| La princesse de Polignac par son petit-neveu |
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There are no translations available. par le Prince Edmond de PolignacQuelques souvenirs intimes évoqués lors de la réunion du 25 juin 2005 organisée et présentée par le président Édouard Bonnefous à la Fondation.
Je suis le seul survivant qui ai vécu dans cet hôtel auprès de ma grand-tante et marraine, que j’aimais appeler tante Winnie. C’est pourquoi je souhaite parler d’elle telle que je l’ai connue, avec ses qualités de grand respect familial et de tendresse maternelle. « Je me souviens encore de mon arrivée, à l’âge de 12 ans, dans l’‘atelier’, ainsi qu’on appelait sa maison de la rue Cortambert, glaciale comme elle-même qui était assise à son orgue, raide, silencieuse, énigmatique. ‘ Regarde ’, me dit-elle, tout en se mettant à jouer. Ce fut son premier enseignement que de m’inviter à voir, là où j’aurais cru suffisant d’entendre. Par la suite, je me rendis compte avec quelle attention elle examinait ainsi tout artiste qui se présentait à elle. Ma tante Winnie m’appela un jour dans son salon et me fixa la ligne de conduite dont je ne devrais jamais m’écarter durant ma vie, à savoir : le sens de l’honneur, le respect de soi-même et le courage devant la vie. L’honneur, c’était l’obligation de ne pas trahir son sang. Elle attachait une grande importance à me prouver que mon premier devoir était vis-à-vis de moi-même. On était ce qu’on était, dans la simplicité et la franchise. « Mon cher Jean, Palazzo Polignac, Venise 23 octobre 1923
Sa vie consistait à travailler et travailler encore la musique. Si elle se mettait en rapport avec tous les musiciens de son époque, c’était pour pouvoir jouer son rôle de mécène, en souvenir du Prince Edmond. Personne n’était moins qu’elle attaché à l’argent. Elle le respectait, mais faisait la différence entre celui qui vous est donné et celui que l’on a gagné. Ainsi, un jour, Sonia Galpérine se présente devant tante Winnie, lui disant : ‘ Princesse, quelqu’un désire vous voir ’. Elle me dit : ‘ Va ’. Je descendis l’escalier sur la rampe, en chantant, jusqu’à l’antichambre et je fus surpris de voir un homme curieusement habillé, comme un Monsieur Loyal, qui me remit une enveloppe. Quelque temps plus tard, ce monsieur se présente à nouveau chez le concierge. Ma tante me donne alors une enveloppe à lui remettre et me dit : ‘ Regarde-le bien ’. Je descends l’escalier, remets l’enveloppe, et à ma grande stupeur, lorsqu’il l’a ouverte, il tombe à la renverse. Mon émotion fut grande et je courus auprès de ma tante Winnie pour lui expliquer ce que je venais de voir. Elle me dit : ‘ Ce n’est pas grave, tu en verras d’autres ’. Celui à qui elle venait de remettre un chèque n’était autre que le représentant de l’Armée du Salut, afin qu’il puisse faire construire l’immeuble de ‘la Cité Refuge ’ dont l’architecte devait être Le Corbusier. Tante Winnie était une femme qui, à mon avis, n’était pas pratiquante. Cela ne l’empêchait pas de croire. Comment, du reste, aurait-elle pu être sensible aux beautés de l’art, et surtout de la musique, sans être portée vers un au-delà, quel qu’il fût ? En contemplant le Manet qu’elle aimait tant, en écoutant, comme elle savait écouter, Wagner ou telle fugue de Bach, l’émerveillement que vous ressentez est déjà une prière. Prince Edmond de Polignac
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| Last Updated on Thursday, 29 April 2010 09:25 |








