métiers du son au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

Il fait ses premiers pas en tant que preneur de son à la radio. En 2007, lors du festival d’Aix-en-Provence, il est en charge pour Radio Classique de la captation de L’Enlèvement au Sérail par Les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski, ainsi que des concerts de la programmation du Grand théâtre de Provence avec le Berliner Philharmoniker et le Mahler Chamber Orchestra.

Puis, pour France Musique, il est assistant musicien metteur en onde pour plusieurs séries de concerts au théâtre du Châtelet, à la salle Pleyel et au théâtre des Champs-Élysées.

Depuis 2008, en tant que directeur artistique et preneur de son, il a réalisé une dizaine de disques, dont les plus récents sont Sphénogrammes de Miha Rogina (Fondation Meyer), Motets de Marc-Antoine Charpentier pour l’ensemble Correspondances (Harmonia Mundi), ainsi que plusieurs collaborations avec le chœur national des Jeunes et avec l’ensemble vocal Aedes. Florent Derex rencontre en juin 2008 les compositeurs Juan-Pablo Carreño, Pedro Garcia-Velasquez et Mathieu Costecalde, ainsi que le jeune chef Maxime Pascal. Ils créent ensemble le projet du Balcon dans lequel il est chargé de la direction technique.

Florent Derex est également lauréat du mécénat musical Société Générale.

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Répétition générale pour Deauville
Vendredi, 16 avril 2010
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Description :

Ce programme nous invite à retrouver l'esprit et le répertoire du salon Polignac entre les deux guerres, alors même que la princesse se trouvait à la pointe d'une certaine modernité.

 

Les deux époques du salon

Il faut rappeler en effet que ce salon a connu plusieurs grandes époques ; la première commence dès les années 1880, alors que Winnaretta Singer était princesse de Scey Montbéliard. L'esthétique dominante est alors symboliste et wagnérienne, comme en témoignent les premiers concerts donnés dans l'atelier, avec des artistes comme Chabrier, Fauré, d'Indy, Chausson.

L'édification du nouvel hôtel en 1905 ne modifie pas radicalement cette orientation, mais la princesse montre une sympathie grandissante pour les nouvelles figures de la musique moderne : Debussy et Ravel en tête qui donnent énormément d'œuvres en première audition, souvent jouées au piano par Ricardo Viňes. Et cette orientation moderniste va s'accentuer encore avec l'arrivée à Paris de Stravinski et des Ballets russes, qui entretiennent bientôt des relations privilégiées avec la mécène.

C'est ainsi qu'on arrive à la deuxième grande période du salon, après la guerre. Désormais, Winnaretta, au risque de se fâcher quelque peu avec ses vieux amis (Saint-Saëns, Hahn, d'Indy), va se tourner résolument vers la jeune école d'avant-garde, toute pétrie de Debussy et de Stravinski. Le salon s'ouvre aux jeunes compositeurs du groupe des Six et à leurs amis de l'école de Paris, mais aussi à l'avant-garde allemande représentée par des artistes comme Kurt Weill et Paul Hindemith – sans parler des compositeurs nord et sud-américains.

Winnaretta aura ainsi épousé la modernité de plusieurs générations successives – trait remarquable quand, souvent, on accompagne le modernisme de sa propre génération, avant d'être dépassé par la suivante !

 

De Ravel à Hindemith

Notre programme, ce soir, est emblématique de cette seconde période du salon, avec d'abord deux des grandes références de l'école moderne : Ravel et Stravinski – mais aussi une des figures montantes de la jeune génération : Paul Hindemith.

La Pavane pour une infante défunte date de 1899. Elle est dédicacée à la princesse de Polignac et fut créée par Ricardo Viňes. Il s'agit d'une œuvre de jeunesse, où apparaît encore nettement l'influence de Gabriel Fauré : on y retrouve l'écho de sa propre pavane aux couleurs modales un peu archaïsantes. Mais le charme de cette page a toujours séduit le public. Ravel, modeste, disait qu'elle existait surtout par l'art qu'y mettaient les interprètes ; et je suis sûr que Guillaume Vincent nous en donnera une nouvelle preuve. Quant au titre, le compositeur affirmait l'avoir choisi pour le seul plaisir de l'allitération : « infante défunte »

Composé en 1918, le Ragtime de Stravinski suit immédiatement l'Histoire du soldat, dont il se rapproche par sa couleur de bastringue, et ses emprunts à la musique populaire. Stravinski décrivait cette partition comme significative de « l'appétit que me donnait alors le jazz, jailli d'une façon si éclatante aussitôt la guerre finie. Sur ma demande, on m'avait envoyé toute une pile de cette musique qui m'enchanta par son côté réellement populaire et par la fraîcheur et la coupe encore inconnue de son mètre, langage musical révélant ostensiblement sa source nègre. Ces impressions me suggérèrent l'idée de tracer un portrait-type de cette nouvelle musique de danse, et de lui donner l'importance d'un morceau de concert, comme autrefois les contemporains l'avaient fait pour le menuet, la valse, la mazurka, etc. Voilà ce qui me fit composer mon Ragtime pour onze instruments : instruments à vent, à cordes, percussion et un cymbalum hongrois. »

Le mot portrait est important dans ces lignes, car il résume l'art de Stravinski, au-delà des différentes « manières » qu'on lui prête généralement. En réalité, tout au long de sa carrière, Stravinski s'est frotté aux sujets musicaux les plus divers ; mais chacune de ses incursions dans un style s'apparente à un tableau personnel : comme s'il voulait accomplir le « portrait » d'un genre musical – un portrait à sa manière, bien entendu. C'est ainsi qu'il nous propose une évocation très personnelle du ragtime, où l'on retrouve tous les éléments caractéristiques de l'art stravinskien : accents rythmiques imprévisibles, fausses harmonies, couleurs étranges, comme celle du cymbalum – instrument traditionnel hongrois égaré dans la musique noire américaine.

Avec Paul Hindemith, plus encore que Stravinski, c'est la jeune avant-garde musicale que la princesse de Polignac recevait dans son salon, le 31 mars 1931, pour la création française de la Konzertmusic pour piano, harpes et ensemble de cuivres, op. 49

Cette jeune garde est incarnée en France par le groupe des Six. Dans le monde germanique, Paul Hindemith et Kurt Weill apparaissent comme les deux figures les plus turbulentes – davantage que Schönberg et la seconde école de Vienne dont l'influence est encore très limitée. Paul Hindemith, en particulier, s'est fait fait connaître par des œuvres d'une modernité sauvage sur des rythmes souvent frénétiques. Son esthétique ouvertement antiromantique est caractéristique de l'art moderne des années vingt, dans le voisinage du mouvement dada ou des futuristes.

Dans les festivals d'avant-garde, Paul Hindemith côtoie fréquemment les jeunes Français, Poulenc ou Milhaud ; et ces derniers ont probablement fait découvrir sa musique à Winnaretta qui programme cette Koncertmusik op. 49, créée l'année précédente à Chicago, grâce à une autre grande mécène américaine : Elisabeth Sprague Coolidge

On y retrouve le style caractéristique d'Hindemith qui composait rapidement, dans un style quasi improvisé, ce qui lui donne beaucoup de naturel, de vitalité rythmique, au risque parfois d'un certain disparate : du côté presque solennel de l'introduction, on passe à la fugue nerveuse du deuxième mouvement dominé par le piano. Dans le troisième mouvement, la couleur change radicalement pour placer la harpe au premier plan ; et le finale recourt parfois à des accents de valse et de musique populaire.

On se trouve là à mi-chemin du parcours de Paul Hindemith, entre le style provocant de ses premières œuvres et le retour au classicisme des années à venir. Mais ce qui frappa le plus le public, lors de cette création, fut sans doute le mélange inédit des instruments (harpe, piano, vents) et la puissance sonore de l'ensemble, comme en témoigne Julien Green dans son journal du 2 avril 1931 :

« L'autre jour chez la princesse de Polignac (Winnie), pour entendre un concert. Elle était inquiète de ce que les harpes n'arrivaient pas ; Pleyel les lui avait promises et elles étaient indispensables à l'exécution d'un concerto de Hindemith ; Les seules harpes qu'elle possédait étaient chromatiques et il en fallait de simples sans lesquelles les musiciens refusaient de jouer. Pour faire patienter son public, elle a fait chanter à une grosse Allemande des chansons de Brahms et de Strauss, mais les harpes n'arrivaient pas et la pauvre femme était visiblement malheureuse, ce qui amusait fort l'assistance. Enfin les instruments arrivent, le concerto éclate comme un orage dans ce salon trop petit pour contenir tant de bruit. J'en étais assommé. Lifar, assis à côté de moi, applaudissait beaucoup. »

On note la préoccupation de la princesse, véritable maîtresse de maison occupée par le bon déroulement du concert. On remarque aussi la question compliquée des harpes - puisque l'œuvre fait appel à des harpes diatoniques - alors que la France, à travers la maison Pleyel, avait développé à cette époque un nouveau système de harpe chromatique, utilisable seulement dans certaines partitions. On constate enfin, une fois de plus, que la princesse n'avait pas peur de présenter dans son salon de grands effectifs, au volume sonore puissant, comme elle le fit à de nombreuses reprises.

Notre soirée va s'ouvrir toutefois par une œuvre beaucoup plus intimiste de Paul Hindemith, qui témoigne de son retour progressif vers le classicisme. Composée en 1939, la magnifique Sonate pour harpe souligne, dans trois mouvements délicats et équilibrés, le renoncement aux outrances modernistes, et le désir de revenir vers une musique plus immédiatement séduisante.

 

Benoît Duteurtre

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Oeuvres :

Maurice RAVEL (1875-1937)

Pavane pour une infante défunte pour piano (1902)

  • Guillaume Vincent piano

Igor STRAVINSKI (1882-1971)

Ragtime pour onze instruments (1917-1918)

  • Edouard Sabo flûte ; François Lemoine clarinette ; Robin Paillette cor
  • Anthony Abel cornet à piston ; Nicolas Drabik trombone
  • Jean-Baptiste Leclère percussions ; Luigi Gaggero cymbalum
  • Amaury Coeytaux, Marc Bouchkov violon
  • Adrien La Marca alto
  • Yann Dubost contrebasse
  • Marius Stieghorst direction

Paul HINDEMITH (1895-1963)

Sonate pour harpe (1939)

  • Emmanuel Ceysson harpe

Konzertmusik pour piano, ensemble de cuivres et harpes opus 49

  • Guillaume Vincent piano ; Emmanuel Ceysson, Julien Marcou harpe

Membres de l’ensemble à vent Initium :

  • Stéphane Bridoux, Julien Desplanque, Robin Paillette, Marianne Tilquin cor ; Anthony Abel, Thomas Peter, Mathieu Reinert trompette ;
  • Nicolas Drabik, Maxime Delattre trombone ; Aymeric Richard tuba ;
  • Marius Stieghorst direction
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Interprètes :

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BIOGRAPHIES

guillaume_vincentGuillaume Vincent piano

Guillaume Vincent est né le 9 octobre 1991 à Annecy. Il a commencé le piano à l’âge de sept ans au Centre de pratique musicale d’Annecy. Très tôt il a fait preuve d'une grande passion pour la musique et d'un profond plaisir de jouer en public.

En 2001, à l’âge de dix ans, il jouait pour la première fois avec orchestre, et les années suivantes le concerto n° 21 de Mozart et le concerto n° 3 de Beethoven. A treize ans, il était invité aux côtés du trompettiste David Guerrier aux « Jeunes Talents » organisés en 2005 par le Lion’s Club International au Théâtre d’Annecy, où il interprétait le concerto n° 1 de Beethoven et La Vallée d’Obermann de Liszt.

Après avoir suivi des master-classes avec François-René Duchâble et Jacques Rouvier, il est admis en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jacques Rouvier.

En janvier 2007, lors d’un concert organisé par la Fondation de France au Conservatoire de Paris, il reçoit le prix Drouet-Bourgeois et obtient une bourse pour y poursuivre ses études.

En juin 2006 et 2007, il a réussi brillamment ses examens de fin de première et deuxième années en piano et en musique de chambre avec une mention très bien à l’unanimité du jury. En 2008, il a obtenu la mention très bien à l'unanimité du jury au prix du Conservatoire de Paris en 2008, y acquérant parallèlement son diplôme de formation supérieure.

Il est sélectionné en janvier 2009 pour le concours «Young Concertists Auditions » à New York où il est demi-finaliste. En tant que premier nommé, il est invité à jouer au festival d’Usedom le 2 octobre 2008. Il est actuellement en deuxième cycle supérieur au Conservatoire où il travaille auprès de Jean-François Heisser et Marie-Josèphe Jude.

En mars 2009, il a donné un récital au Festival « Pianos en Saintonge » à l’invitation d’Anne Queffélec.

Il s’est déjà produit de nombreuses fois en concert à Paris, en province et à l’étranger (Suisse, Portugal, Hongrie, Californie).

Il a été 3e grand prix du concours Long-Thibaud 2009, où son interprétation du quatrième concerto de Rachmaninoff attire sur lui l'attention du milieu musical et de ses aînés. Renaud Capuçon l'a choisi en mars pour être son partenaire lors d'un concert de la saison musicale à la Fondation Singer-Polignac.

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Emmanuel_Ceyssonx600Emmanuel Ceysson harpe

À seulement vingt-cinq ans, Emmanuel Ceysson est le premier harpiste à avoir remporté trois des plus grandes compétitions internationales, dont le 1er prix du prestigieux concours de l’ARD à Munich en septembre 2009. Il avait déjà remporté en 2006 un 1er prix et six prix spéciaux lors des auditions new yorkaises du Young Concert Artists ainsi qu’en 2004 la médaille d’or du 6e Concours international de harpe à Bloomington, avec un prix spécial pour la meilleure interprétation des Danses sacrées et profanes de Debussy.

Après des études au Conservatoire de Lyon, il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il se perfectionne dans la classe d’Isabelle Moretti. Il y obtient en 2005 son diplôme de formation supérieure avec mention très bien ainsi qu’un 1er prix d’harmonie.

Actuellement 1ere harpe solo au sein de l’Opéra national de Paris, il a la chance de collaborer avec d’éminents chefs tels Georges Prêtre, Valery Gergiev ou Hartmut Haenchen. Depuis 2005, il se produit en récital et en musique de chambre sur les plus grandes scènes internationales telles que Wigmore Hall, salle Gaveau, Carnegie Hall, Kennedy Center, Prinzregententheater. En soliste, il joue avec l’orchestre symphonique de la Radio Bavaroise, l’orchestre de la Radio de Munich ou encore l’orchestre symphonique de Bogota. Accompagné par l'Orchestra of St. Luke’s dirigé par Giancarlo Guerrero, il interprète en avril 2009 le concerto op. 74 de Reinhold Glière au Alice Tully Hall du Lincoln Center de New York. Il participe en novembre 2008 à la saison « le Louvre invite Pierre Boulez » où il interprète en trio des œuvres de Saarahiao et Takemitsu. En 2005, à l’issue des Sommets musicaux de Gstaad, il enregistre avec Xavier de Maistre, harpiste solo du Wiener Philharmoniker, un disque de concertos (Clavès, 2006) salué par la presse musicale. Il participera en 2010 aux dix ans des Sommets Musicaux de Gstaad et aux trente ans du festival d’Auvers-sur-Oise.

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Julien_MarcouJulien Marcou harpe

Julien Marcou débute ses études musicales à six ans. Après avoir étudié avec Marielle Nordmann, il est admis au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon où il obtient en 2002 son diplôme d’études supérieures avec un prix spécial pour la création de Spirales de Patrice Burgan. Il se perfectionne ensuite auprès de Catherine Michel et Germaine Lorenzini. Il est lauréat du concours Félix Godefroid (Belgique), et grand prix du 15e Nippon Harp Competition (Japon).

Julien Marcou est harpiste aux orchestres de la Garde Républicaine de 2003 à 2008. Il a déjà joué au sein des nombreux orchestres tels que les orchestres des opéras de Lyon, de Metz et de Bordeaux, ainsi qu’à l’Opéra national de Paris, sous la direction de grands chefs tels que Christoph Von Dohnányi, Sylvain Cambreling, Hartmut Haenchen, Cornelius Meister, Vladimir Jurowski, Philippe Jordan.

Il participe à de nombreux concerts en récital et en musique de chambre au Festival d’Arles – en compagnie de Nathalie Gaudefroy et Carl Ghazarossian –, au théâtre des Champs-Élysées, au théâtre impérial de Compiègne.

Pour la saison 2009-2010, il joue au sein de l’orchestre national de Paris sous la direction de Philippe Jordan pour la nouvelle production du Ring (L’Or du Rhin et La Walkyrie) de Wagner à l’Opéra Bastille.

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lensemble_initiumx600Ensemble a vent Initium

L’ensemble Initium a été créé en 2005 au sein de la classe de musique de chambre de Maurice Bourgue au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Formation à géométrie variable capable de se produire du trio aux symphonies pour vents, cet octuor à vent est formé de jeunes professionnels de la musique s’étant perfectionnés dans la pratique de leur instrument avec les meilleurs représentants actuels de l’école française des bois et des cuivres (Jacques Tys, Pascal Moraguès, André Cazalet, Marc Trenel, Gilbert Audin, Daniel et Michel Arrignon). Il a également reçu dans le cadre du conservatoire, les conseils éclairés de personnalités musicales telles que Michel Lethiec, David Walter et Thierry Escaich.Formation originale peu présente sur la scène musicale française, l’octuor à vent possède un répertoire riche d’œuvres originales. L’intérêt nouveau suscité pour les ensembles à vents à la fin du XVIIIe siècle a fait naître un grand nombre de sérénades.

Plusieurs d’entre elles représentent l’aboutissement des recherches sonores initiées par les instrumentistes compositeurs originaires de Bohème et Moravie (Wendt, Sedlak, Stadler, Krommer) et une référence pour tous les compositeurs écrivant pour vents (Beethoven par exemple écrira en 1793 un octuor à vent pour deux hautbois, deux clarinettes, deux cors, deux bassons).

De nombreux arrangements seront effectués pour cette formation, parfois par les compositeurs eux-mêmes (opéras de Mozart, Fidelio, 4e et 7e symphonies de Beethoven, le Barbier de Séville, l’Italienne à Alger). Les œuvres pour instruments à vent de Mozart iront jusqu’à influencer Anton Dvořák et Richard Strauss comme en témoignent la Sérénade opus 44 du compositeur tchèque et les compositions pour vents de l’auteur du Chevalier à la rose.

Reprenant la tradition héritée des interprètes arrangeurs du XVIIIe siècle, les musi-ciens de l’ensemble ont entamé un travail de transcription d’œuvres romantiques et modernes, proposant au public de découvrir des pages de Mendelssohn, Brahms, Wagner, Bizet, Grieg, Elgar, Satie, Prokofiev, de Falla ou Korngold. L’ensemble Initium est lau-réat 2006 du concours européen de musique d’ensemble organisé par la Fnapec et a obtenu en juin 2009 un 1er prix de musique de chambre mention très bien à l’unanimité au Conservatoire de Paris.Invité par France musique, l’ensemble s’est produit dans les émissions « Dans la cour des grands » en janvier 2007 et « En direct des festivals » en juillet de la même année. Il est également invité à se produire dans différents festivals et lieux prestigieux tels que Comminges, festival Saint-Étienne-du-Mont à Paris, festival Musique sur Ciel, festival de Pâques de Deauville, Concertgebouw d’Amsterdam. L’ensemble Initium est associé aux vingt-deux cordes de L’Atelier de musique et est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.

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Amaury_Coeytauxx600Amaury Coeytaux violon

Amaury Coeytaux est né le 22 novembre 1984. Il commence le piano à l’âge de quatre ans puis le violon à sept ans. Il étudie dans la classe de Micheline Lefebvre au Conservatoire de Bordeaux. À douze ans, il obtient une médaille d’or à l’unanimité avec les félicitations du jury en musique de chambre et à treize ans un 1er prix à l’unanimité en violon décerné par la ville de Bordeaux. Cette même année, il rentre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il étudie avec Jean-Jacques Kantorow. Il en ressort à seize ans avec un 1er prix et un diplôme de formation supérieure. Il poursuit ses études à Rotterdam avec ce même professeur jusqu’en 2003, puis il part aux États-Unis dans les classes de Pinchas Zukerman et de Patinka Kopec.

Il participe à de nombreuses masterclasses de violonistes et chambristes célèbres tels que Zakhar Bron, Tibor Varga, Pierre Amoyal, Gérard Poulet, Michel Strauss, Bernard Greenhouse. Sa première apparition en public eut lieu à neuf ans, il joue alors la troisième sonate d’Ysaÿe à Radio France. Depuis lors, il donne beaucoup de concerts et récitals en tant que soliste ou chambriste dans différents pays (France, Allemagne, Suisse, Italie, Autriche, Pays-Bas, Canada, États-Unis, Corée du Sud, Japon), dans de grandes salles telles que Gaveau, Olivier-Messiaen, Carnegie Hall, National Arts Center, avec des artistes de renommée internationale comme Pinchas Zukerman, Joseph Silverstein, Joseph Kalischtein, Michael Tree, Marielle Nordmann.

Il s’est illustré dans de nombreux concours: 1er prix au 25e concours international Rodolfo-Lipizer en 2006, 1er prix au concours international de cordes Julius-Stulberg en 2004, 1er prix au concours Rosalind and Joseph Stone Berg Philharmonic en 2004, 1er prix au concours Waldo Mayo en 2004, prix du musée Bonnat pour la meilleure performance en musique de chambre décerné par l’académie Ravel en 2002, 1er prix au concours du Royaume de la musique en 1997. En 2003, le gouvernement français lui décerne la bourse Lavoisier, puis en 2004, l’Adami lui permet de partir aux États-Unis.

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Marc_Bouchkovx600Marc Bouchkov violon

Marc Bouchkov-Vaytsner est né en 1991 à Montpellier dans une famille de musiciens.

Il débute le violon à l’âge de cinq ans et, dès six ans, commence à paraître sur scène.

En 2001 il entre au Conservatoire de Lyon dans la classe de Claire Bernard, et à l’âge de douze ans, il obtient le 1er prix de violon à l’unanimité avec les félicitations du jury.

En 2006 il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Boris Garlitsky.Marc participe régulièrement à des masterclasses et des festivals internationaux comme Prades, le Moulin d’Andé, Troyes, Bordeaux, Montpellier (France), Viterbo (Italie) et New Hampshire (USA).

À dix-sept ans, il remporte le 1er prix du concours international de violon Henri Koch à Liège, puis devient lauréat du prix spécial pour jeune soliste du festival de l’île d’Elbe.

Il a joué par la suite avec Ivan Monighetti en trio lors du festival musical de Santander.

En 2007, distingué par l’association philharmonique de Lyon, Marc reçoit une prime d’encouragement pour continuer son évolution artistique. Depuis, en soliste, en musique de chambre et au sein du Balcon (ensemble de musique contemporaine), il développe une intense activité musicale.

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Adrien_La_Marcax600Adrien La Marca alto

Né en 1989, Adrien La Marca débute la musique à l’âge de six ans et est admis en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jean Sulem.

Prenant part à de nombreuses masterclasses, Adrien s’enrichit auprès de grands musiciens tels que Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Tatjana Masurenko, Péter Csaba, Miguel Da Silva, Lars Anders Tomter, Hatto Beyerle, David Geringas, Thomas Riebl, Ulf Ulsher, Serge Collot, Vladimir Mendelssohn.

Il passe en mai 2009 son prix du Conservatoire national supérieur de musique de Paris qu’il obtient avec mention très bien à l’unanimité.

Parallèlement, il participe à de prestigieux festivals tels le Merrick Festival à Miami en 2004, les Nuits pianistiques à Aix-en-Provence en 2006, Jeunes Talents à Paris, Musica à Strasbourg et la Grange Meslay à Tours en 2007, Musique sur Ciel à Cordes-sur-Ciel et l’Août musical de Deauville en 2008 et 2009, les festivals de Pâques de Deauville, de Saint-Cosme et de Kuhmo (Finlande) et à la fondation Singer-Polignac en 2009.

Il est invité au cours de l’été 2008 à prendre part à l’International Music Academy – Switzerland de Seiji Ozawa où il travaille avec Robert Mann, Pamela Franck, Nobuko Imaï, Sadao Harada et Seiji Ozawa.

Durant la saison 2007-2008, Adrien est entré à l’académie de l’orchestre de Paris où il a pu jouer sous la direction de grands chefs tels que Valery Gergiev, Christoph Eschenbach, Jirí Bělohlávek, ou encore Marin Alsop.

Il se produit en soliste dans la Symphonie concertante de Mozart avec l’orchestre lyrique d’Avignon et l’orchestre de chambre de l’académie de Cervo (Italie) sous la direction de David Geringas. Cette année, Adrien a joué aux côtés d’artistes de renom tels que David Grimal, François Salque, Lise Berthaud, Jérôme Pernoo, Ayako Tanaka ou encore le quatuor Ébène.

En août 2009, il est lauréat du concours international Brahms en Autriche.

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Yann_Dubostx600Yann Dubost contrebasse

Né en 1983, Yann Dubost débute l’apprentissage du violon et de la contrebasse. Après avoir étudié avec Philippe Guaingoin et Bernard Cazauran, il obtient en 2002 le 1er prix à l’unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon. Il est lauréat de nombreux concours internationaux de Wattrelos (1999, France), de Haverhill (2004, Angleterre) et de l’International Society of Bassist (2005, USA). Soliste et chambriste apprécié, il est l’invité régulier des festivals de Deauville, Belaye, Cordes-sur-Ciel, des Arcs, à la Folle Journée et joue régulièrement avec Augustin Dumay, Bertrand Chamayou, Svetlin Roussev, Roland Pidoux, Régis Pasquier, Romain Guyot, le quintette à vent Moraguès, les quatuors Modigliani et Diotima. Passionné par la musique contemporaine, Yann est soliste de l’ensemble Itinéraire depuis 2002. Il a bénéficié des conseils de Marc-André Dalbavie, Henri Dutilleux, Betsy Jolas, György Kurtág, Michaël Levinas. Il a enregistré Gravitas – pièce pour contrebasse seule de Richard Wilson qui lui est dédiée – (Albany Records, 2008) et Mystère de Teresa Procaccini (Edipan Records, 2007). Membre depuis 2002 de l’orchestre de Paris, Yann a occupé en 2006 le poste de Principal Bass au London Symphony Orchestra. En 2006, 2008 et 2009, il a été sélectionné par Seiji Ozawa pour participer à son académie de musique de chambre en Suisse.En 2009, il crée avec Marion Tassou (soprano) et Yannaël Quenel (piano) le trio Morpheus avec lequel il entreprend un important travail d’arrangements et de créations.

Il est lauréat de la fondation Cziffra (2007) et soutenu par le programme Déclic (CulturesFrance) et bénéficie depuis 2009 du soutien de la Swiss Global Artistic Foundation.

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Luigi_Gaggerox600Luigi Gaggero cymbalum

Luigi Gaggero est né à Gênes en 1976. Il a étudié le cymbalum avec Márta Fábián à Budapest, les instruments à percussion avec Andrea Pestalozza à Gênes, puis avec Edgar Guggeis et Rainer Seegers à la Hochschule für Musik Hanns Eisler à Berlin où il a obtenu son diplôme de fin d’études et son Konzertexamen, et y a reçu par deux fois le prix Hanns-Eisler pour l’interprétation de la musique contemporaine. Il a participé à des concerts en soliste et en musique de chambre dans de nombreuses salles et de nombreux festivals tels que Berliner Festspiele, Berliner Philharmoniker, Dresdner Musikfestspiele, Prinzregententheater de Munich, Royal Festival Hall de Londres, Konserthuset de Göteborg, Biennale de Venise, Milano Musica, Musica-Strasbourg, Radio-France, Fundação Gulbenkian de Lisbonne.

Il joue avec les orchestres du Berliner Philharmoniker, Berliner Sinfonie-Orchester, Gürzenich-Orchester et WDR de Cologne, orchestre du théâtre de La Monnaie à Bruxelles, orchestra RAI de Turin, Orchestra del Teatro La Fenice à Venise, sous la direction de prestigieux chefs tels que Claudio Abbado, Stefan Asbury, Pierre Boulez, Reinbert de Leeuw, Peter Eötvös, Michael Gielen, Philippe Jordan, Riccardo Muti, Kent Nagano, Kazushi Ono, Sir Simon Rattle.

En tant que soliste il a joué avec le Sinfonie-Orchester des NDR de Hambourg, l’orchestre de la Scala de Milan, Radio Filharmonisch Orkest Holland, Münchener Kammerorchester, Orchester der Komischen Oper Berlin et avec de nombreux ensembles de musique contemporaine.

Son CD Un brin de bruyère (Stradivarius) consacré aux œuvres pour cymbalum de Kurtág, Solbiati et Francesconi a reçu cinq diapasons.

Luigi Gaggero est professeur de l’unique classe de cymbalum en Europe occidentale au Conservatoire de Strasbourg.

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Jean-Baptiste_Leclrex600Jean-Baptiste Leclère percussion

Né en 1985, Jean-Baptiste Leclère débute la percussion avec Daniel Sauvage puis avec Michel Gastaud avant de rentrer en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Michel Cerutti. Il y obtient son diplôme de formation supérieur en 2008. En 2001, il est finaliste du concours international de timbales de la Percussive Arts Society.

Son parcours lui permet de collaborer avec différentes formations comme l’orchestre philharmonique de Radio France, l’orchestre national de France, l’orchestre de Paris, l’orchestre du Kirov, l’ensemble InterContemporain, l’ensemble Fa, l’orchestre national de Lyon, l’orchestre national de Lille.Jean-Baptiste se produit régulièrement en musique de chambre en compagnie de Laurent Verney, Alexandre Paley, Fabien Wallerand et Alexis Descharmes avec lequel il vient d’enregistrer Rauche Pinselspitze II de Klaus Huber. Jean-Baptiste Leclère animera prochainement des masters classes à l’University of South Florida School of Music.

Depuis 2007 Jean Baptiste Leclère est soliste à l’Opéra national de Paris.

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Marius_Stieghorst_x600Marius Stieghorst direction

Marius Stieghorst est né en Allemagne, à Kaiserslautern. Il étudie le piano et la composition à la Hochschule de Karlsruhe où il obtient la bourse de la fondation d’études du « Studienstiftung des deutschen Volkes ». Il reçoit également la bourse de l’association Wagner de Bayreuth. Il collabore, entre autres, avec le Musikalischer Sommer de Baden-Baden, le Berliner Festwochen et à l’académie Hugo Wolf de Stuttgart. Il est également chef de chant dans les théâtres de Kiel, Karlsruhe et Berlin, puis, de 2001 à 2004, deuxième Kapellmeister à Graz.

Marius Stieghorst a dirigé de nombreuses productions telles que Werther, La Ville morte, L’Enlèvement au sérail, La Flûte enchantée, La Fiancée du Tsar ou encore Don Pasqual à Osnabrück et à Graz ainsi que de Otello, Eugène Onegin, Turandot, Ariane à Naxos, Tannhauser, Don Giovanni, Cosi fan Tutte, Nabucco. De 2004 à 2008, il est chef assistant dans les festivals de Baden-Baden et de Salzbourg.

En concert, il a dirigé des œuvres symphoniques de Bruck-ner, Schumann, Tchaïkov-ski et deux créations mondiales au A•Devantgarde Festival, Munich: Rotkäppchen, lauf! et Schön, schöner, Schneewittchen.

Actuellement chef assistant de Philippe Jordan à l’Opéra national de Paris, Marius Stieghorst a été premier Kapellmeister et adjoint du directeur de la musique à Osnabrück en Allemagne.Durant les prochaines saisons, Marius Stieghorst dirigera le spectacle de l’école de danse de l’Opéra national de Paris au Palais Garnier, Mirandolina de Martinů avec l’Atelier lyrique à la MC93 de Bobigny ainsi qu’un concert au festival de Pâques Deauville avec L’Atelier de musique, orchestre qu’il retrouvera à l’Opéra national de Paris en 2010.

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atelier_de_musiquex600Atelier de musique

L’Atelier de musique rassemble principalement les jeunes solistes, musiciens de chambre, ensembles à cordes et à vent en résidence à la Fondation Singer-Polignac. Il a pour vocation d’atteindre à une qualité musicale hors de portée des orchestres permanents ; chacune de ses apparitions étant en quelque sorte un feu d’artifice unique. Le programme de ce soir met principalement en valeur les vents, les bois et les cuivres de l’ensemble Initium et quelques solistes à cordes parmi les plus en vue de leur génération, comme lui en résidence à la Fondation.

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L’art de partager
Jeudi, 25 mars 2010
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Description :

LES DEUX TEMPS DU ROMANTISME

Il pourrait sembler un peu artificiel de relier deux œuvres aussi différentes par l'époque (l'une de 1825, l'autre de 1883), par l'effectif (un octuor à cordes et un trio avec piano), et par les attaches des compositeurs (un allemand et un tchèque). Pourtant, ces deux partitions appartiennent à ce vaste mouvement romantique qui parcourt la totalité du XIXe siècle, et elles en marquent d'une certaine façon les deux extrémités.

 

Le temps des génies

Avec Felix Mendelssohn, nous sommes au cœur du premier romantisme, qui se caractérise par l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes autour de 1830. Ils se nomment Chopin, Liszt, Berlioz, Paganini, Bellini, Mendelssohn et accèdent d'emblée au statut de génies. Plusieurs d'entre eux se font d'abord connaître comme virtuoses et, si leurs sources d'inspiration musicales sont très diverses – du classicisme viennois à l'opéra italien – ils marquent le profond changement du statut des compositeurs : Mozart ou Beethoven avaient eu le plus grand mal à affirmer leur indépendance face à la cour ou à l'aristocratie ; les romantiques deviennent rapidement des idoles populaires ; ce ne sont plus des valets mais des demi-dieux.

 

L'Octuor

Mendelssohn est une figure caractéristique de ces temps nouveaux, lui qui a grandi dans une famille berlinoise très cultivée, avant de se distinguer, dès l'âge de quinze ans, par des compositions assez extraordinaires pour attirer l'attention générale : l'ouverture du Songe d'une nuit d'été, et cet Octuor à cordes dont Schumann dira : « Ni dans les temps anciens, ni de nos jours on ne trouve une perfection plus grande chez un maître aussi jeune. »

Certes, cette œuvre, dans sa facture, reste très influencée par l'exemple de Mozart. Ce n'est pas encore une partition romantique au sens plein du terme, encore qu'elle se distingue déjà par certains traits d'originalité tout personnels : comme le choix inédit de cette formation pour huit cordes, ou encore le troisième mouvement, ce merveilleux scherzo très mendelssohnien, où l'on retrouve l'esprit aérien et mystérieux du Songe d'une nuit d'été.


Paris 1832

Paris est le cœur battant de ce premier romantisme. Mendelssohn qui a grandi dans une famille berlinoise de grande culture s'y rend en 1832. Il est fêté, sollicité par les éditeurs et le milieu musical – et c'est là que se déroule la première publique de l'Octuor en mars 1832. On trouve dans sa correspondance de nombreuses traces de son séjour, témoignant de son regard étonné sur Paris :

14 janvier - « Je commence seulement à présent à m'habituer ici et à connaître Paris ; c'est réellement le nid le plus fou, le plus gai qu'on puisse imaginer ; mais il perd la moitié de son intérêt pour celui qui ne se mêle pas de politique. Aussi me suis-je fait doctrinaire ; je lis mon journal tous les matins, j'ai mon opinion sur la paix et sur la guerre, et je n'avoue qu'entre amis que je n'y entends rien. »

21 décembre : « C'est encore pire quand on se trouve avec des musiciens, car, pour eux, la politique n'est pas un sujet de querelles, mais de lamentations. L'un a perdu sa place, l'autre son titre, un troisième son argent, et tout cela, disent-ils, c'est la faute au milieu. J'ai vu hier le milieu en personne ; il avait un pardessus gris clair, un air noble et occupait la première place au banc des ministres. »

Il loue la qualité des musiciens parisiens. Ses œuvres d'orchestre n'ont jamais été si bien jouées que par Habeneck – dont il souligne le sens des nuances. Il ne cache pas non plus son admiration pour le violoniste Pierre Baillot, créateur de l'Octuor. Mais certains aspects du goût parisien restent pour lui totalement exotiques, notamment, le fait que cette œuvre soit créée au cours d'un service funèbre pour l'anniversaire de la mort de Beethoven.

31 mars - « Lundi mon octette a été exécuté à l'Eglise. Cela a dépassé en absurdité tout ce que le monde a pu voir ou entendre jusqu'à ce jour. Mon scherzo joué pendant que le prêtre était à l'autel, faisait l'effet le plus bouffon qu'on puisse imaginer, et cependant les assistants ont trouvé cette musique très .belle et d'un caractère tout çà fait religieux ; c'est par trop fort.»

 

Le temps des nations

Mendelssohn, s'il appartient au premier romantisme, est aussi à l'origine du second, qui est d'essence plus allemande et va porter très haut la musique de chambre, dans la lignée de Beethoven et Schubert

Cette passion, cultivée après lui par Schumann et Brahms, va servir de modèle à toutes les écoles nationales qui chercheront, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à mêler les couleurs musicales de chaque pays aux formes léguées par la grande école allemande

On l'observe en France avec Saint-Saëns, Franck, Fauré, dont les modèles se nomment Beethoven, Mendelssohn, Schumann. On l'observe aussi en Europe centrale avec Smetana et surtout Dvorák, dont l'œuvre doit tant à l'amicale protection de Brahms.

De fait, son ambitieux troisième trio semble totalement nourri par le romantisme allemand. À la fin des années 1880, Dvorák, à quarante ans passés, commence à devenir un musicien célèbre, lancé dans toute l'Europe par le succès des Danses slaves. Son inspiration se fait toutefois plus mélancolique dans ce trio en fa mineur écrit après la disparition de sa mère.

C'est son œuvre la plus ample pour cette formation, même si elle est moins connue que la suivante, le trio « Dumky ». Vous noterez que Dvorák a interverti l'ordre du mouvement lent et du scherzo. Ce deuxième mouvement, d'une grande délicatesse, est aussi le plus marqué par les influences tchèques. Dvorák a composé sa partition en seulement quelques jours et l'a créée lui-même au piano.

 

Conclusion

Mais il faudrait encore, s'il l'on voulait être complet, évoquer le troisième temps du romantisme, ce wagnérisme qui va bousculer tous les mouvements existants et amorcer la mutation du romantisme vers l'art moderne... Ce sera le sujet de futurs concerts, et je voudrais juste, en conclusion, dire le plaisir que nous avons de recevoir, ce soir, Renaud Capuçon qui est venu se joindre aux musiciens habitués de la Fondation.

Je me rappelle avoir organisé son premier concert ici, en 1998, dans un trio de Mendelssohn, avec Henri Demarquette et Marie-Josèphe Jude... Il n'était pas encore aussi célèbre ; mais je le connaissais moi-même grâce à notre ami Yves Petit de Voize qui l'a suivi depuis ses débuts, et qui l'a donc réinvité ce soir à la Fondation pour notre plus grand plaisir.

 

Benoît Duteurtre

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Oeuvres :

Antonín DVORÁK (1841-1904

  • Trio pour piano et cordes n° 3 opus 65 (B. 130)

Felix MENDELSSOHN (1809-1847)

  • Octuor pour quatre violons, deux altos, deux violoncelles opus 20
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Interprètes :

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BIOGRAPHIES

Renaud_Capuon_.1Renaud Capuçon violon

Le chemin vers la musique de Renaud Capuçon est sans doute le plus lumineux dont puisse rêver un jeune musicien. Gérard Poulet à Paris et Thomas Brandis à Berlin lui apportèrent la justesse rayonnante et la science de la musique de chambre.

Puis, auprès de Claudio Abbado, Daniel Barenboïm, Bernard Haitink, Pierre Boulez, Seiji Ozawa, du Gustav Mahler Jugendorchester au Berliner Philharmoniker en passant par Isaac Stern (dont il joue le merveilleux Guarneri del Gesù « Panette » de 1737), il acquit comme konzertmeister, musicien de chambre et soliste, une expérience précoce incomparable. Ses concerts et ses enregistrements avec Martha Argerich, Stephen Bishop-Kovacevich, Micha Maïsky, Maxime Vengerov, Vadim Repin, Natalia Gutman, Yefim Bronfman, Hélène Grimaud, en font le violoniste français le plus fêté au monde depuis Zino Francescatti et Christian Ferras. Il a toujours à cœur de partager une expérience et un art acquis auprès des plus grands. Artiste associé de la Fondation Singer-Polignac, Renaud Capuçon s’associe à huit jeunes résidents pour revisiter deux chefs-d’œuvre exigeants du romantisme.

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Mi-Sa_YangMi-Sa Yang violon

 

D’origine sud-coréenne, Mi-Sa Yang, est née à Osaka en 1987. En 2005, elle a été admise en cycle de perfectionnement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où elle a suivi l’enseignement de Jean-Jacques Kantorow et Olivier Charlier, ainsi que celui de Jens Mc Manama et de Vladimir Mendelssohn en musique de chambre.

Elle a obtenu un 1er prix au concours international Yehudi Menuhin en 2000 ; le 3e prix et le prix spécial du jury au concours international de musique de Sendaï en 2001; le grand prix, le prix de musique française et le prix de musique contemporaine au Forum Musical de Normandie en 2006 et 2007 ; le prix de l’Académie Ravel en 2007 ; le 1er prix d’honneur de la catégorie «duo» au concours international de l’Union Française des Artistes Musiciens en 2008 ; le 1er prix de musique de chambre en trio au 55e concours international de musique Maria Canals de Barcelone en 2009.

Depuis l’âge de douze ans, elle joue aussi bien en récital qu’en compagnie de formations telles que le London Mozart Players, le Sendaï Philharmonic Orchestra, le Tokyo Symphony Orchestra, le New Japan Philharmonic, l’Osaka Philharmonic Orchestra, le Kyoto Symphony Orchestra, le Kansaï Philharmonic Orchestra.

En mars 2008, elle a été invitée par l’Orquesta Ciudad de Granada pour jouer le concerto de Reynaldo Hahn sous la direction de Roberto Benzi.

En outre Mi-Sa joue régulièrement dans diverses formations de musique de chambre.

Elle a été l’invitée de prestigieux festivals et académies tels que l’Académie Maurice Ravel en 2008, les Fêtes musicales en Touraine, La Roque d’Anthéron, la Musique de chambre à Giverny, Cordes-sur Ciel et l’Août musical de Deauville.

Depuis mars 2009, elle est lauréate de la Fondation Groupe Banque Populaire.

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GjeziKristi Gjezi violon

Kristi Gjezi est né le 17 juin 1990 à Tirana en Albanie. En 1994, sa famille s’installe à Bordeaux. Il acquiert la nationalité française en 2003. Dès l’âge de quatre ans et demi, il suit des cours de violon avec son père, violoniste soliste du Grand Théâtre de Tirana, actuellement professeur de violon à Bordeaux. À neuf ans, il interprète le 3e concerto de Saint-Saëns puis donne un premier récital à la chapelle de Bègles où il joue Bach, Mozart, Paganini et Schubert. En 2001, il est 1er prix de violon du concours des jeunes interprètes de Canet-en-Roussillon. En 1999, il reçoit le diplôme d’honneur de la catégorie excellence du concours national d’archet d’or à Léognan. En 1997 et 1998, il remporte le concours départemental des écoles de musique de Gironde (1er prix de violon à l’unanimité), la première médaille du tournoi du Royaume de la musique (prix Radio France).

En 2003, il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Patrice Fontanarosa. Il finit son cycle de perfectionnement au Conservatoire de Bordeaux. Il obtient la Médaille d’honneur de la ville de Bordeaux, mention très bien avec félicitations et à l’unanimité. En 2004, il remporte le prix de violon Marc Bourgeois sous l’égide de la Fondation de France. En 2002, il participe à l’académie de Biarritz dans la classe de Gérard Poulet.

L'été 2004, il participe au festival d’été de Gironde. Il y joue, accompagné par l’orchestre de chambre du Collegium Musicum d’Aquitaine, la Carmen Fantasy de Sarasate.

En 2007, il termine le cycle supérieur au CNSM de Paris et y obtient son Diplôme de Formation supérieure mention très bien. Il joue Bach, Ysaÿe, Paganini en septembre au Hall du Grand Théâtre de Durrës en Albanie.

Il est invité dans de nombreux festivals : Musicales de Bagatelle, festival de Mayenne, les Flâneries de Reims, festival Klasik (Albanie)… Il joue également en soliste avec l’orchestre philharmonique d’Oradea (Roumanie), l’orchestre des lauréats du CNSM de Paris, l’orchestre de la région PACA, l’orchestre Pasdeloup, l’orchestre philharmonique de Zurich, l’orchestre symphonique de Navarre, les concertos de Mendelssohn, Glazunov, Beethoven et Brahms. Kristi Gjezi a remporté aussi le 1er prix au concours international d’Avignon, le 1er prix, prix P. Salvi et le prix de la meilleure exécution d'une œuvre contemporaine au concours FMAJI ; le 2e prix du concours P. de Sarasate (Espagne) et le 3e prix du concours international de violon T. Varga (Suisse) Il est également lauréat de la Fondation d'entreprise Banque Populaire en 2007.

Kristi Gjezi joue un Gagliano de 1703 prêté par la Fondation Zilber.

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Charlotte-JuillardCharlotte Juillard violon

Charlotte Juillard entre en 2002 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe d’Olivier Charlier pour un cycle de quatre ans qu’elle achève avec l’obtention du diplôme de formation supérieure de violon. Elle y poursuit ses études avec le même professeur et Marc Coppey par un troisième cycle et part six mois en Allemagne travailler avec Mihaela Martin à la Hochschule de Cologne dans le cadre d’un échange Erasmus. Passionnée de musique de chambre, Charlotte Juillard a travaillé durant ses études avec Jean Mouillère, Claire Désert, Alain Meunier, le quatuor Ysaÿe. Actuellement, elle suit des cours en quatuor avec Marc Coppey. Elle se produit régulièrement en musique de chambre avec son quatuor Zaïde mais aussi dans d’autres formations pour des projets plus ponctuels tels que les Dissonances de David Grimal.

Charlotte Juillard s’intéresse tout particulièrement à la musique d’aujourd’hui. Durant les étés 2004 et 2007, elle participe à l’académie d’orchestre de Lucerne, dirigée par Pierre Boulez et encadrée par les solistes de l’ensemble InterContemporain, et en 2009 aux festivals de Deauville et de Cordes-sur-Ciel. En 2007 elle participe à un concert et une master class avec Pierre Boulez autour de son œuvre avec électronique : Anthème 2. Durant l’été 2005, elle joue le concerto de Mendelssohn avec l’orchestre de Bretagne dirigé par Jean-Bernard Pommier qui l’invite par la suite à son académie de Durham. En février 2008, elle joue le concerto n° 1 de Prokofiev avec l’orchestre des lauréats des CNSM de Lyon et de Paris. En 2007, elle a enregistré un CD Bartók, Berio, Boulez grâce à la fondation Meyer.

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boisseauAdrien Boisseau alto

Né en 1991, Adrien Boisseau commence l'alto à l'âge de cinq ans. En 2006, il est admis à l'unanimité au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jean Sulem ainsi qu'en musique de chambre dans la classe de Marc Coppey.

En 2009, il obtient le 1er prix et le prix du public au concours Max Rostal à Berlin.

En octobre 2007, il est sélectionné pour participer à des sessions de l'orchestre philharmonique de Radio-France, ce qui lui donne l'opportunité de jouer sous la direction de Manfred Honeck, Vladimir Ashkenazy, Kazushi Ono et Myun-Whun Chung durant la saison 2007-2008. Au cours de l'été 2008, il participe aux académies de Santander en musique de chambre et en orchestre à de nombreuses reprises, jouant sous la direction de Pierre Boulez au sein du Lucerne Festival Academy Orchestra.

Il a suivi de nombreuses master classes avec des interprètes renommés tels que François Salque, les quatuors Ludwig et Juilliard, Jean-Claude Pennetier et les altistes Lars Tomter, Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Hatto Beyerle et Diemut Poppen.

Adrien Boisseau joue un alto de Paul Belin, atelier Bernard Sabatier, de 2006.

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chenafSarah Chenaf alto

Née en 1985, Sarah Chenaf_ obtient son prix au conservatoire de Bordeaux en 2003 puis est admise au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Pierre-Henri Xuereb. Par ailleurs elle a suivi les master classes de grand professeurs tels que Nobuko Imaï, Garth Knox, Phillip Dukes, Paul Coletti, Vladimir Mendelssohn et Petras Radzevicius lors d'un échange Erasmus en Lithuanie.

En 2004, elle est lauréate du concours des jeunes altistes (prix Spedidam) et obtient en 2009 le 1er prix du concours international Flame.

Elle est soliste de l’ensemble contemporain Le Balcon, dirigé par Maxime Pascal. Elle participe à de nombreux projets de créations notamment La main noire de Emmanuel Nunes au festival Musica à Strasbourg. Le 18 mai prochain à la Fondation Singer-Polignac, elle jouera la partie d'alto solo de Messagesquisse de Pierre Boulez. Elle a participé à l’académie de musique contemporaine de Lucerne encadrée par les solistes de l'ensemble InterContemporain dirigé par Pierre Boulez.

En septembre 2009 Sarah Chenaf fonde le quatuor Zaïde avec lequel elle suit les cours de Marc Coppey au Conservatoire de Paris et reçoit les conseils de Vladimir Mendelssohn, Hatto Beyerle, Walter Levin, Paul Katz, Hea Sun Kang, Christophe Richter, Miguel Da Silva et Peter Cropper.

Elle se produit dans divers festivals et aux côtés d’artistes de renom tels que Jérôme Pernoo, Graf Mourja, Alissa Margulis, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Alexandre Tharaud.

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Yan_LevionnoisYan Levionnois violoncelle

Né en 1990, Yan Levionnois débute le violoncelle avec son père, violoncelle solo de l’orchestre philharmonique de Radio France, puis étudie avec Xavier Richard, Marc Coppey, et est reçu en 2006 dans la classe de Philippe Muller au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a participé au Festival de Cordes-sur-Ciel, au Festival de Pâques de Deauville, aux Rencontres musicales de Santander, au Festival Pablo-Casals. Il a reçu les conseils de Natalia Shakhovskaïa, Natalia Gutman, Gary Hoffman, Jean-Guihen Queyras, Hatto Beyerle, Itamar Golan ainsi que de ceux des quatuors Ébène, Artis et Fine Arts.

1er grand prix du concours international Navarra, 1er prix du concours du London Philharmonic Orchestra, lauréat du concours Note et Bien, dédié à la musique française, ainsi que de la fondation Raynaud-Zurfluh, il s’est produit en soliste dans les concertos de Haydn, Schumann, Dvorák, Lalo, Elgar, avec notamment l’orchestre national du Capitole de Toulouse, le Symphony Chamber Orchestra of Prague, l’orchestre Prométhée, ainsi qu’avec l’ensemble de violoncelles de l’orchestre de Paris dans Messagesquisse de Boulez. Il a déjà joué en musique de chambre avec de grands musiciens, parmi lesquels Zakhar Bron, Silvia Marcovici, Matthew Trusler, Vladimir Mendelssohn.

Il joue un violoncelle de Patrick Robin, de 2005.

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laferriereVictor Julien-Lafferière violoncelle

Né à Paris en 1990, Victor Julien-Laferrière débute le violoncelle à l’âge de sept ans avec René Benedetti. Après deux ans auprès de Philippe Muller, il entre à treize ans au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Roland Pidoux où il obtient brillamment son diplôme en 2008.

Parallèlement, il prend part depuis 2005 à l’International Music Academy Switzerland de Seiji Ozawa (où il reçoit l’enseignement de Pamela Franck et Robert Mann), et profite lors de master classes des conseils de Frans Helmerson et Gary Hoffman. En 2008, il est l’élève de Jens-Peter Maintz à l’Universität der Kunste de Berlin, et depuis 2009 il se perfectionne à Vienne auprès de Heinrich Schiff. Il remporte en 2009 le 2e prix du concours international de Markneukirchen.

Victor Julien-Laferrière a déjà interprété avec orchestre les Variations Rococo de Tchaïkovski, le concerto en ut de Haydn ainsi que celui en si mineur de Dvorak. Il a été l’invité des festivals de Berne (festival Bach), Deauville (festival de Pâques et Août musical), Besançon, de la Grange de Meslay (les Musicales), Cordes-sur-Ciel, des Rencontres de violoncelle de Beauvais, de la Fondation Singer-Polignac, des Sommets musicaux de Gstaad et du Kuhmo Chamber Music Festival en Finlande. Il a fait partie des ensembles en résidence du festival de La Roque-d’Anthéron, et a joué également avec Augustin Dumay, Vladimir Mendelssohn, François Salque, David Grimal, Matthew Trusler, Lise Berthaud, Bertrand Chamayou, Jonas Vitaud. Nombre de ses concerts ont été captés par France musique ou Mezzo. Victor Julien-Laferrière joue en récital à l’Auditorium du Louvre durant la saison 2009-2010.

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guillaume_vincentGuillaume Vincent piano

Guillaume Vincent est né le 9 octobre 1991 à Annecy. Il a commencé le piano à l’âge de sept ans au Centre de pratique musicale d’Annecy. Très tôt il a fait preuve d'une grande passion pour la musique et d'un profond plaisir de jouer en public.

En 2001, à l’âge de dix ans, il jouait pour la première fois avec orchestre, et les années suivantes le concerto n° 21 de Mozart et le concerto n° 3 de Beethoven.

A treize ans, il était invité aux côtés du trompettiste David Guerrier aux « Jeunes Talents » organisés en 2005 par le Lion’s Club International au Théâtre d’Annecy, où il interprétait le concerto n° 1 de Beethoven et La Vallée d’Obermann de Liszt.

Après avoir suivi des master-classes avec François-René Duchâble et Jacques Rouvier, il est admis en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jacques Rouvier.

En janvier 2007, lors d’un concert organisé par la Fondation de France au Conservatoire de Paris, il reçoit le prix Drouet-Bourgeois et obtient une bourse pour y poursuivre ses études.

En juin 2006 et 2007, il a réussi brillamment ses examens de fin de première et deuxième années en piano et en musique de chambre avec une mention très bien à l’unanimité du jury. En 2008, il a obtenu la mention très bien à l'unanimité du jury au prix du Conservatoire de Paris en 2008, y acquérant parallèlement son diplôme de formation supérieure.

Il est sélectionné en janvier 2009 pour le concours «Young Concertists Auditions » à New York où il est demi-finaliste. En tant que premier nommé, il est invité à jouer au festival d’Usedom le 2 octobre 2008. Il est actuellement en deuxième cycle supérieur au Conservatoire où il travaille auprès de Jean-François Heisser et Marie-Josèphe Jude.

En mars 2009, il a donné un récital au Festival « Pianos en Saintonge » à l’invitation d’Anne Queffélec.

Il s’est déjà produit de nombreuses fois en concert à Paris, en province et à l’étranger (Suisse, Portugal, Hongrie, Californie).

Il a été 3e grand prix du concours Long-Thibaud 2009.

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Mardi, 16 février 2010
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Description :

Brahms et Bartok

Les deux compositeurs de ce programme présentent au moins un point commun géographique : installé à Vienne dans la dernière partie de sa vie, Brahms fut en effet l'une des gloires musicales de l'empire austro-hongrois – et le compositeur de fameuses Danses hongroises, qui semblent vouloir rendre hommage à la musique populaire de ce pays. Bartok, de son côté, fut le plus illustre compositeur hongrois du XXe siècle ; mais, en réalité, leur regard sur la Hongrie et sur sa musique les situe plutôt aux antipodes l'un de l'autre.

La musique hongroise à laquelle Brahms fait référence, dans de nombreuses pages, est en effet le folklore tzigane, tel qu'il s'est répandu dans toute l'Europe centrale, au point d'en devenir la couleur emblématique à côté de la grande musique classique viennoise. Au contraire, Bela Bartok – né dans une Hongrie qui rêvait de s'affranchir de la tutelle autrichienne - a consacré une grande partie de sa vie à la découverte de la véritable tradition populaire : non pas celle des tziganes, mais la musique complexe et méconnue des paysans hongrois et roumains qui allait nourrir son travail de compositeur.

On comprend donc que Bartok ait toujours montré un certain agacement devant les titres des Rapsodies Hongroises de Liszt ou des Danses hongroises de Brahms – malgré son admiration pour ces deux compositeurs ; parce qu'il souhaitait, lutter contre cette confusion et faire découvrir la vraie richesse du folklore centre-européen.

N'allons pas croire pour autant que ce folklore constitue sa principale source d'inspiration comme compositeur - un autre malentendu parmi tous ceux que Bartok semble vouloir évacuer, dans une très intéressante lettre de décembre 1924, écrite au moment de la création de son opéra Barbe Bleue et que je ne résiste pas au plaisir de vous citer :

« En ce qui concerne l'exécution, je vous prierai :

1. de ne pas faire ressortir trop le caractère folklorique de ma musique ;

2. d'insister sur le fait que, dans ces œuvres scéniques comme dans mes autres œuvres originales, je ne fais jamais usage de mélodies populaires ;

3. que ma musique est tout à fait tonale et

4. qu'elle n'a rien de commun avec la manière « objective » et « impersonnelle » (donc en fait qu'elle n'est pas du tout « moderne » !) ».

Voici des propos doublement intéressants de la part d'un artiste longtemps considéré comme l'un des prophètes de la modernité radicale. On en conclura que Bartok s'est nourri de l'étude des musiques populaires, qu'il s'est passionné pour la musique moderne de son temps (Debussy et Schönberg en premier lieu), qu'il s'est essayé à toutes les expériences, mais qu'il a voulu d'abord créer un langage personnel, expressif, directement accessible, et marqué du sceau de ce qu'il appelait la « géniale simplicité ».

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Ce désir s'accentuera encore avec son exil aux États-Unis, pendant la Seconde Guerre mondiale, où il n'hésitera pas à renouer avec une forme de classicisme, par exemple dans son Concerto pour orchestre – partition qui sera violemment attaquée par l'avant-garde pure et dure.

La Sonate pour violon seul, qui date également des dernières années américaines, est une œuvre plus âpre, exigeante, complexe, mais empreinte de ce même désir d'atteindre un langage universel. Elle se caractérise d'abord par la référence à Bach, dans les deux premiers mouvements, une Chaconne et une Fugue, d'une écriture polyphonique très virtuose avec leurs notes tenues et leurs pizzicatos.

Dans les deux derniers mouvements, l'écriture paraît plus simple, parfois franchement tonale, et fait discrètement référence aux influences populaires hongroises, devenues plus prégnantes au cours de l'exil américain.

Il faut rappeler à ce propos que l'exil de Bartok fut douloureux moralement, difficile socialement et pécuniairement. La rencontre en 1942 du jeune et déjà célèbre Yehudi Menuhin, plein d'admiration pour le compositeur, allait toutefois contribuer à améliorer sa situation. C'est pour lui que Bartok a écrit cette sonate, créée par Menuhin à New York le 26 novembre 1944.

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Contrairement à la sonate, les 42 duos pour deux violons composés dix ans plus tôt, en 1931, sont l'une des œuvres de Bartok qui recourent pleinement à l'inspiration populaire. Créateur mais aussi pédagogue, il pensait que la simplicité et la richesse de la musique traditionnelle offraient à l'oreille des enfants la meilleure formation possible. Il en a tiré de nombreuses pièces pour piano et ces duos pour deux violons. Vous en entendrez ce soir quelques-uns qui explorent toute la richesse des gammes et des rythmes des chants et danses paysannes, hors des codes habituels de la musique classique. Comme la sonate de Bartok, le Quintette avec clarinette de Brahms est né de la rencontre avec un interprète. En 1890, Brahms qui approche les soixante ans est au sommet de sa gloire. Il vient d'être décoré par l'empereur François-Joseph et après des années très actives, il se dit désireux de moins composer.

C'est alors qu'il retrouve dans un orchestre allemand, au cours d'un voyage à Meiningen, un clarinettiste rencontré des années auparavant : Richard von Mühlfeld, avec lequel il va passer la plus grande partie de son séjour, se faisant jouer tout le répertoire et expliquer les différentes possibilités de l'instrument.

De cette rencontre vont naître quatre partitions qui sont, avec la musique pour piano solo, le dernier grand pan de l'œuvre de Brahms : deux sonates pour clarinette et piano, le trio avec clarinette opus 114 écrit d'un seul jet au cours de l'été 1890, immédiatement suivi par ce quintette pour clarinette et quatuor à cordes qui couronne la série.

L'œuvre est créée à Meiningen par Mühlfeld à la clarinette, Brahms lui même au piano et son grand ami le violoniste Joseph Joachim.

Cette partition a toute la mélancolie des dernières œuvres de Brahms, mais aussi leur liberté aux allures d'improvisation, leur science devenue naturelle. Vous remarquerez en particulier le second mouvement, sorte de lied d'amour à trois temps et son magnifique chant de clarinette de caractère hongrois – ou plutôt tzigane - si caractéristique de Brahms. Je voudrais, pour conclure, citer le grand critique musical Claude Rostand dans le commentaire qu'il a laissé de cette œuvre :

« Une des plus belles pages de la période automnale de la vie de Brahms. Une grande confession résignée, toute baignée d'une atmosphère mélodique pleine de tendresse. Rien de pathétique, nulle recherche d'éclats ni d'effets éloquents. C'est l'œuvre d'une douce et paisible vieillesse. Les timbres des différents registres de la clarinette sont utilisés ici avec un bonheur particulier, cet instrument apportant à l'ouvrage le sentiment d'intimité et de familiarité qui en fait le caractère principal. »

Benoît Duteurtre

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Oeuvres :

Béla BARTÓK (1881-1945)

  • Sonate pour violon seul Sz. 117
  • Duos pour deux violons Sz. 98

Johannes BRAHMS (1833-1897)

  • Quintette pour clarinette et cordes en si mineur opus 115
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Interprètes :

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Olivier_Patey2Olivier Patey clarinette

Né le 3 juillet 1981, Olivier Patey est reçu premier nommé au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Michel Arrignon en février 2001.

Olivier Patey est actuellement soliste du Mahler Chamber Orchestra. Il a aussi eu l’occasion de travailler au sein d’orchestres de renom comme l’orchestre national de Lille, l’orchestre philharmonique de Radio-France, l’orchestre national de France, l’orchestre de l’Opéra de Paris, l’orchestre du Capitole de Toulouse. En septembre 2003, pour sa première participation à un concours international, il remporte le prestigieux concours de l’ARD de Munich, où lui sont attribués également le prix du public et le prix décerné par l’orchestre de chambre de Munich pour son interprétation du concerto pour clarinette de Mozart. À partir de cet instant, Olivier Patey entame une carrière de soliste, et parcourt l’Europe en se produisant avec des orchestres de renommée internationale tels que la Philharmonie de Prague, l’orchestre philharmonique de la Südwestfallen, l’orchestre de chambre de Munich et l’orchestre de la Bayerische Rundfunk. Puis en juin 2005, il remporte au Danemark le 1er prix du non moins prestigieux concours international Carl-Nielsen, et poursuit alors son périple musical vers la Scandinavie, l’Europe de l’Est et l’Amérique du Sud en se produisant avec les orchestres d’Odense, Norrköping, l’orchestre symphonique de Barquisimeto, l’orchestre de chambre de Bratislava, l’orchestre de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg et l’orchestre national d’Ukraine pour la première édition du festival les Virtuoses de la planète. Issu du cycle de perfectionnement du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il y obtient son diplôme de formation supérieur de clarinette en juin 2005 et remporte le concours interne des « avant-scènes », soutenu par le mécénat musical Société générale. Olivier Patey est également lauréat du programme Déclic (CulturesFrance).

Chambriste apprécié, il participe aux festivals d’été de musique au château de l’Empéri, de Salon-de-Provence, des Nuits musicales catalanes de Perpignan, de Musique sur Ciel à Cordes-sur-Ciel, de l’ARD Kammermusikfest en Allemagne, du Cervantino au Mexique, Arties Festival en Inde et bien d’autres, à l’occasion desquels il collabore avec d’éminents solistes tels que Laurent Cabasso, Paul Meyer, Gilbert Audin, Emmanuel Pahud, Philippe Berrod, Romain Guyot, Laurent Lefèvre, Danjulo Ishizaka, Christoph Poppen, le Sjaellands Strygeqvartet, le quatuor Amedeo Modigliani.

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trusler2Matthew Trusler violon

Né en 1976, Matthew Trusler a fait ses études au Curtis Institute de Philadelphie, dont il sort diplômé en 1998. Comparé par le magazine Gramophone à Jascha Heifetz, sa carrière en récital et avec orchestre s’étend de l’Europe à l’Australie, des États-Unis au Japon en passant par l’Afrique du Sud. Il a joué avec les plus fameux orchestres tels le London Philharmonic, le Royal Philharmonic, le BBC Scottish, le Halle Orchestra, le Minnesota Orchestra, le London Mozart Players, l’English Chamber Orchestra, l’Academy of St. Martin in the Fields avec sir John Neville Marriner, le Deutsches-Symphonie Orchester de Berlin, le Philharmonia Orchestra et l’orchestre de la NDR de Hanovre. Parmi ses partenaires en récital et en musique de chambre, on peut citer Wayne Marshall, Lynn Harrell, Joseph Silverstein, Peter Donohoe, Leonidas Kavakos, Imogen Cooper, Jonas Vitaud, Jérôme Ducros et David Kadouch..

En 2005, il a enregistré des sonates d’Elgar, de Janácek et de Debussy avec Martin Roscoe. En 2006, sous le titre Blues paraît son deuxième enregistrement avec Wayne Marshall. Vient de paraître l'enregistrement des concertos de Korngold et de Rósza (Orchid Classic) avec le Düsseldorfer Symphoniker dirigé par Yasuo Shinozaki.

Matthew Trusler joue un Stradivarius de 1711.

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maya_koch-2Maya Koch violon

Maya Koch a fait ses études musicales dans la classe de Josef Rissin à la Hochschule für Musik de Karlsruhe, avec Jean-Jacques Kantorow au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et David Takeno au Guildhall School of Music de Londres.

Elle a remporté de nombreux prix dont celui du concours Bach de Baden-Baden et le 1er prix de l’International Lions Competition de Porto.

Elle a joué comme soliste en compagnie de nombreux orchestres tels le Royal Philharmonic Orchestra, le Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz et le Arcata Stuttgart Chamber Orchestra, et en musique de chambre avec de divers artistes renommés tels Martha Argerich, Ivry Gitlis, Sarah Koch et le Schubert Ensemble. Maya Koch se produit régulièrement en soliste et au sein du London Conchord dans de nombreuses salles et divers festival tels le London’s Wigmore Hall, le Cheltenham Festival, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Teatro della Pergola à Florence, le Tsuda Hall de Tokyo, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Son disque consacré à Poulenc, Stravinski et Milhaud pour Orchid Classics a reçu le «_Recital Selection of the month_» du Strad Magazine.

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La_MarcaokAdrien La Marca alto

Né en 1989, Adrien La Marca débute la musique à l’âge de six ans et est admis en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Jean Sulem.

Prenant part à de nombreuses master classes, Adrien s’enrichit auprès de grands musiciens tels que Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Tatiana Mazurenko, Péter Csaba, Miguel Da Silva, Lars Anders Tomter, Hatto Beyerle, David Geringas, Thomas Riebl, Ulf Ulsher, Serge Collot, Vladimir Mendelssohn.

Il passe en mai 2009 son prix du Conservatoire national supérieur de musique de Paris qu'il obtient avec mention très bien à l'unanimité.

Parallèlement, il participe à de prestigieux festivals tels le Merrick Festival à Miami en 2004, les Nuits pianistiques à Aix-en-Provence en 2006, Jeunes Talents à Paris, Musica à Strasbourg et la Grange Meslay à Tours en 2007, Musique sur Ciel à Cordes-sur-Ciel et l’Août musical de Deauville en 2008 et 2009, les festivals de Pâques de Deauville, de Saint-Côme et de Kuhmo (Finlande) et à la fondation Singer-Polignac en 2009.

Il est invité au cours de l'été_2008 à prendre part à l’International Music Academy – Switzerland de Seiji Ozawa où il travaille avec Robert Mann, Pamela Franck, Nobuko Imaï, Sadao Harada et Seiji Ozawa.

Durant la saison 2007-2008, Adrien est entré à l’académie de l’orchestre de Paris où il a pu jouer sous la direction de grands chefs tels que Valery Gergiev, Christoph Eschenbach, Jirí Belohlávek, ou encore Marin Alsop.

Il se produit en soliste dans la Symphonie concertante de Mozart avec l’orchestre lyrique d’Avignon et l’orchestre de chambre de l’académie de Cervo (Italie) sous la direction de David Geringas. Cette année, Adrien a joué aux côtés d'artistes de renom tels que David Grimal, François Salque, Lise Berthaud, Jérôme Pernoo, Ayako Tanaka_ou encore le quatuor Ebène.

En août 2009, il est lauréat du concours international Brahms en Autriche.

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laferriereVictor Julien-Laferrière violoncelle

Né à Paris en 1990, Victor Julien-Laferrière débute le violoncelle à l’âge de sept ans avec René Benedetti. Après deux années passées auprès de Philippe Muller, il entre à treize ans au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Roland Pidoux où il obtient brillamment son diplôme en 2008.

Parallèlement, il prend part depuis 2005 à l’International Music Academy Switzerland de Seiji Ozawa (où il reçoit l’enseignement de Pamela Franck et Robert Mann), et profite lors de master classes des conseils de Frans Helmerson et Gary Hoffman. En 2008, il est l’élève de Jens-Peter Maintz à l’Universität der Kunste de Berlin, et depuis 2009 il se perfectionne à Vienne auprès de Heinrich Schiff. Il remporte en 2009 le 2e prix du concours international de Markneukirchen.

Victor Julien-Laferrière a déjà interprété avec orchestre les Variations Rococo de Tchaïkovski, le concerto en ut de Haydn ainsi que celui en si mineur de Dvorak. Il a été l’invité des festivals de Berne (festival Bach), Deauville (festival de Pâques et Août musical), Besançon, de la Grange de Meslay (les Musicales), Cordes-sur-Ciel, des Rencontres de violoncelle de Beauvais, de la fondation Singer-Polignac, des Sommets musicaux de Gstaad et du Kuhmo Chamber Music Festival en Finlande. Il a fait partie des ensembles en résidence du festival de La Roque-d’Anthéron, et a joué également avec Augustin Dumay, Vladimir Mendelssohn François Salque, David Grimal, Matthew Trusler, Lise Berthaud, Bertrand Chamayou, Jonas Vitaud. Nombre de ses concerts ont été captés par France musique ou Mezzo.

Victor Julien-Laferrière jouera en récital à l’Auditorium du Louvre durant la saison 2009-2010.

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Jeudi, 21 janvier 2010
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Description :


La Fondation d’entreprise Banque Populaire

La Fondation est l’instrument de mécénat de la Banque Populaire dans les domaines de la culture, de la solidarité et des initiatives sociétales. Elle a pour objectif de jouer un rôle de découvreur, en sélectionnant des candidats et des projets originaux et novateurs, et de rechercher l’excellence en accordant la priorité à la créativité, au talent et à l’engagement.

Depuis 18 ans, la Fondation a aidé 166 jeunes musiciens et 17 compositeurs à démarrer leur carrière et à se faire connaître du grand public. Les bourses accordées leur ont permis de passer de grands concours internationaux, de se former auprès de maîtres renommés, d’enregistrer un premier disque, de donner davantage de concerts ou, pour les compositeurs, de créer une œuvre.

271 jeunes handicapés physiques ont également bénéficié de son appui pour réaliser leur projet de vie, soit en suivant une formation professionnelle ou des études supérieures, soit en créant leur entreprise, en pratiquant du sport à très haut niveau ou encore en développant une carrière artistique.

A partir de 2010, la Fondation valorise les initiatives sociétales d’intérêt général portées par des entrepreneurs. Ces projets devront être reproductibles. La Fondation met en valeur l’entrepreneur ou les entrepreneurs porteur (s) du projet qu’elle accompagne pendant plusieurs années. La Fondation souhaite ainsi contribuer au développement du mécénat chez les entrepreneurs de la sphère économique.

Des jurys, composés de personnalités qualifiées, sélectionnent les candidats pour chacun des trois secteurs d’intervention et proposent les lauréats au Conseil d’administration de la Fondation, qui décide de l’attribution des subventions.

La Fondation s’engage dans la durée en aidant les lauréats de 1 à 3 ans. Ses actions s’inscrivent dans le respect des valeurs des Banques Populaires : l’Homme, l'Audace, et la Coopération.

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Oeuvres :

Franz SCHUBERT (1797-1828) / Franz LISZT (1811-1886)

  • Du bist die Ruh pour piano
  • Auf dem Wasser zu singen pour piano

Paul HINDEMITH (1895-1963)

  • Sonate pour trompette et piano (1939)

Franz SCHUBERT

  • Quintette pour piano et cordes La Truite opus 114 D. 667
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Interprètes :

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« Aider les jeunes talents d’aujourd’hui à être les « grands » de demain, est la vocation de la Fondation d’entreprise Banque Populaire. Au seuil de ce merveilleux parcours de musiciens qui les attend, à l’orée d’une vie consacrée au don de soi et au partage, la Fondation est heureuse d’accompagner quelques années ces jeunes artistes. Dans le périlleux contexte actuel où nous vivons, l’avenir de l’être humain dépend de plus en plus de l’état d’esprit de chacun d’entre nous. Puissent la beauté, le talent, la jeunesse et la musique donner une orientation plus charismatique à ce monde, où les vraies valeurs ont besoin, plus que jamais, d’être défendues. Merci à la Fondation Singer-Polignac de recevoir si généreusement et si chaleureusement les lauréats de la Fondation Banque Populaire. »

Marielle Nordmann, présidente du Jury Musique

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Natacha Kudritskaya piano

Formée à Kiev, à l'école de Lysenko, puis à l'Académie musicale nationale Tchaïkovsky avec Irina Barinova et Igor Riabov, Natacha Kudritskaya entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe d'Alain Planès en 2003. En 2007, elle obtient son diplôme avec une mention très bien à l'unanimité du jury au récital du prix de piano, puis est admise en cycle de perfectionnement dans la classe de Jacques Rouvier.

Dans le cadre d¹un partenariat avec le Conservatoire de Paris elle travaille avec Stefan Vladar pendant un semestre à l'Université de musique à Vienne.

Elle participe en tant que soliste et chambriste à l'académie Maurice Ravel où elle suit les cours de Jean-Claude Pennetier, de Christoph Eschenbach et obtient le prix de l¹Académie.

Elle effectue plusieurs tournées aux États-Unis avec l'orchestre symphonique de Kiev, interprétant les concertos de Grieg, Scriabine et Rachmaninoff et la Rhapsodie in Blue de Gershwin.

Natacha est lauréate du concours Rachmaninoff des Jeunes pianistes à Velikiy Novgorod (Russie), finaliste du concours « Yamaha » en 2005, grâce auquel elle se produit à l'auditorium du musée d¹Orsay, à la Cité de la Musique, Salle Cortot. Elle est invitée en 2008 au festival de musique de Santander où elle travaille avec Dmitri Bashkirov et Claudio Martinez Menher.

En France, Natacha se produit à la Roque d'Anthéron dans le cadre des ensembles en résidence, ainsi qu'au festival de la Grange de Meslay, festival de Dinard, festival de l'Epau. Elle est aussi invitée aux festivals de Gstaad, Genève, Riga, Francfort, Vienne, Attergau.

Soutenue dans ses études par Oriolis en 2007, elle est en 2008 boursière de l'Adami et lauréate-boursière de Mécénat Musical Société Générale pour l'année scolaire 2008-2009 et lauréate 2009 de la Fondation Groupe Banque Populaire.

 

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leleu2558Romain Leleu trompette

Romain Leleu est admis à quinze ans au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et y reçoit en 2003 un 1er prix de trompette et un prix de musique de chambre. Il suit par ailleurs les cours de Reinhold Friedrich à la Hochschule für Musik de Karlsruhe en Allemagne. Lauréat du concours international du Festival musical d’Automne de jeunes interprètes et prix spécial d’interprétation du concours international Lieksa Brass Week en Finlande en 1999, il remporte en 2005 le 3e prix du concours international de musique de chambre de Lyon et est nommé Révélation Classique de l’Adami ainsi que Révélation Instrumentale des Victoires de la musique classique 2009.

Romain Leleu se produit lors d’importants festivals et sur de grandes scènes tels le musée d’Orsay, les festivals de la Roque-d’Anthéron, Radio France de Montpellier, de Saint-Denis, d’Auvers-sur-Oise, de Prades, Estival d’Annecy, les Flâneries Musicales de Reims et en soliste avec l’orchestre national de Lorraine, l’orchestre de Bretagne, l’orchestre de Cannes, l’orchestre des Concerts Colonne, le Württembergisches Kammerorchester Heilbronn.

Romain a aussi collaboré avec Karol Beffa (créations de Subway et NuitEtoilée), Philippe Hersant (création de Folk tunes) et ?ric Tanguy.

Romain fonde en 2000 le Feeling Brass Quintet. Chaleureusement salué par le public en France et à l’étranger, cet ensemble de cuivres est choisi en 2006 par CulturesFrance pour bénéficier du programme Déclic en partenariat avec Radio France et Mécénat Musical Société Générale.

Depuis 2002, Romain Leleu est Artiste Yamaha et lauréat de la Fondation Meyer.

Son premier disque paru en mars 2008 est consacré à des œuvres originales pour trompette et piano (Indesens). Romain Leleu est lauréat de la Fondation d'entreprise Banque Populaire depuis juin 2009 et occupe un poste de trompettiste à la musique de l’Armée de l’Air.

Fin 2009, Romain était notamment en récital à l’Auditorium du musée d’Orsay et à l’?glise Saint-Louis des Invalides.

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IMG_4GjeziKristi Gjezi violon

Kristi Gjezi est né le 17 juin 1990 à Tirana en Albanie. En 1994, sa famille s’installe à Bordeaux. Il acquiert la nationalité française en 2003. Dès l’âge de quatre ans et demi, il suit des cours de violon avec son père, violoniste soliste du Grand Théâtre de Tirana, actuellement professeur de violon à Bordeaux. ? neuf ans, il interprète le 3ème concerto de Saint-Saëns pyis donne un premier récital à la chapelle de Bègles où il joue Bach, Mozart, Paganini et Schubert.

En 2004 , il remporte le prix de violon Marc Bourgeois sous l’égide de la Fondation de France. En 2002, il participe à l’académie de Biarritz dans la classe de Gérard Poulet.

En 2001, il est 1er prix de violon du concours des jeunes interprètes de Canet-en-Roussillon. En 1999 , il reçoit le diplôme d’honneur de la catégorie excellence du concours national d’archet d’or à Léognan. En 1997 et 1998, il remporte le concours départemental des écoles de musique de Gironde (1er prix de violon à l’unanimité), la première médaille du tournoi du Royaume de la musique (prix Radio France).

En 2003, il entre au CNSM de Paris dans la classe de Patrice Fontanarosa. Il finit son cycle de perfectionnement au Conservatoire de Bordeaux. Il obtient la Médaille d’honneur de la ville de Bordeaux, mention très bien avec félicitations et à l’unanimité.

L'été 2004 , il participe au festival d’été de Gironde. Il y joue accompagné par l’orchestre de chambre du Collegium Musicum d’Aquitaine, la Carmen Fantasy de Sarasate.

En 2007, il termine le cycle supérieur au CNSM de Paris et obtient son DFS mention très bien. Il joue Bach, Ysaÿe, Paganini en septembre au Hall du Grand théâtre de Durrës en Albanie.

Il est invité dans de nombreux festivals : Musicales de Bagatelle, festival de Mayenne, les Flâneries de Reims, festival Klasik (Albanie)…

Il joue également en soliste avec l’orchestre philharmonique d’Oradea (Roumanie), l’orchestre des lauréats du CNSM de Paris, l’orchestre du PACA, l’orchestre Pasdeloup, l’orchestre philharmonique de Zurich, l’orchestre symphonique de Navarre, les concertos de Mendelssohn, Glazunov, Beethoven et Brahms…

Kristi Gjezi a remporté aussi le 1er prix au concours international d’Avignon, le 1er prix, prix P. Salvi et le prix de la meilleure exécution de l’œuvre contemporaine au concours FMAJI ; le 2ème prix du concours P. de Sarasate (Espagne) et le 3ème prix du concours international de violon T. Varga (Suisse)

Il est également lauréat de la Fondation Groupe Banque Populaire en 2007.

Kristi Gjezi joue un Gagliano de 1703 prêté par la Fondation Zilber.

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_DchamrinaSC1315Adelia Chamrina alto

Née en 1983 à Kazan (Russie), Adeliya Chamrina y entreprend des études de violon avec Yulia Vivat, puis, à l’âge de quinze ans, d’alto avec Nicolaï Laptiev à l’école pour Jeune Talents. Elle obtient le second prix au Concours de musique de la République, puis, dès l'acquisition de son diplôme, se voit offrir un poste à l'orchestre de Kazan « La Primavera ».

En 2003, elle décide de poursuivre sa formation et quitte la Russie. Elle est aujourd’hui diplômée du CNSM de Paris, où elle a étudié dans la classe de Gérard Caussé.

Elle remporte en 2005 le concours Flame à Paris et en 2006 le concours du festival Bled en Slovénie.

Elle devient en 2008 lauréate de la Fondation Groupe Banque Populaire et de la fondation Adami.

Adeliya Chamrina se produit en récital et musique de chambre en Europe et en Russie (festivals de Santander, Kuhmo, Les Musicales à Bagatelle, Printemps musical de Saint Cosme, festival Consonances de Saint-Nazaire; IRCAM),ainsi qu'à la Cité de la musique, au théâtre Mogador, au théâtre de Champs-?lysées et à la Salle Pleyel).

 

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jshawJacob Shaw violoncelle

Lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, Jacob Shaw s'est déjà produit dans les plus grandes salles d'Europe (Meistersingerhalle Nürnberg, Salle Gaveau Paris, Konzerthaus Berlin, Royal Festival Hall London) et les festivals les plus réputés (Gstaad, Lockenhaus, Kronberg, St-Lizier).

L'année 2009 l'a mené au Japon. Pour les saisons à venir, il est invité en Chine du Sud et à à Séoul.

En 2009, il est lauréat de la Fondation Groupe Banque Populaire.

Né en 1988 dans une famille de musiciens, Jacob Shaw a été élève de Geneviève Teulières-Sommer, à la prestigieuse École Yehudi Menuin à Londres, puis à l'École normale supérieure de musique de Paris Soutenu par l'association ASSOPHIE, il fut le plus jeune violoncelliste dans l'histoire de l'école à obtenir le diplôme de concertiste, à l'unanimité et avec les félicitations du jury. Jacob a étudié en 2008 avec Janos Starker et Csaba Onczay aux États-Unis et suit actuellement les conseils de Julius Berger au Leopold Mozart Zentrum (Augsburg University).

Ses partenaires récents ont été Daniel Blumenthal, Daniel Gaede, Andrius Szabys et Pierre-Henri Xuereb. Avec José Gallardo, il prépare actuellement son premier C.D, consacré à Brahms, qui paraîtra en 2010.

Jacob Shaw a fondé le Festival international de musique de chambre en Charente et assiste Julius Berger au Leopold Mozart Zentrum (Augsburg university).

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FBFanny Béreau contrebasse

Fanny Béreau est née à Bayonne en 1985. Elle fait ses études musicales au conservatoire de Dijon, puis à l’âge de 19 ans,entre au CNSM de Paris. Elle en sort trois ans plus tard avec le prix de contrebasse, mention très bien à l’unanimité.

En 2006, elle remporte le 2ème prix du Concours international « Haut les Basses ».

En mai 2009, elle est lauréate de la Fondation banque Populaire.

Actuellement, elle joue dans l’orchestre des lauréats du Conservatoire et se perfectionne avec Frédéric Stochl et Roland Pidoux.

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Carcano_Gabriele15_foto_PilvaxstudioBalazs_BoroczGabriele Carcano piano

Gabriele Carcano est né à Turin en 1985. Il commence ses études de piano à l'âge de huit ans. ? dix-sept ans, il obtient le diplôme final à l’unanimité et une mention spéciale au Conservatoire G. Verdi de Turin.

Il poursuit son travail sous la direction d' Andrea Lucchesini à l’Académie de Pinerolo, jusqu'au diplôme de master reçu en 2008, ainsi qu' avec Aldo Ciccolini.

En 2006 il suit le troisième cycle au CNSM de Paris avec Nicholas Angelich et continue à travailler sous la direction de Marie-Françoise Bucquet.

En novembre 2004, après avoir gagné de nombreux autres concours, il remporte le prix Casella de la XXIe édition du prix Venise, ce qui lui permet de jouer à « La Fenice » de Venise et lui vaut régulièrement des invitations dans les salles italiennes. Son activité musicale est à présent très intense, soit en soliste, soit en musique de chambre. En France, un récital Beethoven très remarqué au festival de Montpellier Radio France en 2006 lui vaut une nouvelle invitation pour jouer avec Aldo Ciccolini et l'orchestre national de Montpellier le concerto pour deux pianos de Poulenc, d’abord lors du concert de clôture du festival, en juillet 2007, sous la direction d'Alain Altinoglu, puis à Paris, salle Pleyel, en avril 2008, sous la direction de Lawrence Foster.

Il est réinvité pour la troisième année au festival de Montpellier en juillet 2008. Il est choisi par l’orchestre de chambre de Mantoue lors d’une tournée en Italie en 2008 qui a été saluée par la presse.

Il a joué en récital au Théâtre de l'Opéra de Hanoi, au festival Piano en Saintonge, à Rome, Messine et Bologne et bientôt à Hem, Saïgon, Hanoï et Paris, avec orchestre avec le Virtuosi Italiani à Vérone et à Milan avec l'orchestre de Pomeriggi Musicali.

Il a bénéficié de bourses de l'association De Sono, de la Fondation CRT, de la Fondation Meyer et s'est vu attribué le prix de la Fondation Groupe Banque Populaire.

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Concert de saison hors les murs
Jeudi, 17 décembre 2009
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Description :

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Oeuvres :

JOSEPH HAYDN

  • Lauda Sion en si bémol majeur pour chœur et orchestre (extrait de Responsoria de Venerabili, hob.XXIIIC)
  • Missa brevis Sancti Joannis de Deo en si bémol majeur pour soprano, chœur et orchestre Hob. XXII: 7

MICHAEL HAYDN

  • Tenebrae factae sunt en mi majeur pour chœur a capella

JOSEPH HAYDN

  • Salve Regina en mi majeur pour soprano, chœur, cordes et orgue hob. XXIIIB : 1

MICHAEL HAYDN

  • Ave Regina en do majeur pour double chœur a capella

HYACINTHE JADIN (1776-1800)

  • Quatuor à cordes en la mineur opus 3 n°3, dédié à Joseph Haydn

JOSEPH HAYDN

  • Ave Regina en la majeur pour soprano, choeur et orchestre Hob. XXIIIB : 3
  • Sit laus plena en la majeur pour chœur et orchestre (extrait de Responsoria de Venerabili, hob. XXIIIX)
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Interprètes :

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  • Elisandra Melian soprano
  • Quatuor Cambini
    • Julien Chauvin, Karine Crocquenoy violon, Cécile Brossard alto, Atsushi Sakaï violoncelle
  • Solistes du Cercle de l'Harmonie
    • Julien Chauvin, Clara Lecarme, Pierre-Eric Nimylowycz, Tami Troman, Karine Crocquenoy, Blandine Chemin, Mieko Tsubaki alto, Cécile Brossard alto, Atsushi Sakaï violoncelle, Thomas de Pierrefeu contrebasse, Florent Maupetit, Cyrille Grenot cor, Frédéric Rivoal orgue
  • Julien Chauvin violon solo
  • Frédéric Rivoal orgue
  • Ensemble Vocal Aedes
    • Maïlys de Villoutreys, Agathe Boudet, Laura Holm, Judith Derouin, Sophie Gélis sopranos, Fiona McGown, Julia Beaumier, Pauline Leroy, Mélodie Ruvio altos, Guillaume Gutierrez, Florent Thioux, Camilo Angarita, Safir Behloul ténors, David Pergaud, Jérémie Delvert, Julien Guilloton, Nicolas Brooymans, Sorin Dumitrascu basses
  • Mathieu Romano direction
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Mardi, 17 novembre 2009
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Description :

Pour ou contre Wagner
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Oeuvres :

Richard Wagner ( 1813-1883)

  • Wesendonck-Lieder pour voix et piano

Ernest Chausson (1855-1899)

  • Chanson perpétuelle pour voix, piano et quatuor à cordes

Gabriel Fauré / André Messager (1845-1924 / 1853-1929)

  • Souvenirs de Bayreuth pour piano à quatre mains

Richard Wagner / Franz Liszt (1813-1883 / 1811-1886)

  • La mort d’Isolde pour piano

Georges Bizet (1838-1875)

  • Variations chromatiques pour piano
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Interprètes :

 

Carole Petitdemange, Jonas Vitaud, Olivia Hughes, Irina de Baghy, Caroline Donin et Joëlle Martinez

 

Quatuor Ardeo

  • Carole Petitdemange violon
  • Olivia Hughes violon
  • Caroline Donin alto
  • Joëlle Martinez violoncelle

Irina de Baghy mezzo-soprano

Irina de BaghyLa jeune mezzo-soprano canadienne Irina de Baghy débute à six ans dans des comédies musicales au Canada, puis participe aux master classes de grands artistes de jazz renommés tels que Sheila Jordon ou Jay Clayton. En 1999, Irina de Baghy se découvre une passion pour l’art lyrique au cours de ses études à la Bishop’s University de Lennoxville (Québec). Elle s’est vu décerner de nombreux prix parmi lesquels, The Friends of Music Award 1999-2000, The Howard Brown Prize in Music 2000-2001 et 2001-2002, ainsi que le prix universitaire Top Graduating Student 2002-2003. En 2002, Andrew MacDonald lui confie le rôle de Thétis pour la création mondiale de son opéra Andromache. Depuis 2006, Irina de Baghy a donné de nombreux récitals aux États-Unis (Sharon Springs, New York), au Canada (Lennoxville, Banff Center of Arts- Rolston Recital Hall), et en Allemagne (Überlingen). Elle s’est produite en France à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, au Studio Théâtre de la Comédie Française, à la Salle Berthier, ainsi qu’au Festival Dedans-Dehors du Théâtre Brétigny. Elle a aussi participé à plusieurs reprises à l’émission de Stephane Goldet « Atelier des chanteurs » sur France Musique. Elle réside maintenant à Paris où elle a terminé récemment son DESS « Art du récital » avec mention très bien, sous la direction de Françoise Tillard à la Sorbonne Paris III. Par ailleurs, elle a obtenu son diplôme supérieur et son diplôme de concert à l’unanimité avec Jacqueline Bonnardot à la Schola Cantorum. Irina de Baghy poursuit ses études de chant au Conservatoire national supérieur de musique de Paris sous la direction de Peggy Bouveret. Elle vient de remporter, vendredi 13 novembre 2009, le 1er prix du concours international de chant Nadia et Lili Boulanger. Le jury prestigieux était composé de Irwin Gage, Jean-Louis Haguenauer, Tom Krause, François Le Roux, Mitsuko Shirai, Roger Vignoles et Ronald Zollman.

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Jonas Vitaud piano

Jonas VitaudJonas Vitaud commence le piano à six ans et l’orgue à onze ans. À douze ans il obtient le prix d’honneur du « Royaume de la musique » de Radio France et joue en soliste avec l’orchestre de la Garde républicaine. Lauréat de la Fondation Tarazzi et de la Fondation Drouet-Bourgeois, il obtient au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris quatre premiers prix : piano, (Brigitte Engerer), musique de chambre, (Christian Ivaldi), accompagnement au piano (Jean Koerner) et harmonie (Jean-Claude Raynaud). Il est admis à l’unanimité en cycle de perfectionnement, et reçoit de la Fondation Alfred Reinhold de Leipzig un piano à queue Blüthner. Lauréat de plusieurs concours internationaux (Lyon, Trieste, Munich, Beethoven de Vienne), il est l’invité des principaux festivals français (Sceaux, Reims, Deauville, Noirlac, Musique sur Ciel, Sully, La Roque d’Anthéron, Piano en Valois, Radio France, Lac du Bourget) tant en soliste qu’en chambriste. En Allemagne, Angleterre, Espagne, Russie, Iran, Italie, Japon, Pologne, Chine et Thaïlande,, il se produit avec Bertrand Chamayou, Aldo Ciccolini, Augustin Dumay, Brigitte Engerer, Philippe Cassard, Alexandre Tharaud, Laurent Korcia, les quatuors Debussy et Ébène et a collaboré avec les compositeurs Henri Dutilleux, Thierry Escaich et György Kurtág, Thomas Adès, Christian Lauba, Philippe Hersant au Festival de Cordes-sur-Ciel. Avec Julien Dieudegard (violon) et Noémi Boutin (violoncelle), il forme le trio Cérès. Il participe régulièrement à des émissions sur France Musique ou Radio Classique.

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Guillaume Vincent piano

Guillaume VincentGuillaume Vincent est né le 9 octobre 1991 à Annecy. Il a commencé le piano à l’âge de sept ans au Centre de pratique musicale d’Annecy. Très tôt il a fait preuve d'une grande passion pour la musique et d'un profond plaisir de jouer en public. C’est à l’âge de dix ans qu’il y jouait la première fois avec orchestre, et les années suivantes le concerto n° 21 de Mozart et le concerto n° 3 de Beethoven. A treize ans, il était invité aux côtés du trompettiste David Guerrier aux « Jeunes Talents » organisé en 2005 par le Lion’s Club International au Théâtre d’Annecy, où il interprétait le concerto n° 1 de Beethoven et La Vallée d’Obermann de Liszt. Après avoir suivi des master-classes avec François-René Duchable et Jacques Rouvier, il est admis en 2005 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Jacques Rouvier. En janvier 2007, lors d’un concert organisé par la Fondation de France au Conservatoire de Paris, il reçoit le prix Drouet-Bourgeois et obtient une bourse pour y poursuivre ses études. En juin 2006 et 2007, il a réussi brillamment ses examens de fin de première et deuxième années en piano et en musique de chambre avec une mention très bien à l’unanimité du jury. En 2008, il a obtenu la mention très bien à l'unanimité du jury au prix du Conservatoire de Paris en 2008, y acquérant parallèlement son diplôme de formation supérieure. En septembre 2008, après le concours de Leipzig, il est sélectionné en janvier 2009 pour le concours «Young Concertists Auditions » à New York où il sera demi-finaliste. En tant que premier nommé, il est invité à jouer au Festival d’Usedom le 2 octobre 2008. Il est actuellement en deuxième cycle supérieur au Conservatoire où il travaille auprès de Jean-François Heisser et Marie-Josèphe Jude. En mars 2009, il a donné un récital au Festival « Pianos en Saintonge » à l’invitation d’Anne Queffélec. Il s’est déjà produit de nombreuses fois en concert à Paris, en province et à l’étranger (Suisse, Portugal, Hongrie, Californie).

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Quatuor Ardeo

Quatuor ArdeoConstitué en 2001 au sein du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, le quatuor Ardeo fait d’ores et déjà partie des jeunes formations françaises reconnues. Il remporte en septembre 2004 le second prix et deux prix spéciaux au Concours international de quatuor à cordes Chostakovitch à Moscou et en mai 2005, le premier prix de la FNAPEC lui est décerné par la Fondation Polignac. En juin 2005, il reçoit le deuxième prix ainsi que le prix de la presse internationale au Concours international de quatuor à cordes de Bordeaux. Puis en juillet 2007, le quatuor se distingue au Concours international de musique de chambre de Melbourne, où il a remporté le troisième prix. En juin dernier, les Ardeo obtiennent le troisième prix au Concours international Paolo Borciani à Reggio Emilia, devenant ainsi le premier ensemble français lauréat de cette compétition depuis sa création. Ayant reçu l’enseignement de Rainer Schmidt (quatuor Hagen) à l’Escuela Superior de Musica Reina Sofia de Madrid pendant l’année universitaire 2004/2005 grâce à une bourse octroyée par l’entreprise Sacyr, puis au sein de l’Instituto de Musica de Camera de Madrid (2006/2007), il bénéficie également de masterclasses du quatuor Hagen (Mozarteum de Salzbourg), de Pierre-Laurent Aimard (Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris), Walter Levin, Günter. Pichler, Paul Katz (programme de formation Pro-Quartet), de Peter Frankl, du Fine Arts Quartet, de Milan Skampa, François Salque, Alain Meunier, Alessandro Moccia. Invité à se produire dans de nombreux festivals et salles de concerts en France et à l'étranger (Noël au Kremlin – Moscou, Santander - Espagne, Kuhmo - Finlande, Musée d’Orsay, Concertgebouw d’Amsterdam, Musiques d’Eté d’Epernay, festivals du Comminges, d’Entrecasteaux, de Gigean, Les Dominicains en Haute Alsace Musique en Périgord, Moments musicaux de la Baule, Septembre musical de l’Orne, Orangerie de Sceaux, Festival de Corbigny, Rencontres des musiciennes d’Ouessant). Le quatuor Ardeo a été choisi par Culturesfrance pour bénéficier du programme Déclic, en partenariat avec Radio France et soutenu par Mécénat Musical Société Générale depuis 2005. En mars 2007, le quatuor a présenté son premier disque consacré aux deux premiers quatuors de Charles Koechlin. Joëlle Martinez joue un violoncelle de Charles Jacquot (1846) prêté par la Fondation Zilber. Le quatuor est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.

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Jeudi, 08 octobre 2009
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Description :

A Paris et à Venise auprès de Winnaretta…

Sur Reynaldo Hahn

« Il admirait grandement Gabriel Fauré, Gounod et Bizet. A Paris et à Venise, nous passâmes d’innombrables soirées ensemble à jouer toutes sortes de musique : française, allemande, italienne et anglaise… A certains de mes concerts, le nom de Reynaldo apparaissait sur le programme. Mais que ce fût parce qu’il n’était plus très jeune, ou parce que la nouvelle génération avait des buts musicaux qu’il n’aimait pas, il se prit d’aversion pour les jeunes compositeurs les plus avancés et ne vint quasiment plus à mes concerts pendant de longues années. »

Extraits de Souvenirs de Winnaretta Singer, princesse de Polignac – Fondation Singer-Polignac, Paris 2000

Monsieur le Président, chers amis,

Je suis particulièrement heureux d'ouvrir cette nouvelle saison de concerts en compagnie de Reynaldo Hahn, compositeur auquel je voudrais m'attarder dans cette brève présentation. D'abord parce qu'il est, évidemment, bien plus oublié que l'autre musicien du programme, Johannes Brahms ; mais aussi parce qu'il fut étroitement lié à la princesse de Polignac, comme habitué de cet hôtel, de ce salon de musique, et aussi du palais que Winnaretta possédait à Venise, sur le grand Canal.

Voici quelques jours à peine, je passais en vaporetto devant cette merveille de la Renaissance, et j'essayais de m'imaginer la Venise des années 1900, tel que l'a décrite Reynaldo Hahn dans ses Notes sans musique. Il raconte en particulier comment, pour ses amis du tout-Paris, il lui arriva de donner un concert nocturne sur une gondole où l'on avait embarqué un petit piano, devant lequel il chantait en s'accompagnant lui-même :

« Dans une barque illuminée, j'étais seul avec le piano et deux rameurs. Les gondoles se sont groupées autour de moi ; nous nous sommes installés à un carrefour où débouchaient trois canaux, au dessous de trois ponts d'une coupe charmante. J'ai chanté de tout ; pas un mot n'était perdu... Peu à peu, des passants se sont rassemblés, garnissant les balustrades des ponts ; un public plébéien s'est formé, compact, attentif... « Ancora ! Ancora ! » criait-on de là-haut. »

Tout Reynaldo Hahn est dans cette évocation : à la fois chanteur, poète, musicien, mondain, voyageur... Et ce mélange explique sans doute pourquoi sa place est aussi discrète dans l'histoire de la musique : comme son ami Proust, ses contemporains le regardaient parfois comme un talentueux dilettante, mais pas tout à fait comme un compositeur à part entière; ce qui est injuste en regard de la qualité de son œuvre

*

Rappelons que Reynaldo Hahn est né à Caracas avant que sa famille ne s'installe à Paris, dans le quartier de l'Élysée. Très jeune, il entre au Conservatoire, où il devient l'élève favori de Massenet, son professeur de composition. Dès l'âge de quatorze ans, le succès de ses Chansons grises, mélodies sur des poèmes de Verlaine, fait de lui un personnage célèbre et une coqueluche des salons, spécialement celui de madame Alphonse Daudet où il se lie avec les fils de la famille, puis avec Marcel Proust. Sans entrer dans le détail de leurs relations, rappelons que les biographes de l'écrivain s'accordent pour reconnaître que Reynaldo est resté jusqu'à sa mort son ami le plus proche. Mais le jeune compositeur subjugue aussi les poètes, comme Verlaine qui, dit on, pleurait en écoutant ses Chansons grises, et Mallarmé qui broda pour lui quelques jolis vers :

« Du do premier au final do

glissent les doigts de Reynaldo »

Habitué des salons et de la haute société (le roi Édouard VII avait, parait-il, beaucoup de sympathie pour lui), Reynaldo Hahn est également un amoureux de la chanson et du café concert. Il entraine Proust aux Concerts Mayol et composera encore, à la fin de sa vie, quelques couplets pour Arletty dans sa comédie musicale O Mon bel inconnu. D'un registre à l'autre, il dirige Mozart à Salzbourg, s'enthousiasme pour Le Sacre du Printemps et ne rate pas une exposition de peinture. Son goût cultive jusqu'à l'extrême un mélange très parisien de grand art et de légèreté

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Reynaldo Hahn n'en est pas moins, je le disais, un vrai compositeur, dont l'art se caractérise au moins de deux façons :

Sa première qualité, et la plus éclatante, est un sens inné du texte chanté, qui n'étonne guère de la part d'un tel amoureux de la littérature. Hahn sait naturellement mettre en musique les mots, l'idée, la poésie ; sa ligne mélodique colle idéalement à la phrase, que ce soit dans ses recueils de mélodies avec piano, ou, plus tard, dans une série d'opérettes qui comptent parmi les chefs-d'œuvre du genre : Mozart, Brummel, Malvina.

Mais Reynaldo Hahn est aussi un classique à la française, épris de demi-teinte et de concision, amoureux du détail harmonique ou orchestral. Toute sa vie, il se reconnaîtra pour maître Camille Saint-Saëns, en proclamant qu'« il ne saurait y avoir de compositeur plus musicien ». Ce goût néoclassique avant l'heure apparaît dans une œuvre instrumentale relativement importante avec plusieurs concertos, des pièces pour piano et des œuvres de musique de chambre, en tête desquelles figure le Quintette que nous allons entendre.

Dans cette composition créée salle Gaveau en 1922 (à l'époque de Ciboulette), Reynaldo Hahn recourt à une combinaison instrumentale particulièrement prisée dans notre pays, où l'on préfère le trio, le quatuor et le quintette « avec piano ». Gabriel Fauré, autre disciple de Saint-Saëns, a employé magnifiquement cette formation, et on peut trouver quelque chose de fauréen dans la couleur mélancolique du Quintette en fa dièze mineur de Reynaldo Hahn... sauf que l'œuvre date des années vingt, alors qu'elle pourrait avoir été composée à la fin du XIXe siècle : signe de conservatisme, mais aussi d'indépendance, salué par le grand critique Claude Rostand : « C'est là, de toute la production de Reynaldo Hahn, la page que je choisirais, s'il fallait qu'il n'en restât qu'une. »

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Ce conservatisme devrait aussi rapprocher Reynaldo Hahn de son aîné Johannes Brahms : l'un et l'autre partagent le même amour de la tradition et le même refus des excès post-romantiques. Pourtant, le nom de Brahms est absent des écrits sur la musique de Reynaldo Hahn.

En vérité, les compositeurs français de cette époque ne prisent guère ce compositeur, tant paraît alors dominante la figure de Wagner dans le paysage allemand. Encore mal connu, Brahms se voit souvent réduit à la figure d'un conservateur un peu lourd qui se serait contenté d'exploiter le filon beethovénien. Il est amusant de rappeler à ce sujet quelques citations :

À propos du premier concerto pour piano, Camille Saint-Saëns écrit en 1879 : « Je ne vois pas d'inconvénient à convenir qu'il s'exhale du concerto en question – démesurément long - un ennui profond. Je connais ce concerto depuis longtemps ; voici la troisième fois que je l'entends, et je ne puis arriver à y découvrir un charme quelconque. Le sentiment en est lourd et maussade, les traits sont gauches et disgracieux ; la vie et la passion manquent à cette musique, qui semble s'agiter sur place, dans l'obscurité... ».

Saint-Saëns, moins dogmatique qu'on ne voudrait le croire, s'empresse toutefois d'ajouter : « M. Brahms me paraît infiniment supérieur dans ses quatuors, quintettes et sextuors pour instruments à cordes ; et dans ce genre si difficile, il a dépassé tous ses contemporains »

Debussy, de son côté, exécute le concerto pour violon, joué par Léopold Auer en 1903 : « Si j'étais une minute empereur de Russie, je menacerais M. L. Auer d'une immédiate Sibérie s'il continuait à mettre sa virtuosité au service de pareilles rocailleries ».

On voudrait discerner dans ces attaques une hostilité de principe envers la musique allemande, bien dans l'air du temps après la guerre de 1970. En vérité, cette sévère critique de Brahms n'a rien de spécifiquement français et on la retrouve chez la plupart des wagnériens à travers l'Europe, en particulier chez George Bernard Shaw. Les titres de ses articles en disent long : « L'assommant Requiem de Brahms », « Brahms ou la musique sans esprit ». Ces textes ont au moins l'avantage d'être spirituels lorsque Shaw écrit :

« La seule chose qu'on puisse dire à son avantage, c'est que ses caprices n'ont rien d'inconvenant : ce sont ceux d'un grand bébé, assez doué certes pour s'amuser avec des harmonies qui dépasseraient la plupart des adultes, mais bébé quand même, et qui n'est jamais plus heureux que quand il peut jouer avec une berceuse, toujours partant pour le cheval à bascule et le sucre d'orge, et toujours enclin, de façon quelque peu agaçante, à se déguiser en Haendel ou Beethoven et à faire un bruit prolongé et intolérable. »

C'est seulement après la guerre que la France commencera à aimer Brahms, comme en témoigne le célèbre titre de Françoise Sagan.

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Le goût change d'une époque à l'autre. Aujourd'hui, Brahms nous semble naturellement parlant. Son deuxième sextuor à cordes, op.36, fut composé en 1864, à l'âge de trente ans. Il marque la maîtrise atteinte par le compositeur dans la musique de chambre, juste avant de se tourner vers l'orchestre. On y retrouve la fidélité au premier romantisme, à la poésie de Schubert comme à la grande forme de beethovénienne, qui aurait dû, dans un autre contexte historique, séduire Reynaldo Hahn et ses contemporains... Heureusement, nous pouvons à présent aimer l'un et l'autre, dans la belle interprétation des jeunes musiciens de la Fondation auxquels il est temps de laisser la place.

Benoit Duteurtre

 

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Oeuvres :

  • Reynaldo HAHN

    • Quintette pour piano et cordes
  • Johannes BRAHMS

    • Sextuor à cordes n° 2 opus 36
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Interprètes :

Charlotte Juillard, Adam Laloum, Mi-Sa Yang, Adrien La Marca et Victor Julien-Lafferiere

 

Mi-Sa Yang, Charlotte Juillard,  Adrien La Marca, Adrien Boisseu, Yann Levionnois, Victor Julien Lafferriere

 

  • Mi-Sa YANG, Charlotte JUILLARD violon
  • Adrien LA MARCA, Adrien BOISSEAU alto
  • Victor JULIEN-LAFERRIERE, Yan LEVIONNOIS violoncelle
  • Adam LALOUM piano

Mi-Sa YANG violon

mi-sa-YangD’origine sud-coréenne, Mi-Sa Yang, est née à Osaka en 1987. En 2005, elle a été admise en cycle de perfectionnement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où elle a suivi l’enseignement de Jean-Jacques Kantorow et Olivier Charlier, ainsi que celui de Jens Mc Manama et de Vladimir Mendelssohn en musique de chambre. Elle a obtenu un 1er prix au concours international Yehudi Menuhin en 2000 ; le 3e prix et le prix spécial du jury au concours international de musique de Sendaï en 2001 ; le grand prix, le prix de musique française et le prix de musique contemporaine au Forum Musical de Normandie en 2006 et 2007 ; le prix de l’Académie Ravel en 2007 ; le 1er prix d’honneur de la catégorie « duo » au concours international de l’Union Française des Artistes Musiciens en 2008 ; le 1er prix de musique de chambre en trio au 55e concours international de musique Maria Canals de Barcelone en 2009. Depuis l’âge de douze ans, elle joue aussi bien en récital qu’en compagnie de formations telles que le London Mozart Players, le Sendaï Philharmonic Orchestra, le Tôkyô Symphony Orchestra, le New Japan Philharmonic, l’Osaka Philharmonic Orchestra, le Kyôto Symphony Orchestra, le Kansaï Philharmonic Orchestra. En mars 2008, elle a été invitée par l’Orquesta Ciudad de Granada pour jouer le concerto de Reynaldo Hahn sous la direction de Roberto Benzi. En outre Mi-Sa joue régulièrement dans diverses formations de musique de chambre. Elle a été l’invitée de prestigieux festivals et académies tels que l’Académie Maurice Ravel en 2008, les Fêtes musicales en Touraine, La Roque d’Anthéron, la Musique de chambre à Giverny, Cordes-sur Ciel et l’Août musical de Deauville. Depuis mars 2009, elle est lauréate de la Fondation Groupe Banque Populaire.

 

Charlotte Juillard violon

Charlotte-JuillardCharlotte Juillard entre en 2002, au CNSM de Paris dans la classe d’Olivier Charlier pour un cycle de quatre ans qu’elle achève avec l’obtention du diplôme de formation supérieure de violon. Elle y poursuit ses études avec le même professeur et Marc Coppey par un troisième cycle et part six mois en Allemagne travailler avec Mihaela Martin à la Hochschule de Cologne dans le cadre d’un échange Erasmus. Passionnée de musique de chambre, Charlotte Juillard a travaillé durant ses études avec Jean Mouillère, Claire Désert, Alain Meunier, le quatuor Ysaÿe. Actuellement, elle suit des cours en quatuor avec Marc Coppey. Elle se produit régulièrement en musique de chambre avec son quatuor Zaïde mais aussi dans d’autres formations pour des projets plus ponctuels tels que les Dissonances de David Grimal. Charlotte Juillard s’intéresse tout particulièrement à la musique d’aujourd’hui. Durant les étés 2004 et 2007, elle participe à l’académie d’orchestre de Lucerne, dirigée par Pierre Boulez et encadrée par les solistes de l’ensemble InterContemporain, et en 2009 aux festivals de Deauville et de Cordes-sur-Ciel. En 2007 elle participe à un concert et une master class avec Pierre Boulez sur son œuvre avec électronique : Anthème 2. Durant l’été 2005 elle joue le concerto de Mendelssohn avec l’orchestre de Bretagne dirigé par Jean-Bernard Pommier qui l’invite par la suite à son académie de Durham. En février 2008, elle joue le concerto n° 1 de Prokofiev avec l’orchestre des lauréats des CNSM de Lyon et de Paris. En 2007, elle a enregistré un CD Bartók, Berio, Boulez grâce à la fondation Meyer.

 

Adrien La Marca alto

Adrien La MarcaNé en 1989, Adrien La Marca débute la musique à l’âge de six ans et est admis en 2005 au CNSM de Paris dans la classe de Jean Sulem. Prenant part à de nombreuses master classes, Adrien s’enrichit auprès de grands musiciens tels que Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Tatiana Mazurenko, Péter Csaba, Miguel Da Silva, Lars Anders Tomter, Hatto Beyerle, David Geringas, Thomas Riebl, Ulf Ulsher, Serge Collot, Vladimir Mendelssohn. Il obtient avec mention très bien à l'unanimité le prix du CNSM de Paris. Parallèlement, il participe à de prestigieux festivals : Merrick Festival à Miami en 2004, les Nuits pianistiques à Aix-en-Provence en 2006, Jeunes Talents à Paris, Musica à Strasbourg et la Grange Meslay en 2007, Cordes-sur-Ciel et Deauville en 2008, Deauville, Saint-Côme et Kuhmo (Finlande) en 2009. Il est invité au cours de l'été 2008 à prendre part à l’International Music Academy – Switzerland de Seiji Ozawa où il travaille avec Robert Mann, Pamela Franck, Nobuko Imaï, Sadao Harada et Seiji Ozawa. En 2007-2008, Adrien est entré à l’académie de l’orchestre de Paris où il a joué sous la direction de Valery Gergiev, Christoph Eschenbach, Jirí Belohlávek, Marin Alsop. Il se produit en soliste dans la Symphonie concertante de Mozart avec l’orchestre lyrique d’Avignon et l’orchestre de chambre de l’académie de Cervo (Italie) sous la direction de David Geringas. Cette année, Adrien a joué aux côtés d'artistes de renom tels que David Grimal, François Salque, Lise Berthaud, Christophe Gaugué, David Gaillard, Jérôme Pernoo ou encore Ayako Tanaka.

 

Adrien Boisseau alto

boisseau

Né en 1991, Adrien Boisseau commence l'alto à l'âge de cinq ans. En 2006, il est admis à l'unanimité au CNSM de Paris dans la classe de Jean Sulem ainsi qu'en musique de chambre dans la classe de Marc Coppey. En 2009, il obtient le 1er prix et le prix du public au concours Max Rostal à Berlin. En octobre 2007, il est sélectionné pour participer à des sessions de l'orchestre philharmonique de Radio-France, ce qui lui donne l'opportunité de jouer sous la direction de Manfred Honeck, Vladimir Ashkenazy, Kazushi Ono et Myun-Whun Chung durant la saison 2007-2008. Au cours de l'été 2008, il participe aux académies de Santander en musique de chambre et en orchestre à de nombreuses reprises, jouant sous la direction de Pierre Boulez au sein du Lucerne Festival Academy Orchestra. Il a suivi de nombreuses master classes avec des interprètes renommés tels que François Salque, les quatuors Ludwig et Juilliard, Jean-Claude Pennetier et les altistes Lars Tomter, Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Hatto Beyerle et Diemut Poppen. Adrien Boisseau joue un alto de Paul Belin, atelier Bernard Sabatier, de 2006.

 

 

Victor Julien-Laferrière violoncelle

Victor Julien LafferiereNé à Paris en 1990, Victor débute le violoncelle à l’âge de sept ans avec René Benedetti. Après deux ans avec Philippe Muller, il entre à treize ans au CNSM de Paris dans la classe de Roland Pidoux, où il obtient brillamment son diplôme en 2008. Parallèlement, il participe depuis 2005 à l’International Music Academy Switzerland de Seiji Ozawa (avec l’enseignement de Pamela Franck et Robert Mann), et suit des master classes avec Frans Helmerson et Gary Hoffman ; depuis la rentrée 2008, il est l’élève de Jens-Peter Maintz à l’Universität der Kunste de Berlin. Il remporte en 2009 le 2e prix du Concours international de Markneukirchen. Victor Julien-Laferrière a déjà interprété avec orchestre les Variations Rococo de Tchaïkovski, le concerto en ut de Haydn ainsi que celui en si mineur de Dvorak. Il a été l’invité des festivals de Berne, Deauville, Besançon, la Grange de Meslay, Cordes-sur-Ciel, des Rencontres de violoncelle de Beauvais, de la Fondation Singer-Polignac, des « Sommets musicaux » de Gstaad et du Kuhmo Chamber Music Festival en Finlande. Il a fait partie des « ensembles en résidence » du festival de La Roque-d’Anthéron, et a joué notamment aux côtés d’Augustin Dumay, Vladimir Mendelssohn, François Salque, ainsi qu’au sein de l’ensemble les Dissonances. Nombre de ses concerts ont été captés par France musique ou Mezzo. Victor Julien-Laferrière jouera en récital à l’Auditorium du Louvre en 2009-2010.

 

Yan Levionnois violoncelle

Yann LevionnoisNé en 1990, Yan Levionnois débute le violoncelle avec son père, violoncelle solo de l’orchestre philharmonique de Radio France, puis étudie avec Xavier Richard, Marc Coppey, et est reçu en 2006 dans la classe de Philippe Muller au CNSM de Paris. Il a participé au Festival de Cordes-sur-Ciel, au Festival de Pâques de Deauville, aux Rencontres musicales de Santander, au Festival Pablo-Casals. Il a reçu les conseils de Natalia Shakhovskaïa, Natalia Gutman, Gary Hoffman, Jean-Guihen Queyras, Hatto Beyerle, Itamar Golan ainsi que de ceux des quatuors Ébène, Artis et Fine Arts. 1er grand prix du concours international Navarra, 1er prix du concours du London Philharmonic Orchestra, lauréat du concours Note et Bien, dédié à la musique française, ainsi que de la fondation Raynaud-Zurfluh, il s’est produit en soliste dans les concertos de Haydn, Schumann, Dvorák, Lalo, Elgar, avec notamment l’orchestre national du Capitole de Toulouse, le Symphony Chamber Orchestra of Prague, l’orchestre Prométhée, ainsi qu’avec l’ensemble de violoncelles de l’orchestre de Paris dans Messagesquisse de Boulez. Il a déjà joué en musique de chambre avec de grands musiciens, parmi lesquels Zakhar Bron, Silvia Marcovici, Matthew Trusler, Vladimir Mendelssohn. Il joue un violoncelle de Patrick Robin, de 2005.

 

Adam Laloum piano

Adam LaloumNé en 1987, Adam Laloum débute le piano à l’âge de dix ans. Il poursuit ses études musicales au Conservatoire de Toulouse et entre au CNSM de Paris en 2002 dans la classe de Michel Béroff. Il a travaillé avec Daria Hovora, Jean Mouillère, Claire Désert, Christian Ivaldi, Ami Flammer ou Vladimir Mendelssohn... Il obtient son diplôme de formation supérieure de piano en juin 2006 et poursuit un cycle de musique de chambre dans la classe de Claire Désert et Ami Flammer. Adam a interprété en mai 2008 le 2e concerto de Brahms avec l’orchestre du Conservatoire. A l’académie Maurice-Ravel en septembre 2007, puis aux master classes de musique de chambre de Villefavard, il travaille le grand répertoire avec Jean-Claude Pennetier En septembre 2009, il remporte le 1er prix et le prix du public lors du concours Clara Haskil à Vevey (Suisse). Adam s’est produit en musique de chambre et en soliste dans de nombreux festivals : la Grange de Meslay, Piano en Saintonge, Jeunes Talents à Paris, l’Epau, La Roque-d’Anthéron, l’Orangerie de Sceaux, Cordes-sur-Ciel, Deauville, ainsi qu’à la Fondation Singer-Polignac. Il a joué à quatre mains avec Christian Ivaldi à Noyers en juillet 2008. Lauréat boursier de l’Adami pour la saison 2007-2008, il a également lauréat de la Fondation Groupe Banque populaire en décembre 2007.

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Jeudi, 18 juin 2009
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Description :

Monsieur le Président, chers amis,

Nous voici ensemble pour le dernier concert de notre saison musicale. Ce programme a été conçu pour le seul plaisir de la musique, sans véritable fil conducteur. Il semble toutefois possible – puisque tel est mon rôle – d’établir un lien entre ces trois œuvres qui marquent, dans le désordre, un chemin en trois étapes conduisant de la musique romantique à la musique moderne.

La première de ces étapes est évidemment représentée par Tchaïkovski, figure romantique s’il en est - même s’il s’agit d’un romantisme tardif, dans la dernière partie du XIXe siècle. En réalité, beaucoup de ces artistes, qu’on qualifie parfois de « post-romantiques », ont poussé à l’extrême certains traits du romantisme, comme ce pathos et cette sentimentalité débordante. Le premier romantisme, celui de Chopin, Mendelssohn ou Schumann, gardait une allure classique, une certaine retenue dans l’expression. Le dernier romantisme, avec Tchaïkovski, mais aussi Bruckner, Mahler, Chausson, sera beaucoup plus ardent et débordant.

On n’a pas manqué d’ailleurs de le reprocher à Tchaïkovski, en lui reprochant parfois un certain « mauvais goût », frisant le kitsch expressif. Ce défaut supposé n’a pas empêché son œuvre de s’imposer partout ; plus encore aujourd’hui, à travers les chefs d’orchestres et solistes russes qui jouent sa musique - avec une ferveur qu’on aimerait parfois retrouver du côté des interprètes français dans la diffusion de leur propre répertoire…

Ce Tchaïkovski néo-romantique ne doit pas, toutefois, nous faire oublier un autre aspect de son oeuvre : celui que Stravinski adorait – avec un brin de provocation – lorsqu’il désignait Tchaïkovski comme le représentant de la Russie moderne, par opposition aux musiciens du Groupe des Cinq, comme Moussorgski et Rimski Korsakov. Il faut parfois se méfier des positions de Stravinski, qui avait tendance à surestimer des musiciens sans importance pour lui, et à ignorer ceux qui l’avaient réellement influencé – en l’occurrence Rimski Korsakov qui avait été son professeur. Mais le fait est que le groupe des Cinq a quelque chose d’archaïque, tourné vers la vielle Russie, tandis que le langage de Tchaïkovski est beaucoup plus international.

En outre, l'aspect de Tchaïkovski que Stravinski préférait est celui des ballets, très loin des effusions romantiques de la Symphonie pathétique ou des concertos. Dans ces œuvres dansantes, le compositeur montre un extraordinaire talent de coloriste, de miniaturiste, d’humoriste même, dont Stravinski s’inspirera dans Le Baiser de la fée ; et c'est aussi dans cette catégorie qu’on peut ranger le sextuor Souvenir de Florence, l’une des œuvres les plus séduisantes de la musique de chambre de Tchaïkovski.

Cette composition date de 1890, à la fin de la vie du compositeur. Vous y reconnaîtrez certainement quelques unes de ses qualités naturelles, comme ce lyrisme et cette énergie qui éclatent dès le premier mouvement ; mais aussi ce sens de la miniature, ce goût du rythme et du jeu musical, très présents dans le troisième mouvement.

Tout cela nous fera oublier les réserves d’un biographe de Tchaïkovski qui regrettait de voir, dans cette oeuvre, « quatre carte postales mal coloriées dans lesquelles on ne retrouve rien de la grandeur de Florence». La critique me semble manquer de portée ; car je ne crois pas qu’il soit dans les pouvoirs de la musique instrumentale de représenter Florence, ni tout autre ville. Comme le prouve sa correspondance, le vrai souci de Tchaïkovski était de réussir l’écriture d’une œuvre pour cordes à six voix indépendantes – pari qui semble largement emporté.

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Avec Albéric Magnard, nous sautons d'une génération et nous passons une étape dans l'histoire de la musique. Car Magnard est l'un de ces compositeurs qui marquent le passage de la fin du romantisme à la musique moderne, telle qu'elle se développe en France au début du XXe siècle. Mais pour Magnard, comme pour son contemporain presque exact Claude Debussy, cette rupture avec le romantisme commence par une passion très romantique, celle de Wagner qui sert tout à la fois modèle et repoussoir.

Fils du directeur du Figaro, Albéric Magnard a décidé de devenir compositeur après avoir entendu Tristan et Isolde. Il devient l'élève de Vincent d'Indy qui résume à lui seul les paradoxes du wagnérisme français. D'un côté, Wagner et la musique allemande lui servent de modèle absolu ; mais simultanément, dans une affirmation d'identité française – où la politique de l'époque n'est pas étrangère – il rêve de créer un équivalent français de l'opéra légendaire wagnérien. Tentative qui débouchera sur des oeuvres discutables comme Sigurd de Reyer (un Sigfried gaulois), Fervaal de d'Indy, Guercoeur de Magnard, ou encore Vercingétorix de Joseph Canteloube - autre wagnérien amoureux des traditions françaises... qui finira tout près du régime de Vichy.

Pris dans ce mouvement, Magnard n'en est pas moins une figure marginale. Il considère l'art comme une religion et la recherche du succès comme méprisable, ce qui ne facilite pas la reconnaissance de son oeuvre. Il prend également des engagements courageux, notamment au moment de l'affaire Dreyfus pour lequel il écrit son Hymne à la justice. Sous l'influence de Wagner, d'Indy et César Franck, il compose surtout des oeuvres symphoniques et de musique de chambre d'une ampleur rare dans la tradition française et d'une invention déjà moderne.

C'est le cas notamment de ce Quintette pour vents et piano en ré mineur, composé en 1894, à l'âge de trente ans. Magnard y montre un goût, rare à son époque, pour les instruments à vents, dialoguant avec le piano, dans une oeuvre ambitieuse, structurée, pleine de force et d'énergie tout au long de ses quatre mouvements.

Signalons enfin qu'Albéric Magnard, dans ses relations compliquées avec l'Allemagne, modèle esthétique et repoussoir politique, connaîtra une fin tragique. Au début de la guerre de 14, retiré avec sa famille dans son château de l'Oise, et bientôt rejoint par des bataillons allemands, il prétendra s'interposer à lui tout seul et commencera à faire feu sur l'armée ennemie... qui ne tardera pas à incendier la demeure où Magnard préférera mourir l'arme à la main.

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Le goût des instruments à vent, si neuf chez Magnard à la fin du XIXe siècle, sera l'une des caractéristiques de la musique moderne : Stravinski, Strauss, Poulenc et d'autres marqueront leur prédilection pour les vents par rapport aux cordes, trop emblématiques de la musique classique et romantique. C'est donc tout naturellement qu'on retrouve le quintette à vents dans les Six Bagatelles de Ligeti, l'un des principaux compositeurs de la deuxième moitié du XXe siècle.

J'oserai dire, sans exagération, que Giörgy Ligeti est la principale figure issue de ce qu'on appelle la « musique contemporaine » européenne – des années cinquante et soixante. J'ai eu le plaisir de connaître cet immense artiste, qui avait des airs de professeur Nimbus, et savait relier des influences aussi différentes que celles de Schumann, Debussy, mais aussi des tangos de Piazzola ou même des Marx-Brothers dont il adorait le grain de folie. On retrouve d'ailleurs, dans beaucoup de ses oeuvres cette passion pour les machines rythmiques complexes qui se dérèglent, pour les processus bien huilés perturbés par un grain de sable.

Ligeti, surtout, avait  une oreille extraordinaire, et il se distingue de maints compositeurs d'avant-garde par le fait qu'il existe toujours, dans sa musique, un lien sensible entre les conceptions formelles les plus savantes et le résultat sonore immédiatement perceptible. Il est vrai qu'il avait bénéficié d'une formation extrêmement solide, en Hongrie et commencé par une carrière de compositeur traditionnel.

L'oeuvre qu'on va entendre se situe dans cette première période de sa vie, en 1953. Elle reste nettement marquée par l'influence de Bartok et celle du folklore, même s'il s'agit d'un « folklore imaginaire », librement réinventé. En ce sens, elle est représentative de l'esthétique communiste officielle – mais on y reconnaît, déjà, certaines caractéristiques de Ligeti, notamment dans la quatrième pièce qu'il qualifiait lui même de « danse boiteuse », avec ses rythmes étranges. Trois ans plus tard, après les évènements de 1956, Ligeti quittera son pays et rejoindra l'avant-garde occidentale – dont il s'éloignera cependant à la fin de sa vie, pour renouer avec une musique tonale toujours aussi inventive et personnelle. Il appartient aujourd'hui au grand répertoire moderne : celui que nous aimons défendre à la Fondation, à côté des chefs-d'oeuvre plus traditionnels.

Benoit Duteurtre

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Oeuvres :

György LIGETI (1923-2006)

  • Six bagatelles pour quintette à vent

Piotr Ilitch TCHAïKOVSKI  (1840-1893)

  • Souvenir de Florence, sextuor à cordes opus 70

Albéric MAGNARD (1865-1914)

  • Quintette pour vents et piano opus 8
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Interprètes :

 

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QUINTETTE à VENT AQUILON

  • Sabine RAYNAUD flûte
  • Claire SIRJACOBS hautbois
  • Stéphanie CORREclarinette
  • Gaëlle HABERT basson
  • Marianne TILQUIN cor

QUATUOR EBENE

  • Pierre COLOMBET violon
  • Gabriel LE MAGADURE violon
  • Matthieu HERZOG alto
  • Raphaël MERLIN violoncelle

 

  • Adrien LA MARCA alto
  • Yan LEVIONNOIS violoncelle
  • Emmanuel CHRISTIEN piano

 

Quatuor Ébène

Quatuor EbèneLe quatuor Ébène compte désormais comme l’un des quatuors à cordes les plus en vue dans le monde. En 2008-2009, concerts au festival de Verbier, au Salzburg Festspiele, un cycle Haydn au Wigmore Hall de Londres aux côtés des quatuors Emerson, Hagen, Tokyo, un autre cycle Haydn au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, une carte blanche au théâtre du Châtelet, et de très nombreux concerts dans les plus grandes salles du monde (Carnegie Hall, Kennedy Center de Washington, Alte Oper de Francfort, Herkulessaal de Munich, Tonhalle de Zurich, Mozarteum de Salzbourg, Concertgebouw d’Amsterdam, Konzerthaus de Berlin, Konzerthaus de Vienne, Salle Pleyel ainsi que des tournées dans le monde entier). En septembre 2007, le quatuor Ébène a signé un contrat d’exclusivité pour Virgin Classics. Le premier disque (Debussy-Fauré-Ravel) paru à l’automne 2008 est encensé par la critique internationale (Editor’s Choice de Gramophone, Choc du Monde de la musique, ƒƒƒƒ de Télérama, CD de la semaine dans The Sunday Times). Nominé dans la catégorie Meilleurs ensembles de l’année aux Victoires de la musique 2009, élu « Newcomer of the Year » par le BBC Music Magazine en décembre 2008. Constitué en 1999 au CNR de Boulogne-Billancourt, le quatuor Ébène a reçu l’enseignement du quatuor Ysaÿe au CNSM de Paris, puis a travaillé régulièrement avec Gábor Takács, Pierre-Laurent Aimard, Eberhardt Feldz et le compositeur György Kurtág.. Invité à se produire depuis ses débuts dans de nombreux festivals et salles de concerts (Châtelet, théâtre des Champs-Élysées, théâtre de la Ville, Auditorium du Louvre, la Folle Journée de Nantes, La Roque-d’Anthéron, Tonhalle de Zurich, De Doelen à Rotterdam, Lake District Summer Music, théâtre des Beaux-Arts de Bruxelles, Wigmore Hall, City of London Festival, Herkulessaal de Munich, Philharmonie de Berlin, Musikverein de Vienne, Mozarteum de Salzburg, Ferrara Musica en Italie, festival Menuhin de Gstaad, Corcoran et Library of Congress à Washington), le quatuor Ébène compte comme partenaires de musique de chambre des interprètes de renom comme Éric Le Sage, Élisabeth Leonskaja, Frank Braley, Renaud Capuçon, Nicholas Angelich, Alexandre Tharaud, Michel Dalberto, François Salque, Paul Meyer, Gary Hoffman, Patricia Petibon, Juliane Banse, le quatuor Lindsay. Le quatuor Ébène a enregistré Haydn en concert chez Mirare (2006), disque encensé par la critique (album du mois dans The Strad, 5 Diapason, **** du Monde de la musique) et les trois premiers quatuors de Bartók (Mirare, 2007) objet d’éloges de la critique internationale (Selection The Strad, ƒƒƒƒ Télérama, ***** en Allemagne, **** Monde de la musique). En 2007, il rejoint le cercle des artistes soutenus par la fondation Borletti-Buitoni ; en 2006, il rejoint le cycle New Generation Artists de la BBC. En septembre 2004, il remportait à Munich le 1er prix du concours international de l’ARD, ainsi que le prix du public, deux prix de meilleure interprétation et le prix de la fondation Karl-Klinger, premier quatuor à cordes français à remporter ce prestigieux concours. En 2003 déjà, le quatuor Ébène avait été la révélation du concours international de Bordeaux, 2e prix ex æquo et prix Sacem pour la meilleure interprétation d’une œuvre de musique contemporaine. En 2005, la fondation Forberg-Schneider lui a décerné le prix Belmont pour la musique contemporaine. Le quatuor Ébène bénéficie du statut d’artiste associé à la Fondation Singer-Polignac.

 

Quintette Aquilon

Quintette AquilonAnimées par la même passion de la musique de chambre et attirées par une formation associant différents timbres donc riche en couleurs, les cinq musiciennes se sont rencontrées en 2000 au CNSM de Paris. Elles y obtiennent en juin 2004 un prix de musique de chambre mention très bien à l’unanimité dans la classe de David Walter et Michel Moraguès. Outre l’enseignement des membres du quintette Moraguès, l’ensemble a bénéficié des conseils de Stefan Schilli (Avalon Bläserquintett), Laurent Lefèvre (quintette Debussy), Jens MacManama (quintette Nielsen) et Jacques Tys. 1er prix du concours international Henri Tomasi (2003), distingué au concours européen "Musiques d'Ensemble" de la FNAPEC (2005), il remporte en 2006 le 1er prix du concours international de l'ARD de Munich. Le quintette joue également en trio, en sextuor et en nonet. Il s’est produit avec des pianistes tels Christian Ivaldi, Abdel Rahman El Bacha, Anika Vavic et Anna Gourari, ainsi qu’avec les cordes des quatuors Stamic, Ebène et Fauré. Il est désormais invité à se produire dans de nombreuses salles et festivals en France comme les Folles Journées de Nantes, le théâtre de Verdun, l'Orangerie de Sceaux ; en Autriche au Mozarteum de Salzbourg, à Graz ; en Allemagne à Rheingau, Mecklenburg-Vorpommern, MDR-Musiksommer, SWR-Schloßkonzert. Lauréat du programme Déclic 2006-2007 de Culturesfrance en collaboration avec Radio France et Mécénat Musical Société Générale, lauréat du Festival Mecklenburg-Vorpommern (« Meilleur ensemble 2007 ») et de la Fondation Nordmetall. Le quintette à vent Aquilon est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.

 

Emmanuel Christien piano

Emmanuel ChristienEmmanuel Christien commence le piano à cinq ans. Après le Conservatoire de Nancy, il travaille avec Olivier Gardon au CNR de Paris et est lauréat dans différents concours. Admis au CNSM de Paris dans la classe de Jacques Rouvier, il obtient son diplôme avec mention très bien à l'unanimité. Il reçoit alors la bourse Feydau de Brou Saint-Paul. En 2004, il est lauréat du concours international de piano Casagrande à Terni (Italie) avec le prix de la meilleure interprétation des œuvres de Brahms. Il a été primé en 2007 au concours européen Vlado Perlemuter. Il travaille le répertoire de musique de chambre avec Pierre-Laurent, Aimard, Daria Hovora, Christian Ivaldi et Claire Désert, prix avec mention très bien à l'unanimité en duo avec la violoncelliste Aurélienne Brauner. Pour le lied et la mélodie, il travaille dans la classe de Jeff Cohen et obtient le prix d'accompagnement vocal mention très bien. Il bénéficie des conseils de Ruben Lifschitz à la Fondation de Royaumont. En 2005 il est admis en cycle de perfectionnement au Conservatoire de Paris et à cette occasion un piano à queue Blüthner lui est offert par la Fondation Alfred Reinhold. Il est lauréat boursier de la fondation Mécénat Musical Société Générale pour 2007-2008. Emmanuel Christien a reçu les conseils de Jean-Philippe Collard, Paul Badura-Skoda, Anne Queffélec, Jean-Claude Pennetier et Aldo Ciccolini. Il a participé à de nombreux festivals : La Roque d'Anthéron, Folles Journées de Nantes, Clef de soleil à Lille ; en Europe : à Pérouse, Pise, Milan, Aberdeen ; au Japon, au Kyoto Student FestivaI. Il a joué avec l'orchestre de Caen, les solistes de l'orchestre national de France et l'orchestre des lauréats du Conservatoire de Paris.

 

Adrien La Marca alto

Adrien La MarcaNé en 1989, Adrien La Marca débute la musique à l’âge de six ans. Après un prix d’alto, de piano et de musique de chambre au Conservatoire d’Aix-en-Provence, il remporte en 2005 le 1er prix du concours national des jeunes altistes à Lille. La même année, il est admis au CNSM de Paris dans la classe de Jean Sulem. Adrien s’enrichit auprès de grands musiciens tels que Barbara Westphal, Antoine Tamestit, Tatiana Mazurenko, Péter Csaba, Miguel Da Silva, Lars Anders Tomter, Hatto Beyerle, David Geringas, Thomas Riebl, Ulf Ulsher, Serge Collot, Vladimir Mendelssohn. Il participe à de prestigieux festivals : le Merrick Festival à Miami en 2004, Aix-en-Provence en 2006, Jeunes Talents à Paris, Musica à Strasbourg et la Grange de Meslay en 2007, à Cordes-sur-Ciel et Deauville en 2008. Il est invité au cours de l'été 2008 à l’International Music Academy-Switzerland où il travaille avec Robert Mann, Pamela Franck, Nobuko Imaï, Sadao Harada et Seiji Ozawa. Durant la saison 2007-2008, Adrien est entré à l’académie de l’orchestre de Paris sous la direction de Christoph Eschenbach, où il a pu jouer sous la direction de grands chefs tels que Valery Gergiev, Christoph Eschenbach, Jirí Belohlávek, ou encore Marin Alsop. Il participe pendant l'été 2007 à une tournée de concerts en Autriche avec l’International Orchestra Institute Attergau sous l’égide des solistes de l’orchestre philharmonique de Vienne et sous la direction de Christoph Eschenbach. Il se produit en soliste dans la Symphonie concertante de Mozart avec l’orchestre lyrique d’Avignon et l’orchestre de chambre de l’académie de Cervo (Italie) sous la direction de David Geringas. Il participe aussi à la création d’œuvres nouvelles notamment en collaboration avec l’Ircam. Cette année, Adrien a joué aux côtés de David Grimal, François Salque, Lise Berthaud, Christophe Gaugué, David Gaillard, Jérôme Pernoo ou encore Ayako Tanaka. Cet été, il apparaîtra au Festival de Saint-Côme en France et au Festival de Kuhmo, en Finlande.

 

Yan Levionnois violoncelle

Yan LevionnoisNé en 1990, Yan Levionnois débute le violoncelle avec son père, violoncelle solo de l’orchestre philharmonique de Radio France, puis étudie avec Xavier Richard, Marc Coppey, et est reçu en 2006 dans la classe de Philippe Muller au CNSM de Paris. Il a participé au festival de Cordes-sur-Ciel et au festival de Pâques de Deauville, aux Rencontres musicales de Santander, ainsi qu’au festival Pablo Casals. Il a pu bénéficier des conseils de Natalia Shakhovskaïa, Natalia Gutman, Gary Hofman, Jean-Guihen Queyras, Hatto Beyerle, Itamar Golan ainsi que de ceux des quatuors Ébène, Artis et Fine Arts. 1er grand prix du concours international Navarra, 1er prix du concours du London Philharmonic Orchestra, lauréat du concours Note et Bien, dédié à la musique française, ainsi que de la fondation Raynaud-Zurfluh, il s’est produit en soliste dans les concertos de Haydn, Schumann, Dvorák, Lalo, Elgar, avec notamment l’orchestre national du Capitole de Toulouse, le Symphony Chamber Orchestra of Prague, l’orchestre Prométhée, ainsi qu’avec l’ensemble de violoncelles de l’orchestre de Paris, dans Messagesquisse de Boulez. Il a déjà joué en musique de chambre avec de grands musiciens, parmi lesquels Zakhar Bron, Silvia Marcovici, Matthew Trusler, Vladimir Mendelssohn. Il joue un violoncelle de Patrick Robin, de 2005.

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Lundi, 18 mai 2009
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Description :

Concert Haydn, Cambini, Mozart

Monsieur le Président, chers amis,

Notre programme, ce soir, présente un contraste frappant, puisque nous entendrons, d'un côté, deux compositeurs bien installés au panthéon des "génies" de la musique - Haydn et Mozart - et, de l'autre côté, un de leurs contemporains presque totalement inconnu : Giuseppe Maria Cambini.

Le fait est que, par la force des choses, notre culture s'articule autour de quelques grands noms, les plus marquants de chaque époque, et ceux qui ont apporté la plus belle invention personnelle à l'art musical. Mais cette façon de voir a aussi l'inconvénient de laisser supposer que le reste ne présenterait pas grand intérêt. Un peu comme si, dans la peinture, notre attention se portait exclusivement vers les artistes les plus célèbres, sans laisser aucune place aux "petits maîtres", qui nous apportent pourtant beaucoup de plaisir dans un recoin du Louvre, dans un musée de province, ou quand on les accroche dans son salon. De ce point de vue, j'oserais même ajouter que l'œuvre majeure d'un compositeur méconnu vaut souvent mieux qu'une œuvre mineure de Haydn ou Mozart qu'on s'évertuera pourtant à jouer et à enregistrer, avec notre goût porté sur les fonds de tiroirs.

L'autre inconvénient de cette histoire sélective est d'entraîner certaines confusions : ainsi, lorsqu'on entend tel compositeur d'opéra ou de musique de chambre de la fin du XVIIIe siècle ; on aura l'impression qu'il écrit "dans le style" de Mozart. La vérité est qu'ils sont plutôt, Mozart et lui, dans le style de leur époque. Et même si Mozart en tire un parti évidemment plus sublime, il faut parfois apprendre à connaître mieux le "petit maître" pour découvrir des beautés qu'on ne soupçonnait pas.

Cambini

Pour en venir plus précisément au genre du quatuor à cordes, à l'honneur aujourd'hui, nous avons l'habitude d'y voir le domaine d'élection des grands classiques viennois ; voire une invention pure et simple du grand Joseph Haydn. Ce qui n'est ni tout à fait faux, ni tout à fait exact, puisque Haydn et Boccherini ont développé simultanément ce répertoire dans les années 1760, et que celui-ci s'est rapidement développé dans toute l'Europe. Il est en effet intéressant de rappeler qu'à Paris, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle furent publiés pas moins de 1000 quatuors à cordes, et que ce genre jouissait d'une grande vogue à travers l'Europe, notamment dans les salons de la bourgeoisie cultivée.

Pour s'en tenir à la France de la fin du XIXe siècle, on peut citer en particulier les noms de Hyacinte Jadin, Pierre Vachon, le Chevalier de Saint-Georges, et Giuseppe Maria Cambini - un compositeur originaire d'Italie qui reste, à l'époque, le principal fournisseur de musique de toute l'Europe. Cambini choisit donc de s'installer en France, où il compose énormément de musique instrumentale, alors très en vogue dans les concerts. Mozart, qui apprécie sa musique, prendra même le temps de venir le rencontrer à Paris.

Parmi ses œuvres, il faut citer en particulier 82 symphonies concertantes (genre français), mais surtout 150 quatuors à cordes, fréquemment cités à l'époque, à côté de ceux de Mozart et Haydn parmi les œuvres maîtresses du genre.

Cambini, dans ses quatuors, illustre un style très différent du classicisme viennois, et très prisé en France, le "quatuor concertant et dialogué". Comme son nom l'indique, les instruments jouent en solistes l'un après l'autre, un peu comme dans un concerto. Dans ce deuxième quatuor du 18e livre, édité en 1783, par exemple, l'alto est magnifiquement mis en valeur à la fin du premier mouvement. C'est une conception encore très opératique de la musique - au moment où Haydn invente le quatuor moderne, dans lequel le jeu des thèmes et du développement devient plus important que la joute instrumentale.

Style classique

On le voit ainsi, le style classique, au moment de sa naissance, prend des formes très diverses à travers l'Europe.

Ce mot classique est d'ailleurs un peu trompeur pour l'esprit français, puisque nous l'associons plus spontanément à l'architecture ample et harmonieuse de Versailles – conçue dans une époque où la musique était plutôt furieusement baroque et foisonnante. C'est seulement un siècle plus tard que la musique, à son tour, semble adopter le parti-pris d'un classicisme, fondé sur la clarté, l'ampleur, l'équilibre. Et peut-être l'influence du grand siècle français n'y est-elle pas étrangère.

Mais c'est évidemment en Autriche, entre Vienne et Estheraza que le classicisme musical trouve sa forme supérieure dans les œuvres de Haydn, Mozart et Beethoven - et tout particulièrement dans le genre du quatuor à cordes.

Haydn

J'oserais dire, au passage, qu'il y a quelque chose d'un peu excessif et de presque religieux dans le culte du quatuor, comme quintessence de la musique, supérieur à tous les autres genres, parce que sa sonorité dépouillée se prêterait au jeu du pur contrepoint. Pour ma part, j'aime tout autant dans le répertoire classique, l'alliance merveilleuse du piano et des cordes dont Joseph Haydn nous donne un exemple éblouissant d'invention dans sa série de 45 trios avec piano.

Mais il est vrai que le trio, chez Haydn, est peut-être moins moderne que le quatuor, dans la mesure où il reste fidèle, lui aussi au modèle concertant, privilégiant les solos de violon et de piano. Pendant longtemps, ses trios porteront même l'appellation de « sonates pour pianoforte avec accompagnement de violon et de violoncelle ».

Ce trio n°43, composé dans vers 1795, est l'un des sommets de la série. On y retrouve Haydn débordant d'invention, au sommet de son art. L'écriture de pianoforte est particulièrement brillante dans ces trois mouvements, faisant dire à Mendelssohn, lorsqu'il présenta cette œuvre cinquante ans plus tard : « Les gens n'en revenaient pas d'étonnement qu'une chose aussi belle puisse exister ».

Voilà en tout cas une composition propre à nous faire oublier les habituels lieux communs sur Haydn dont la musique, selon Balakirev, sentait « le tabac à priser ». Façon de souligner son côté bourgeois tranquille – même si les Anglais le qualifiaient plutôt de « Shakespeare de la musique ». Mais si une imagerie bon enfant s'est attachée à Haydn, c'est peut-être aussi parce qu'il y a en effet quelque chose de tellement simple et naturel, dans sa façon de jouer avec la musique.

Mozart

Mozart, le troisième compositeur du programme, est illustré ce soir par deux chefs-d'œuvre emblématiques de son art. Il faut en effet rappeler que le quatuor à cordes et le concerto avec piano sont probablement les deux genres instrumentaux dans lesquels sont art s'est déployé le plus constamment, et avec la plus grande richesse.

Le célèbre quatuor « les dissonances » a été écrit en quatre jours, en 1785. C'est le 19e des 23 quatuors, et le dernier de la série des six quatuors dédiés à Joseph Haydn – autant pour marquer l'amitié des deux musiciens, que l'influence déterminante de l'aîné dans l'art du quatuor à cordes. Le sous-titre se rapporte surtout à l'introduction du premier mouvement, au caractère presque préromantique ; mais l'œuvre tout entière est pleine de liberté et d'invention.

Le 12e concerto, en fa majeur, date de 1782. Comme d'autres concertos de cette époque, c'est un chef-d'œuvre de grâce naturelle. La vivacité joyeuse du premier mouvement rend plus heureux. Le sobre et déchirant second mouvement est un hommage à Jean-Chrétien Bach qui venait de mourir, et inspiré par un thème de celui-ci.

Vous l'entendrez dans une version intimiste, avec un vrai pianoforte et un simple quatuor à cordes au lieu de l'orchestre habituel. Il faut noter que Mozart lui-même avait prévu, dans l'édition originale, cette version réduite qui transforme le concerto en quintette avec piano. Cette approche de musique de chambre a l'avantage de souligner la couleur intimiste et raffinée du piano-forte. En tout cas, elle est aussi légitime que celle du grand orchestre et du piano Steinway.

La force de Mozart est d'ailleurs de se prêter, comme Bach, à des lectures tellement diverses ; et les jeunes mais déjà grands interprètes que nous allons entendre ce soir, font partie de ceux qui illustrent aujourd'hui le renouveau de l'art mozartien.

Benoit Duteurtre

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Oeuvres :

Joseph HAYDN

  • Trio n°43 pour pianoforte et cordes Hob. XV : 15

Giuseppe Maria CAMBINI

  • Quatuor n° 2 (18ème Livre)

Wolfgang Amadeus MOZART

  • Quatuor « Les Dissonances » K. 465
  • Concerto pour pianoforte et cordes en ut majeur K. 414
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Interprètes :

 

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QUATUOR CAMBINI

  • Julien CHAUVIN violon
  • Karine CROCQUENOY violon
  • Cécile BROSSARD alto
  • Atsushi SAKAï violoncelle

Chie HIRAI pianoforte

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Mardi, 12 mai 2009
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Description :

Concert des résidents de la Fondation Singer-Polignac - Hors les murs.

Lieux : Eglise Sainte-Clotilde - 12 rue Martignac, 75007 Paris

 

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Oeuvres :

Franz Liszt (1811 – 1886)

  • Via crucis
    • Introduction
    • Première Station - Jésus est condamné à mort
    • Deuxième Station - Jésus est chargé de sa Croix
    • Troisième Station - Jésus tombe sous le poids de sa Croix
    • Sixième Station - Une femme pieuse essuie la face de Jésus
    • Septième Station - Jésus tombe pour la seconde fois
    • Huitième Station - Jésus console les filles de Jérusalem
    • Neuvième Station - Jésus tombe pour la troisième fois
    • Onzième Station - Jésus est cloué sur la Croix
    • Douzième Station - Jésus meurt sur la Croix
    • Quatorzième Station - Jésus est mis au tombeau

Francis Poulenc (1899 – 1963)

  • Un soir de neige
    1. De grandes cuillers de neige…
    2. La bonne neige…
    3. Bois meurtri…
    4. La nuit le froid la solitude…

Einojuhani Rautavaara (1928 – )

  • Ludus verbalis
    1. Personalia
    2. Temporalia
    3. Qualitativa
    4. Quantitativa

Raymond Schroyens (1933 – )

  • Eichendorff-Lieder
    1. Von den Bergen sacht hernieder
    2. Denn die Nachtigallen schlagen
    3. O Trost der Welt

Philippe Hersant (1948 – )
(commande de l’ensemble Aedes, 2008)

  • Trois poèmes d’Eichendorff
    1. Auf einer Burg
    2. Mondnacht
    3. Der Soldat

Jaakko Mäntyjärvi (1963 – )

  • Two Shakespeare songs
    1. Come away, Death
    2. Double, double toil and trouble

 

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Interprètes :

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 L’ensemble vocal Aedes

Fondé en 2005 par Mathieu Romano, l’ensemble vocal Aedes a pour vocation d’interpréter les oeuvres majeures et les pièces moins célèbres du répertoire a cappella des cinq siècles passés, jusqu’à la création contemporaine.

Composé, selon les programmes, de huit à seize chanteurs professionnels, l’ensemble Aedes a déjà inscrit à son répertoire plusieurs cycles a cappella (Shakespeare songs, Motets pour le temps de Noël et une série d’opus de musique sacrée du XVIIe au XXe siècle, notamment d’H.Wolf, B.Britten et F.Poulenc). L’ensemble participe régulièrement à des projets avec orchestre (Passion selon Saint-Jean de J.S.Bach, Requiem de M.Duruflé, Gloria d’A.Vivaldi) et propose des programmes pour choeur et piano ou choeur et orgue (Via crucis de F.Liszt et le motet Jesu, meine Freude de J.S.Bach).

Ses concerts dans les festivals de Bourgogne (Saison musicale de l’Abbaye de Pontigny, Saison musicale de l’Abbaye de Vauluisant) et de Franche-Comté (Festival de Besançon) ont été salués unanimement par la presse.

Invité par la Province Sud de Nouvelle Calédonie dans le cadre de la troisième édition du festival choral Les Voix du Sud, l’ensemble Aedes était, en octobre dernier, en Nouvelle-Calédonie.

La musique du XXe siècle et la création contemporaine tiennent également une place essentielle dans les activités de l’ensemble. En 2007, l’ensemble Aedes a enregistré les choeurs de La Villa des Morts, opéra contemporain du jeune compositeur Aurélien Dumont. En 2008, invité de la Saison Musicale des Jeunes Concertistes en Franche-Comté, l’ensemble Aedes a notamment interprété une commande faite à Philippe Hersant, lors d’un concert en Territoire de Belfort consacré aux musiques des XXe et XXIe siècles.

En 2007, l’ensemble Aedes a gravé son premier disque intitulé « Via crucis ». Depuis l’année 2008, l'ensemble est en résidence à la Fondation Singer-Polignac et, depuis 2009, bénéficie également du soutien de la Fondation Orange.

 

  • Agathe Boudet, Laura Holm, Judith Derouin, Sophie Gélis soprano
  • Fiona McGown, Julia Beaumier, Pauline Leroy, Mélodie Ruvio alto
  • Florent Thioux, Guillaume Gutiérrez, Camillo Angarita, Michael Solomon-Williams ténor
  • David Pergaud, Jérémie Delvert, Nicolas Brooymans, Sorin Dumitrascu baryton-basse

 

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Mardi, 07 avril 2009
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Description :

Monsieur le président, chers amis,

Le programme de ce soir a des allures de voyage, puisqu'il commence en Suisse dans la chapelle de Guillaume Tell, et nous conduira jusqu'en Perse avec la Suite d'André Caplet. Je voudrais donc parler d'un sujet qui me tient à cœur : la notion de voyage dans la musique. Non seulement parce que beaucoup d'œuvres musicales évoquent explicitement certains lieux ; mais aussi parce qu'une vaste partie du répertoire s'apparente à une forme de voyage au pays des sons, et que les musiciens de ce programme nous révèlent, très librement, des paysages personnels faits d'harmonies, de mélodies, de rythmes et de couleurs instrumentales.

Cette idée de voyage musical n'existe quasiment pas aux origines de la tradition savante occidentale. Les premiers compositeurs semblent plutôt s'être appliqués à définir une gamme de formes précises. Ces cadres musicaux nés de la poésie et de la chanson, de la danse, ou de la liturgie recouvrent l'essentiel des œuvres composées au Moyen Âge ou à la Renaissance. Et lorsque la musique instrumentale prend son essor, c'est encore en suivant des schémas abstraits et rigoureux comme ceux de la fugue ou de la sonate, avec ses deux thèmes et ses règles de développement. Même lorsqu'il évoque la nature, comme dans la Symphonie pastorale, le compositeur classique n'oublie guère la succession codifiée de mouvements lents et rapides.

C'est seulement au début du XIXe siècle, par le biais de l'inspiration littéraire, que certains compositeurs commencent à concevoir des formes plus libres dont le déroulement n'appartient qu'à elles-mêmes. On en trouve un premier exemple dans les ouvertures d'opéra, qui ne sont pas toujours suivies d'un opéra, mais donnent aux compositeurs l'occasion de concevoir, à partir d'un sujet donné, une évocation musicale personnelle. Beethoven puis Berlioz en donnent les meilleurs exemple ; mais Franz Liszt franchit un pas supplémentaire en inventant le poème symphonique. Il ne s'agit plus, dès lors, de suivre un schéma musical préétabli, mais d'évoquer un sujet littéraire ou pictural. Et ce prétexte donne au compositeur une liberté jusqu'alors inconnue.

Dans ses poèmes symphoniques, Liszt dépeint des états d'âmes. Dans sa musique pour piano, il peint de véritables paysages musicaux – qui font toute la nouveauté des Années de pèlerinage. L'image y sert de prétexte à une composition entièrement libre, qui devient elle-même un paysage sonore. En ce sens, Liszt annonce la musique moderne – Ravel lui rend d'ailleurs hommage en écrivant ses Jeux d'eau... prolongement des Jeux d'eau à la villa d'Este de Liszt. La Chapelle de Guillaume Tell, composée en 1848 – est la première pièce des Années de Pèlerinage, et cette évocation religieuse et montagnarde inspire un véritable tableau musical.

Le désir de peindre des paysages intérieurs se retrouve chez les autres romantiques : Schubert, dans les longs mouvements des dernières sonates, Mendelssohn dans ses romances, ou Schubert dans les Scènes de la Forêt. Le genre de la ballade, cher à Chopin (encore un titre qui évoque le voyage), fait de la pièce pour piano un autre poème musical. Liszt s'y adonne lui même dans ses deux magnifiques ballades. Deux générations plus tard, Strauss, dans ses poèmes symphoniques, renouvelle le modèle hérité de Liszt : il décrit minutieusement en musique l'histoire de Don Quichotte ou de Zarathoustra, et cette construction narrative lui permet de composer une forme musicale totalement originale qui peut se passer de l'histoire d'origine. Dès ses premières œuvres, Strauss manifeste également son tempérament d'amoureux de la couleur sonore, jouant avec la matière musicale, sans guère recourir aux formes traditionnelles. Sa Sérénade pour vents opus 7, en un seul mouvement est qualifiée par le compositeur d'« œuvre respectable d'un étudiant en musique ». Mais c'est déjà une partition personnelle, dans laquelle Strauss révèle sa prédilection pour les instruments à vents – annonçant de nombreux compositeurs du XXe siècle.

Après Liszt, c'est toutefois Debussy qui induit un progrès décisif dans la conception de la forme musicale : car chez lui, il ne s'agit plus tant d'exprimer un sentiment, que de peindre un paysage musical en perpétuelle transformation ; comme si chaque œuvre inventait pas à pas sa propre forme. Le tableau n'est plus qu'un prétexte – et Debussy indique le titre de ses préludes à la fin de chaque morceau pour que la vision de la Fille au cheveux de lin ou de la Cathédrale engloutie ne perturbe pas le voyage sonore de l'auditeur.

André Caplet sera le plus proche disciple de Debussy. Dans sa Suite persane, qui est une œuvre de jeunesse composée en 1900, il reprend la tradition de l'exotisme musical, qui est un peu l'équivalent de la peinture orientaliste – tout en ouvrant les compositeurs à certaines audaces sonores. Les rhapsodies hongroises de Liszt - encore lui – ont été suivies par quantité de rhapsodies roumaines, norvégiennes, ou même auvergnate ou bretonne. Caplet, dans sa Suite persane, se sert des influences musicales d'extrême-orient pour concocter des rythmes et des harmonies sophistiqués, puis déployer ses talents de coloriste dans le mouvement final.

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La première moitié du XXe siècle, en France particulièrement, marquera l'apothéose de ce goût du paysage musical : on pourrait citer maintes compositions de Charles Koechlin, Florent Schmitt, Paul Dukas... Mais ce goût des formes libres produit aussi par réaction, un regain d'intérêt pour les schémas de la musique classique. C'est plutôt à ce contre courant qu'appartient Francis Poulenc, dans son merveilleux Sextuor des années trente, aux trois mouvements clairement découpés... même s'il le fait avec une fantaisie, une jubilation rabelaisienne dans les trouvailles sonores, alternant avec des vagues de nostalgie, et cet amour des instruments à vents qui le rapproche de Strauss ou Stravinski.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les voies ouvertes par Liszt et Debussy deviendront presque la règle ; aujourd'hui, chaque compositeur s'évertue pour chaque œuvre à concevoir une forme originale. Mais peut-être la tension entre la tradition et la découverte de la liberté formelle était-elle, au fond, plus stimulante que la liberté absolue.

Benoit Duteurtre

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Oeuvres :

Franz LISZT

  • Chapelle de Guillaume Tell (extrait des Années de Pèlerinage) pour instruments à vent
  • Deuxième Ballade  pour piano

Richard STRAUSS

  • Sérénade pour vents opus 7

André CAPLET

  • Suite persane pour double quintette à vent

Francis POULENC

  • Sextuor pour flûte, hautbois, clarinette, deux bassons et piano
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Interprètes :

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  • ENSEMBLE INITIUM
    • Edouard SABO, Rémy VIGNET, flûte
    • Armel DESCOTTE, Romain CURT, hautbois
    • François LEMOINE, Nicolas FERRE, clarinette
    • Batiste ARCAIX, Frank SIBOLD, basson
    • Lola DESCOURS, contrebasson
    • Julien DESPLANQUE, Stéphanie BRIDOUX, Mathieu ROMAN, Robin PAILLETTE, cor
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  • Guillaume VINCENT piano
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Cruaultez & Délices ou L’humanisme en fricassée
Jeudi, 26 mars 2009
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Description :

 

La chanson polyphonique de la renaissance est un genre spécifiquement français. Il prend sa source dans le motet du XIIIe siècle.

L’abandon de la teneur strictement liturgique avait donné naissance au répertoire des ballades, rondeaux et autres virelais que Guillaume de Machaut a portés au sommet du genre. Le mot « chanson » désigne encore au début du XVe siècle des pièces à refrain, d’allure populaire et d’écriture simple. Mais de plus en plus cette dénomination s’appliquera aux compositions profanes non destinés à la danse.

C’est dorénavant la structure et le contenu poétique qui imposent un esprit nouveau, plus clair et plus libre, celui de la grande chanson française.

La vogue de ces chansons, populaires ou savantes, sera vite spectaculaire. les pièces à la mode — qu’on appellerait aujourd’hui des « tubes » — se chantent dans toute l'Europe. Les représentations des mystères, les farces, les fêtes princières, les banquets, les défilés de carnavals sont entremêlés de chansons exécutées soit à voix seule, soit en polyphonie.

À la fois savantes et populaires, elles cachent si bien les artifices par les ressources d’un art supérieur que leurs thèmes sont fredonnés dans toutes les rues.

Si la frontière entre musique savante et populaire est allègrement franchie, c’est que cette frontière est alors incertaine et qu’aucun tabou ne s’opposait encore à ce que chacun traite la musique selon son plaisir.

Les « fricassées » nous conservent bon nombre de mélodies d’origines diverses  : on appelait ainsi au XVIe siècle des plaisanteries musicales formées par la juxtaposition et la superposition de fragments mélodiques qu’il s’agissait de reconnaître au passage.

À partir de 1528 paraissent à paris de nombreux recueils de chansons à quatre parties. Jusqu’en 1552, plus de 50 volumes avec 1500 chansons d’un niveau très élevé paraitront de Janequin, Sermisy, Certon, Manchicourt, Gombert et Clemens non papa.

Avec Clément Janequin, la chanson polyphonique accomplit un bond prodigieux. 300 chansons dans une diversité de styles extraordinaire  : imitations libres, division du chœur, repons en echos, onomatopées, changements de rythmes. le texte est traîté avec un raffinement jamais atteint, particulièrement dans ces grands tableaux musicaux qui ont fait sa gloire : la guerre — chanté à ce concert — le chant des oiseaux, la chasse, le caquet des femmes, les cris de paris, le siège de metz.

Chez Janequin, il n’y a aucune vulgarité descriptive , pas une onomatopée ridicule  : après cinq siècles, les étonnants tableaux sonores n’ont pas vieilli et leur pouvoir de suggestion n’a rien à envier aux plus ambitieux poèmes symphoniques des siècles à venir. La guerre évoque la victoire de François 1er sur les troupes suisses à marignan. le succès en fut immense et durable, et l'œuvre connu de nombreux arrangements vocaux et instrumentaux.

Lors de l’ouverture de l’académie de musique et de poésie en 1571, Charles IX rappelle l’importance politique de la musique je le cite : « il importe grandement pour les mœurs des citoyens d’une ville que la musique usitée au pays soit retenue sous certaines lois, d’autant que la plupart des hommes se conforment et se comportent selon qu’elle est. » Si le roi protège l’académie, le parlement, lui, est bien décidé à combattre les dangers que cette musique ferait courir à la jeunesse. C’est ainsi que les œuvres jouées aux concerts hebdomadaires de l’académie en présence du roi seront interdites de copie et de diffusion et la plupart des chansons de Claude Lejeune ne seront publiées qu’après sa mort en 1600.

Cette musique « légère », volontiers irrévérencieuse et grivoise, sera bientôt reprise par des compositeurs de psaumes et de chansons dites spirituelles, tant son style paraissait conforme à l’idéal de simplicité prêché par la réforme puis par la contre-réforme.

De la naissance en 1485 de clément Janequin — on est sous Louis XI — à la mort d’eustache du Caurroy en 1609 — on est sous Henri IV — on festoie, on s’embroche, on guerroie, on fornique et on meurt tôt.

C’est aussi l’importante période où les couvents et l’université perdent leur exculisivité de diffuseurs culturels au profit des cours ducales et royales, réunissant en présence des souverains, des grands seigneurs et des dames de la cour  : écrivains, érudits, architectes, peintres et musiciens. Ce seront eux dorénavant qui lanceront les modes et les goûts artistiques, dont l’Italie en raison de l’attrait exercé par sa civilisation a été l’inspiratice, via Catherine de medicis.

Mais à l’ivresse et à la drogue italienne, nos créateurs résistent et s’adaptent lucidement. ronsard « supplie humblement ceux que les muses ont inspirés de n’être pas les latiniseurs, ni les grecaniseurs et de prendre pitié, comme bons enfants, de leur pauvre mère naturelle . » et rabelais, lui, se voudra toujours plus réaliste qu’humaniste en préférant à plaute et à terence « le charme de la rue et celui de la canaille. »

Voici donc quelques uns de ces chefs-d’œuvre absolus dont la sincérité de ton et d’inspiration, le génie mélodique et rythmique, et le rapport entre musique et texte ne seront pas égalés avant Debussy, Ravel et Stravinski, qui les admiraient tant.

C’est dans le cadre de leur nouvelle résidence à la fondation que l’Ensemble Musica Ficta nous offre ce merveilleux programme. je les en remercie et vous souhaite un savoureux moment musical.

 

Cruaultez & Délices ou L’humanisme en fricassée

Éloges musicaux de la littérature du XVIe siècle, sur les Écrits du chevalier Bayard, une Lettre de François Ier, Gargantua de François Rabelais, les Écrits de Clément Marot et Les Amours de Pierre de Ronsard.

 Du trio à l'orchestre et de la musique ancienne à la musique d'aujourd'hui, les formations instrumentales et vocales en résidence à la Fondation couvrent toutes les grandes périodes de l'histoire de la musique. Parmi celles-ci, Musica Ficta compte parmi les ensembles les plus talentueux et les plus prometteurs de la nouvelle génération.

 

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Oeuvres :

Clément JANEQUIN (1485-1558)

  • La Guerre

Philippe de MONTE (1521-1603)

  • O suavitas et dulcedo

Claudin de SERMISY (1495-1562)

  • Preparate corde vestra

Jean RICHAFORT (c.1490-c.1548)

  • Trut avant il faut boire

Eustache du CAURROY (1549-1609)

  • Pater noster

Roland de LASSUS (1532-1594)

  • Miserere mei

Clemens non PAPA (1515-1556)

  • Prière devant le repas

Claudin de SERMISY (1495-1562)

  • Je ne mange point de porc

Mathieu GASCOGNE (début XVIe)

  • Caro mea

Claude LEJEUNE (1530-1600)

  • Revecy venir du Printans

Nicolas GOMBERT (c.1500-1556)

  • Mille regretz

Clément JANEQUIN (1485-1558)

  • Or ça vien, vien m’amie

Claudin de SERMISY (1495-1562)

  • Tant que vivray

Thomas CRECQUILLON (c.1505-1557)

  • Pater peccavi
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Interprètes :

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Ensemble Musica Ficta

  • Aurore BUCHER, Macha LEMAITRE, dessus
  • Anaïs BERTRAND, Lucile RICHARDOT, bas-dessus
  • Martin JEUDY, haute-contre
  • Marc MANODRITTA, taille
  • Sébastien BROHIER, basse-taille
  • Geoffroy BUFFIERE, basse
  • Christophe GAUTIER, direction
  : 

Jeudi, 12 mars 2009
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Description :

 

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Ces jeunes solistes comptent parmi les plus captivantes révélations de la scène musicale française. À vingt ans, il est rare d’être aussi mature et aussi inspiré que le sont Adam, Victor et Yan.

Quant au quatuor Ardeo — en résidence à la Fondation —, sa grâce féminine s’accompagne déjà de beaucoup d’expérience et de pénétration du grand répertoire. Les voici associés pour un soir dans la conquête des plus hauts sommets de la musique romantique.

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Oeuvres :

 

Ludwig van BEETHOVEN

  • Trio n° 5 pour piano violon et violoncelle opus 70 n° 1 "Geister trio"

Franz SCHUBERT

  • Trio n° 1 pour piano violon et violoncelle opus 99 D 898

Franz SCHUBERT

  • Quartettsatz n° 12 pour quatuor à cordes D 703
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Interprètes :

QUATUOR ARDEO

  • Carole PETITDEMANGE violon
  • Olivia HUGHES violon
  • Caroline DONIN alto
  • Joëlle MARTINEZ violoncelle
  • Victor JULIEN-LAFERRIERE violoncelle
  • Yan LEVIONNOIS violoncelle
  • Adam LALOUM piano
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Concert des Résidents
Jeudi, 26 février 2009
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Description :

 

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Du trio à l'orchestre et de la musique ancienne à la musique d'aujourd'hui, les formations instrumentales et vocales en résidence à la Fondation couvrent toutes les grandes périodes de l'histoire de la musique. Parmi celles-ci, le quatuor Ardeo compte parmi les ensembles les plus talentueux et les plus prometteurs de la nouvelle génération.

 

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Oeuvres :

Thomas ADES (1971-)

  • Arcadiana (1994)
    1. Venezia Notturna
    2. Das klinget so herrlich, das klinget so schön
    3. Auf dem Wasser zu singen
    4. Et... (tango mortale)
    5. L'Embarquement
    6. O Albion
    7. Lethe

Arcadiana, premier quatuor à cordes d’Adès, a été commandé par le quatuor Endellion en 1994 et créé au Festival Elgar de Cambridge la même année. Les sept mouvements évoquent des images associées à des conceptions de l’idylle, disparaissant, disparue ou imaginaire. Les clochettes d’argent de Papageno accompagnent la Reine de la nuit. Schubert prête une figuration extraite d’Auf dem Wasser zu singen. Dix-sept mesures devotissimo en mi bémol, la tonalité de Nimrod, rendent un hommage tendre et nostalgique à Elgar et à son Angleterre. Au centre, on trouve un mystérieux et troublant « tango mortale » inspiré par l’Et in Arcadia ego de Poussin. Il n’y a pas de citations directes, mais des suggestions et des évocations proposées aux cordes avec une fantaisie sans cesse changeante qui a peut-être trouvé sa source dans les inventions agiles des pièces de caractère de Couperin.

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

  • Quatuor à cordes n°12 op. 127 
    1. Maestoso/Allegro
    2. Adagio ma non troppo e molto cantabile
    3. Scherzo. Vivace
    4. Allegro

Quinze années séparent le 11ème et le 12ème quatuor. Il est le premier de la série des cinq derniers quatuors contemporains de la neuvième symphonie. Beethoven est alors au sommet de sa puissance créatrice. "Beethoven travaille dans le délire de sa joie et dans la joie de son délire" écrit l'un de ses amis.

Créé le 6 mars 1825 à Vienne par le quatuor Schuppanzigh, il fut mal compris du public. "Il faut l'entendre souvent" dira Beethoven. Sa proximité d'écriture avec la Messe en ré et la neuvième symphonie lui confère une atmosphère particulièrement lyrique et chaleureuse, nimbée d'une belle lumière d'été.

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Interprètes :

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  • QUATUOR ARDEO
    • Carole PETITDEMANGE violon
    • Olivia HUGHES violon
    • Caroline DONIN alto
    • Joëlle MARTINEZ violoncelle
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Jeudi, 12 février 2009
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Description :

Ce programme de concert - trois interprètes de premier plan, dans trois chefs-d'œuvre de Beethoven – nous conduira sur les sommets. Arturo Toscanini, dont on sait l'amour pour Verdi et la passion pour Wagner, aimait d'ailleurs comparer Beethoven à la cime du Mont Blanc qui, disait il, « domine absolument tout... ».

Il ne faut sans doute pas abuser de ces hiérarchies. Les grands compositeurs n'obéissent pas à un classement officiel, contrairement aux joueurs de tennis ! Mais il est vrai que, pour évoquer les étoiles les plus brillantes au ciel de la musique, les mélomanes et les musiciens en reviennent presque toujours aux trois mêmes noms : Bach, Mozart, Beethoven. Et il est frappant d'observer que ces trois dieux de la musique éveillent des passions et des approches extrêmement différentes de la part de nos contemporains.

Ayant la chance de posséder et de recevoir beaucoup de livres sur la musique, j'observe ainsi, par exemple, que le pauvre Mozart – ce qui ne retire rien à sa grandeur – suscite de nos jours une véritable graphomanie. Chaque année, je reçois une bonne dizaine de nouveaux livres à son sujet – et bien davantage les années d'anniversaire. Cette épidémie littéraire est alimentée par des musicologues, des historiens, mais aussi des graphologues, des astrologues, des psychologues, et autres amateurs en tous genres pressés de percer le « mystère Mozart » autrement dit la clé de son génie, fascinante comme l'énigme du Da Vinci Code. Malheureusement, les rayonnages de ma bibliothèque ne sont plus assez vastes pour accueillir tous ces ouvrages, et les moins intéressants ont fini par me servir à caler des meubles...

Il en va tout autrement de Beethoven, qui suscite une production littéraire plus limitée, sérieuse et raisonnable, fondée sur les travaux musicologiques ou biographiques. Avec lui, nous avons affaire à un homme concret, saisissable, extraordinairement humain, qui ne se prête pas aux mêmes extrapolations. Il faut cependant rappeler que, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la littérature beethovenienne était elle-même très abondante, et qu'elle tournait inlassablement autour des thèmes de la volonté, de l'énergie individuelle et de la place du musicien dans l'Histoire – faisant de Beethoven une figure emblématique des luttes du XIXe siècle. Édouard Herriot lui-même, en un temps où les hommes politiques écrivaient eux mêmes leur biographie, lui consacra un ouvrage sans doute discutable, mais très caractéristique de l'ancienne passion pour ce musicien.

Pour pousser un peu plus loin la comparaison, on pourrait dire ainsi que Mozart, avec son génie angélique, se glisse dans l'histoire de la musique sans vraiment la modifier. Beethoven, au contraire, donne l'exemple d'un musicien très doué - mais sans ce caractère de génie précoce - qui va construire par le talent, la volonté et le travail, une œuvre bouleversante, tant pour le mélomane que pour l'histoire de la musique elle-même. Cette rupture se situe au moins sur trois plans :

- La conception des œuvres, d'abord, puisque Beethoven ne se contente plus des schémas existants, mais semble vouloir inventer, pour chaque composition, sa propre forme musicale.

- La figure du compositeur qui n'est plus seulement l'humble fabricant de musique, perdu dans le flou de l'histoire, mais un individu, proche de nous, dont l'existence prend un caractère romanesque, avec ses amours impossibles, sa solitude, son dialogue avec les questions de son époque.

- L'inspiration enfin qui prend pour la première fois ce caractère pleinement subjectif, autobiographique, expressif, marquant ainsi le passage du classicisme au romantisme.

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Pour bien mettre en lumière cette avancée extraordinaire accomplie par Beethoven, je voudrais vous dire quelques mots des trois œuvres que nous allons entendre, non pas dans l'ordre du programme, mais dans l'ordre chronologique – qui recoupe les fameuses trois périodes de de l'art beethovenien.

La plus ancienne est aussi la plus célèbre : c'est l'opus 47, autrement dit la Sonate à Kreutzer, dédiée au violoniste français Rodolphe Kreutzer. Elle fut initialement composée en 1802 pour un virtuose polonais. Mais en ces années qui sont celles d'épopée bonapartiste, Beethoven songeait très sérieusement à s'installer à Paris. Il se sentait mal compris à Vienne et se reconnaissait davantage dans le lyrisme révolutionnaire. Il dédia donc sa partition au musicien français, songeant que cela pourrait faciliter son exil. Malheureusement pour lui, Kreutzer trouva l'œuvre inintelligible et ne la joua jamais. Napoléon, de son côté, devint empereur, et comme on le sait, Beethoven renonça à lui dédier sa symphonie « Héroïque ». Ainsi s'acheva son histoire avec notre pays. La sonate ne fut d'ailleurs guère mieux comprise en Autriche, où l'on parla de « terrorisme artistique », tandis qu'un critique allemand écrivait : « Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas admettre que depuis quelque temps Beethoven ne vise qu'à se distinguer des autres. Il devrait remettre les pieds sur terre ».

Cette neuvième sonate pour violon et piano marque pourtant un progrès extraordinaire par rapport aux huit précédentes. On y voit justement comment le compositeur s'approprie la forme musicale en s'éloignant du classicisme. Dès les premières notes, le côté hiératique des accords de violon annonce une forme monumentale. Puis c'est aussitôt le dialogue entre violon et piano – qui rappelle un peu le quatrième concerto et souligne en l'égalité entre les deux instruments, inhabituelle dans ce genre de sonate. Le développement qui suit a un côté symphonique et virtuose, extrêmement farouche et impressionnant – même si le second mouvement, avec ses variations, est de facture plus traditionnelle, tandis que le troisième nous conduit vers une jubilation typiquement beethovenienne.

Les deux autres œuvres du programme, le trio et la sonate pour violoncelle et piano, ont un point commun : elles sont dédiées l'une et l'autre à Maria Erdödy et furent jouées toutes les deux chez cette grande amie et mécène de Beethoven – qu'il appelait lui-même sa « liebe liebe comtesse ». Riche veuve, un peu plus jeune que le compositeur, Maria Erdödy était une sorte de princesse de Polignac viennoise. Malgré une maladie qui l'obligeait à rester souvent allongée, elle adorait la musique, jouait fort bien du piano, et admirait l'art de Beethoven, jusque dans ses audaces et ses originalités. Il allait d'ailleurs habiter chez elle pendant près d'un an – même si leurs relations furent parfois entachées par son mauvais caractère. Surtout ce jour où Beethoven, trouva que la comtesse lui manquait d'égards et lui écrivit, furieux, qu'elle confondait « le serviteur et le maître ».

Ce geste d'orgueil pouvait toutefois passer en ces années 1808-1809 puisqu'il faut rappeler que Beethoven, dont on fait parfois, à tort, une figure d'artiste maudit, était alors le musicien allemand le plus célèbre de son temps, que la noblesse viennoise faisait tout pour le garder auprès d'elle, et que sa réputation s'étendait très au-delà des frontières.

Le Trio op 70 n°2 fut composé 1808, tout de suite après la 5e et 6e symphonie, et précède la fantaisie pour piano, chœur, orchestre. Nous sommes donc au cœur du grand art beethovenien – même si ce trio n'est n'est pas aussi célèbre que le précédent, op 70 n°1 (Geister Trio) ni le suivant d'ailleurs (Trio à l'Archiduc). Un des aspects les plus frappants de cette œuvre, en quatre mouvements, est de préfigurer déjà le romantisme : la mélancolie des thèmes, le jeu du majeur et du mineur nous conduisent déjà, par endroits, dans un monde tout proche de celui de Schubert.

Enfin, la sonate pour piano et violoncelle op.102, n°1 qui ouvrira ce programme, préfigure nettement la fameuse « troisième manière » de Beethoven. Dans cette composition de 1815, on est frappé en particulier par l'abandon du schéma classique traditionnelle, et la liberté de la composition. Beethoven précise d'ailleurs qu'il s'agit d'une « freie sonate », en deux grands mouvements, qui comportent chacun une partie lente et une partie vive. On remarque aussi ce style quasiment récitatif que Beethoven adopte par moments, cette impression qu'il parle avec les notes.

On le voit dans ce programme, Beethoven fut certainement l'un des premiers artistes à avoir conscience, à travers ses œuvres, de contribuer à l'histoire de la musique. Pour la première fois, l'artiste se regarde créer, comme s'il poursuivait une sorte de mission sacrée. Il pense l'étape nouvelle qu'il apporte dans l'évolution de son art, après Bach, Haendel ou Haydn. Il ne travaille plus pour dieu ni pour des maîtres, mais pour l'art lui-même dont il est le prince.

On pourrait même dire que cette attitude du compositeur allait déterminer une façon nouvelle d'écouter la musique, de vénérer religieusement le créateur ; attitude qui durera jusqu'à nos jours et qui nous rassemble ici ce soir – à condition que la sonnerie d'un téléphone portable ne vienne pas troubler cette communion musicale !

Benoît Duteurtre
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Oeuvres :

Ludwig van BEETHOVEN

  • Sonate n° 4 pour violoncelle et piano opus 102 n° 1
  • Sonate n° 9 pour violon et piano opus 47 « A Kreutzer »
  • Trio n° 6 pour piano violon et violoncelle opus 70 n° 2

 

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Interprètes :

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  • Jonas VITAUD piano
  • Matthew TRUSLER violon
  • Henri DEMARQUETTE violoncelle
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Lundi, 15 décembre 2008
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Description :

Lorsque je me suis penché sur ce beau programme, pour y chercher un fil conducteur, je suis d'abord resté perplexe. Car il parait bien difficile de trouver un lien historique, ou esthétique, entre des musiciens aussi différents que Dvorak et Vaughan Williams, Hugo Wolf et Benjamin Britten - sans parler de compositeurs finlandais mal connus en France, et de deux contemporains qui n'ont en commun que le prénom de Philippe.

Je me suis donc dit - pour commencer - que j'allais faire l'éloge des programmes sans fil conducteur. Car après tout c'est un goût particulier de notre époque que de vouloir absolument un thème, un sujet, pour justifier l'enchainement de quelques œuvres musicales. Nous aimons les programmes homogènes - comme en témoignent également ces séries monographiques qui proposent, parfois laborieusement, l'intégrale d'un compositeur en cinq soirées...

Pourtant, jusqu'à la fin du XIXe siècle, les organisateurs de concerts préféraient les programmes variés où l'on pouvait entendre, dans le même enchaînement, un mouvement de symphonie, une œuvre de musique de chambre, puis quelques lieder d'un autre compositeur, et encore, pour finir, un ensemble avec chœur. Plus près encore de nous - contrairement à la légende qui veut que la musique nouvelle ait toujours été marginale et méconnue - les grandes associations symphoniques mélangeaient systématiquement, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, grand répertoire et créations contemporaines dans les mêmes programmes.

C'est donc un grand plaisir, ce soir, que de rapprocher, pour le seul plaisir, des pages aussi différentes que celles qui figurent à notre programme ; et c'est l'honneur de cette Fondation que d'avoir redonné, à l'initiative du président Pouliquen, une place régulière, dans ses soirées, à la musique d'aujourd'hui.

M'étant fait ces quelques réflexions, j'ai toutefois de nouveau regardé le programme. Et il m'a semblé qu'en dehors des liens historiques ou esthétiques, la formation du chœur a capella - c'est à dire sans accompagnement – donne évidemment un caractère particulier à ce concert et mérite elle-même quelques réflexions.

La prépondérance accordée dans notre vie musicale aux instruments, aux solistes, à la virtuosité, au chant d'opéra, ne doit pas en effet nous faire oublier que le chant choral a longtemps été la première des pratiques musicales. Non seulement parce que les musiques traditionnelles des cinq continents sont pour l'essentiel des ensembles vocaux a capella ; mais encore parce que la naissance de la musique savante européenne, vers le XIIe siècle se confond avec celle de la polyphonie, et que le règne du chœur sera quasiment sans partage pendant quatre siècles, jusqu'à la Renaissance.

C'est seulement à partir du XVIIe siècle que la musique chorale voit sa prépondérance mise en cause par le développement de la musique instrumentale et symphonique, mais aussi par le chant accompagné - qui vont progressivement reléguer les chœurs à une fonction annexe dans la liturgie ou à l'opéra. Pourtant, si le XIXe siècle prolonge cette tendance, il amorce aussi la timide redécouverte de tout un répertoire. Dès cette époque, des musiciens passionnés commencent à se pencher sur les trésors enfouis de la musique ancienne ; et l'on voit se multiplier en Europe les chœurs désireux de s'y consacrer.

Un exemple en est donné ici même, au temps du premier salon de la princesse de Polignac, lorsqu'elle s'appelle encore princesse de Scey-Montbéliard. Dans ces années 1880-1890, les musiciens de la Société Nationale de Musique se retrouvent chez elle pour pratiquer le chant choral, en mêlant le répertoire oublié à leurs propres créations. Parmi les chanteurs les plus assidus, outre la princesse elle-même, figurent Vincent d'Indy, André Messager, Charles Bordes. A côté de Rameau, Monteverdi ou Mondonville, l'exécution régulière de cantates de Bach est un de leurs exercices obligés.

Si la musique chorale recouvre une histoire, elle est aussi façonnée par une géographie dont ce programme met en lumière quelques pôles.

En Allemagne et en Europe centrale, l'ancienne tradition du choral luthérien, mais aussi la liturgie catholique nourrissent l'art des compositeurs romantiques. Durant tout le XIXe siècle, ceux-ci vont déployer leurs talents dans la composition d'ensembles vocaux, d'inspiration souvent populaire. Cette activité presque inlassable de Schubert à Brahms occupe également une place importante dans l'œuvre d'Antonin Dvorak. Les deux lieder qu'on va entendre sont extraits du cycle In der Natur, dernière œuvre chorale du musicien : le premier évoque les états d'âme du poète face a la beauté de la nature ; le second est un chant de fête à la fois populaire et religieux, empreint de couleurs traditionnelles bohémiennes. Compositeur de la même génération, Hugo Wolf révèle dans ses lieder de jeunesse sur des poèmes d'Eichendorff un tempérament tout différent, qui préfigure déjà l'orientation wagnérienne du compositeur - même si l'on y retrouve la mélancolie et l'amour romantique de la nature.

Deuxième pôle de ce programme, l'Angleterre est par excellent le pays de la musique chorale : on pourrait dire schématiquement que si le tempérament français s'exprime le mieux dans la littérature, l'esprit allemand dans la pratique de la musique de chambre, la société anglaise, elle, se retrouve dans la pratique collective du chant : véritable institution nationale, forgée dans les maîtrises des cathédrales, puis développée dans ce sport national que sera le grand oratorio. Ici comme ailleurs, les compositeurs du XXe siècle renouent avec les anciennes traditions. Ralph Vaughan Williams compose ainsi ses trois chansons sur des textes de Shakespeare : un chant funèbre dans le style de la Renaissance ; mais aussi deux pages plus caractéristiques de son art, par leur mélange d'émotion, de douceur et de raffinement d'écriture. Benjamin Britten, quant à lui, compose dès l'âge de 16 ans cet extraordinaire Hymne à la Vierge, où alternent le chœur et un quatuor de solistes, ce qui lui permet aussi de mêler l'anglais et le latin.

L'Europe du nord est un autre foyer très important de musique vocale. L'essor, au XIXe siècle, des chœurs profanes, ouvriers et bourgeois, mais aussi la vitalité du nationalisme musical favorisent la naissance d'un répertoire et d'une tradition. Encore vivace de nos jours, celle-ci vaut aux chœurs scandinaves une qualité admirée de par le monde. Le compositeur finlandais Jaako Mäntyjärvi est très représentatif de l'école contemporaine nordique avec ses œuvres apparemment simples et tonales, où se cachent surprises et dissonances inattendues. Ce quadragénaire reprend le chant funéraire de Shakespeare déjà mis en musique par Vaughan Williams. Son aîné Einojuhani Rautavaara, né en 1928, figure majeure de la musique contemporaine finlandaise, propose quant à lui cet étonnant Ludus Verbalis,

un chœur moins chanté que parlé, utilisant maints jeux vocaux, onomatopées, syllabes et autres chuchotements. Enfin, c'est encore la fausse simplicité de la musique moderne nordique qui caractérise la Missa Brevis du norvégien Knut Nystedt.

Dernière étape de ce voyage musical, la France connaît elle aussi une importante tradition de musique chorale, ancrée notamment dans la tradition liturgique des paroisses catholiques – où les organistes et chefs de chœur ont longtemps joué un rôle comparable à celui des maîtres de chapelles allemands. Le XXe siècle sera marqué par un grand essor de la musique chorale profane, grâce aux compositeurs modernes, comme Debussy ou Poulenc, mais aussi avec la multiplication des formations d'amateurs ou de professionnels, depuis le mouvement A Cœur Joie, jusqu'aux nombreux ensembles vocaux en activité de nos jours. Les musiciens contemporains ne sont pas en reste, comme on va l'entendre avec les deux psaumes de Philippe Fénelon, écrits sur un texte allemand et riches en subtiles variations harmoniques. Philippe Hersant, de son côté, renoue avec l'inspiration romantique dans ces Trois poèmes d’Eichendorff, le poète amoureux de la nuit et de la forêt, déjà prisé par Hugo Wolf. Ces pages soulignent que si Philippe Hersant connaît toutes les délicatesses de la musique française, sont art comporte aussi ce voile mélancolique qui le rattache aux grands compositeurs d'Europe centrale... Jouée ce soir pour la première fois à Paris, l'œuvre est une commande du jeune ensemble vocal Aedes, spécialisé dans la musique romantique et moderne - et qui va maintenant nous faire découvrir son répertoire de prédilection.

Benoit Duteurtre

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Oeuvres :

Antonin DVORAK

  • Lieder (extraits du cycle In der Natur op.63)

Hugo WOLF

  • Geistliche lieder nach J. von Eichendorff

Ralph VAUGHAN WILLIAMS

  • Shakespeare songs

Jaako MANTYJARVI

  • Come away, death

Einojuhani RAUTAVAARA

  • Ludus verbalis

Benjamin BRITTEN

  • A Hymn to the Virgin

Knut NYSTEDT

  • Missa brevis

Philippe FéNELON

  • Zwei Psalmen

Philippe HERSANT

  • Trois poèmes d'Eichendorff  
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Interprètes :

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ENSEMBLE VOCAL AEDES

Mathieu ROMANO, direction

Né en 1984, Mathieu Romano entreprend ses études musicales à l’Ecole Nationale de Musique d’Auxerre. Il y étudie la flûte traversière, le piccolo, le piano et la direction de chœur. Après l’obtention en 2003 d’un DEM de direction d’ensembles vocaux et d’un DEM de flûte traversière, il poursuit ses études de flûte au Conservatoire de Versailles avant d’entrer, en 2005, au CNSM de Paris.

Il se produit régulièrement au sein de nombreux ensembles tels l’orchestre de Paris, l’orchestre de l’Opéra de Massy, l’orchestre Lamoureux, l’orchestre de Picardie, la Péniche Opéra. Parallèlement à sa formation de flûtiste, c’est avec Didier Louis puis François- Xavier Roth et Catherine Simonpietri qu’il se perfectionne à la direction d’orchestre et de chœur. Il participe également à des master classes de direction en France et à l’étranger avec Pierre Cao, Loïc Pierre et Gunnar Ericsson.

En 2005, il fonde l’Ensemble vocal Aedes. 

Biographie du chœur

Fondé en 2005 par Mathieu Romano, l’Ensemble vocal Aedes a pour vocation d’interpréter les œuvres de musique polyphonique, notamment a capella, de la Renaissance à nos jours. Composé, selon les programmes, de huit à seize chanteurs, cet ensemble a déjà inscrit à son répertoire plusieurs cycles a capella (Shakespeare songs, Motets pour le temps de Noël et une série d’opus de musique sacrée du XVIIe au XXe siècle, notamment d’Hugo Wolf, Benjamin Britten et Francis Poulenc).

L’ensemble participe régulièrement à des projets avec orchestre (Passion selon Saint-Jean de Bach et Requiem de Maurice Duruflé en 2006, Gloria de Vivaldi en 2007 et 2008) et propose des programmes pour chœur et piano ou chœur et orgue (Via crucis de Liszt et Motet « Jesu, meine Freude » de Bach, en 2007).

Ses interventions dans les festivals de Bourgogne tels les Estivales en Puisaye, la Saison musicale de l’Abbaye de Pontigny, la Saison musicale de Vauluisant et le Festival de Besançon ont été unanimement saluées par la presse.

Le répertoire et la création contemporains tiennent également une place essentielle dans les activités de l’ensemble tels les chœurs de La Villa des Morts, opéra contemporain du jeune compositeur Aurélien Dumont, créé à l’opéra de Lille en mai 2007. En mars 2008, invité dans le cadre de la Saison Musicale des Jeunes Concertistes en Franche-Comté, l’Ensemble Aedes a notamment présenté une commande faite au compositeur français Philippe Hersant, lors d’un concert en Territoire de Belfort consacré aux musiques des XXe et XXIe siècles.

L’Ensemble vocal Aedes a enregistré en avril 2007 son premier disque intitulé Via Crucis.

Depuis le mois d'avril 2008, l'ensemble est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.  

Maïlys de Villoutreys, Guillaume Gutiérrez, Laura Holm, Rodrigo Ferreira , Judith Derouin Camillo Angarita, Sophie Gélis soprano, Joseph Antonios ténor, Fiona Mc Gown , David Pergaud, Julia Beaumier, Jérémie Delvert, Pauline Leroy, Emmanuel Pousse, Mélodie Ruvio alto, Florent Baffi basse

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Mercredi, 03 décembre 2008
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Description :

Concert à la mémoire de Lili Boulanger (1893-1918) pour les 90 ans de sa mort et en hommage à Nadia Boulanger (1887-1979)

Compositrice, pianiste et organiste, Nadia Boulanger fut également chef d’orchestre, chef de chœur et pédagogue de renom international.

Depuis les années 1930, elle a été le conseiller musical et l’amie de la princesse Edmond de Polignac qui partageait sa passion pour la musique. Il y a quarante ans, le 5 décembre 1968, Nadia Boulanger organisait à la Fondation Singer-Polignac le concert commémoratif des cinquante ans de la mort de sa sœur, Lili Boulanger.

Pour honorer cette date anniversaire, l’association des Amis de Nadia et Lili Boulanger présente ce soir les lauréats du 4e Concours international de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger qui s’est déroulé à Paris en 2007.

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Oeuvres :

Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

  • Cantate BWV 82 Ich habe genug, « Schlummert ein ihr matten Augen »

Lili BOULANGER (1893-1918)

  • Attente (Maurice Maeterlinck)
  • Reflets (Maurice Maeterlinck)
  • Le Retour (Georges Delaquys)

Lili BOULANGER

  • « Elle était descendue au bas de la prairie »
  • Clairières dans le ciel n° 1 (Francis Jammes)
  • « Elle est gravement gaie », Clairières dans le ciel n° 2 (Francis Jammes)

Nadia BOULANGER (1887-1979)

  • Cantique (Maurice Maeterlinck)
  • Chanson (Georges Delaquys)

Johannes BRAHMS (1833-1897)

    Lieder und Gesänge op. 32 :

  • Wie rafft’ ich mich auf in der Nacht (August von Platen)
  • Der Strom, der neben mir verrauschte (August von Platen)
  • Du sprichst, dass ich mich täuschte (August von Platen)
  • Bitteres zu sagen denkst du (Georg Friedrich Daumer)
  • Nicht mehr zu dir zu gehen (Georg Friedrich Daumer)
  • Wie bist du, meine Königin (Georg Friedrich Daumer)

Johannes BRAHMS

  • Wie Melodien zieht es mir, op. 105/1 (Klaus Groth)
  • Alte Liebe, op. 72/1 (Karl Candidus)
  • An die Nachtigall, op. 46/4 (Ludwig Christoph Hölty)
  • Geheimnis, op. 71/3 (Karl Candidus)
  • Der Tod, das ist die kühle Nacht, op. 96/1 (Heinrich Heine)
  • Feldeinsamkeit, op. 86/2 (Hermann Allmers)
  • Während des Regens, op. 58/2 (August Kopisch)

Johannes BRAHMS

  • Phänomen, op. 61/3 (Goethe)
  • Die Meere, op. 20/3 (trad. Wilhelm Müller)
  • Jägerlied, op. 66/4 (Karl Candidus)
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Interprètes :

  • Shigeko HATA soprano
  • Karolos ZOUGANELIS piano
  • Edwin CROSSLEY-MERCER baryton
  • Michaël GUIDO piano
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Lundi, 24 novembre 2008
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Description :

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Oeuvres :

François COUPERIN

  • Troisième Prélude (L'Art de toucher le clavecin, 1716) Premier Ordre (1er Livre, 1713, extrait) Première Courante, Double, Sarabande la Majestüeuse, Les Silvains

Jean-Philippe RAMEAU

  • Suite en la (1728), Allemande, Courante, Sarabande, Les trois Mains

Domenico SCARLATTI

  • Sonate K. 120, allegrissimo, Sonate K. 213 andante 

César FRANCK

  • Prélude, Fugue et Variation opus 18

Reynaldo HAHN

  • Prélude en forme d'Aria et Bergerie

Claude DEBUSSY

  •  Hommage à Rameau (extrait du 1er cahier d¹Images)

Maurice RAVEL

  • Le Tombeau de Couperin (Prélude, Forlane et Toccata)

Igor STRAVINSKI

  • Sonate

Francis POULENC

  • Sonate à quatre mains
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Interprètes :

Frédérick HAAS, clavecin

Adam LALOUM, Emmanuel CHRISTIEN,  piano et piano à quatre mains  

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